Atteindre Aogashima oblige déjà à composer avec les caprices de la mer et du ciel. Le ferry n’accoste que quatre à cinq fois par semaine, quand la houle le permet ; l’hélicoptère, lui, n’emporte que huit passagers. Ceux qui parviennent à poser le pied sur cette île japonaise découvrent un paysage rare : un cratère vertigineux, au centre duquel s'élève un second volcan né de la dernière éruption, le Maruyama, couvert de végétation et cerné de fumerolles. Peu d'endroits sur Terre offrent cette géologie en poupées russes.
Vivre avec le feu
Les habitants d'Aogashima n'ont pas fui le volcan, ils s'en servent. La chaleur qui monte du sol alimente des cuisinières géothermiques où l'on fait cuire œufs et patates douces à la vapeur. Le Fureai Sauna, au centre de l'île, propose bains chauds et douches alimentés directement par le cratère. Le chauffage des maisons fonctionne selon le même principe.
Quant à l'électricité, elle provient en partie de la géothermie. Depuis l’éruption de 1785, qui avait contraint les survivants à quitter une île restée déserte pendant près de cinquante ans, les habitants ont appris à transformer la menace en ressource.
Vue du ciel, Aogashima dévoile son volcan emboîté : le Maruyama s’est installé au cœur de la caldeira, comme si un seul cratère ne suffisait pas — © Shutterstock / yoven
Le sel des fumerolles
Sur les pentes du Maruyama, une petite usine produit le sel hingya, l'une des spécialités de l'île. L'eau de mer Kuroshio, riche en minéraux, est acheminée jusqu'à des bacs exposés à la vapeur volcanique. La cristallisation prend un mois. 3 000 litres d'eau donnent entre 160 et 180 kilos de sel, vendu dans tout le Japon comme produit de terroir.
L'autre spécialité locale, l'aochu, est un shōchū élaboré à partir de patates douces et de kōji d’orge. Autrefois préparé à la maison par les épouses pour leurs maris, il est aujourd’hui produit artisanalement par plusieurs distillateurs, chacun selon sa propre recette.
À Aogashima, la côte n’a rien d’un quai accueillant : falaises et récifs rappellent pourquoi le ferry attend l’autorisation de la mer — © Shutterstock / Naeemphotographer2
Un village miniature au Japon
Administrativement, Aogashima appartient à la métropole de Tokyo. La capitale s’étend donc jusqu’ici, mais son agitation s’est perdue quelque part en chemin. Son adresse officielle ne comporte même pas de numéro de rue : la seule mention de « Aogashima-mura » suffit à faire parvenir le courrier.
Avec environ 160 habitants, une école, un bureau de poste et quelques pensions, elle forme l'une des communes les moins peuplées du Japon. Pas de restaurant au sens classique — les visiteurs réservent leurs repas à l'avance auprès des minshuku, ces auberges familiales où l'on dort et dîne chez l'habitant. Le soir, tout le monde se retrouve au bar Monji, où l'aochu coule et où les langues se délient.
Sur cette île presque verticale, les panoramas se gagnent marche après marche — © Shutterstock / Naeemphotographer2
Un ciel sans pollution
La nuit tombée, Aogashima devient un observatoire à ciel ouvert. Pas d'éclairage public, pas de pollution lumineuse : les étoiles s'affichent avec une netteté rare. Les amateurs s'allongent sur les pentes du Maruyama, là où la chaleur du sol réchauffe encore le dos, et regardent passer la Voie lactée.
L'observatoire du parc Oyama Tenbō embrasse d’un même regard le Maruyama, la double caldeira et le Pacifique sur 360 degrés ; par temps clair, l’île de Hachijojima apparaît même à l’horizon. En hiver, les baleines à bosse croisent au large et s’approchent parfois assez près du port de Sanpō pour être observées depuis la côte. Le silence n'est rompu que par le vent et les fumerolles.
Au pied des falaises d’Aogashima, une anse turquoise ménage au volcan une rare porte de sortie vers le Pacifique — © Shutterstock / Naeemphotographer2
https://www.youtube.com/watch?v=73Pb2Eiopoo
À Miyake-jima, autre île-volcan rattachée à Tokyo
[visiter_endroit]
Aogashima n’est pas une île avec un volcan, c’est un volcan avec une île autour. Ce double cratère perdu dans la mer des Philippines abrite l’un des plus petits villages du Japon : 160 habitants, une école, et des fumerolles qui servent à cuire les œufs du petit-déjeuner. La dernière éruption remonte à 1785. Le volcan reste actif, les habitants aussi.
Atteindre Aogashima oblige déjà à composer avec les caprices de la mer et du ciel. Le ferry n’accoste que quatre à cinq fois par semaine, quand la houle le permet ; l’hélicoptère, lui, n’emporte que huit passagers. Ceux qui parviennent à poser le pied sur cette île japonaise découvrent un paysage rare : un cratère vertigineux, au centre duquel s’élève un second volcan né de la dernière éruption, le Maruyama, couvert de végétation et cerné de fumerolles. Peu d’endroits sur Terre offrent cette géologie en poupées russes.
Vivre avec le feuLes habitants d’Aogashima n’ont pas fui le volcan, ils s’en servent. La chaleur qui monte du sol alimente des cuisinières géothermiques où l’on fait cuire œufs et patates douces à la vapeur. Le Fureai Sauna, au centre de l’île, propose bains chauds et douches alimentés directement par le cratère. Le chauffage des maisons fonctionne selon le même principe.
Quant à l’électricité, elle provient en partie de la géothermie. Depuis l’éruption de 1785, qui avait contraint les survivants à quitter une île restée déserte pendant près de cinquante ans, les habitants ont appris à transformer la menace en ressource.
Vue du ciel, Aogashima dévoile son volcan emboîté : le Maruyama s’est installé au cœur de la caldeira, comme si un seul cratère ne suffisait pas — © Shutterstock / yoven
Le sel des fumerolles
Sur les pentes du Maruyama, une petite usine produit le sel hingya, l’une des spécialités de l’île. L’eau de mer Kuroshio, riche en minéraux, est acheminée jusqu’à des bacs exposés à la vapeur volcanique. La cristallisation prend un mois. 3 000 litres d’eau donnent entre 160 et 180 kilos de sel, vendu dans tout le Japon comme produit de terroir.
L’autre spécialité locale, l’aochu, est un shōchū élaboré à partir de patates douces et de kōji d’orge. Autrefois préparé à la maison par les épouses pour leurs maris, il est aujourd’hui produit artisanalement par plusieurs distillateurs, chacun selon sa propre recette.
À Aogashima, la côte n’a rien d’un quai accueillant : falaises et récifs rappellent pourquoi le ferry attend l’autorisation de la mer — © Shutterstock / Naeemphotographer2
Un village miniature au Japon
Administrativement, Aogashima appartient à la métropole de Tokyo. La capitale s’étend donc jusqu’ici, mais son agitation s’est perdue quelque part en chemin. Son adresse officielle ne comporte même pas de numéro de rue : la seule mention de « Aogashima-mura » suffit à faire parvenir le courrier.
Avec environ 160 habitants, une école, un bureau de poste et quelques pensions, elle forme l’une des communes les moins peuplées du Japon. Pas de restaurant au sens classique — les visiteurs réservent leurs repas à l’avance auprès des minshuku, ces auberges familiales où l’on dort et dîne chez l’habitant. Le soir, tout le monde se retrouve au bar Monji, où l’aochu coule et où les langues se délient.
Sur cette île presque verticale, les panoramas se gagnent marche après marche — © Shutterstock / Naeemphotographer2
Un ciel sans pollution
La nuit tombée, Aogashima devient un observatoire à ciel ouvert. Pas d’éclairage public, pas de pollution lumineuse : les étoiles s’affichent avec une netteté rare. Les amateurs s’allongent sur les pentes du Maruyama, là où la chaleur du sol réchauffe encore le dos, et regardent passer la Voie lactée.
L’observatoire du parc Oyama Tenbō embrasse d’un même regard le Maruyama, la double caldeira et le Pacifique sur 360 degrés ; par temps clair, l’île de Hachijojima apparaît même à l’horizon. En hiver, les baleines à bosse croisent au large et s’approchent parfois assez près du port de Sanpō pour être observées depuis la côte. Le silence n’est rompu que par le vent et les fumerolles.
Au pied des falaises d’Aogashima, une anse turquoise ménage au volcan une rare porte de sortie vers le Pacifique — © Shutterstock / Naeemphotographer2
À Miyake-jima, autre île-volcan rattachée à Tokyo L’essentiel à retenir
L’article indique qu’Aogashima compte environ 160 habitants. L’île forme la commune la moins peuplée du Japon.
L’accès dépend de la mer et du ciel. Le ferry n’accoste que quatre à cinq fois par semaine quand la houle le permet, et l’hélicoptère transporte huit passagers.
Oui. Le volcan reste actif, même si la dernière éruption mentionnée remonte à 1785.
Les habitants utilisent la chaleur du sol pour cuire des œufs et des pommes de terre à la vapeur. La géothermie sert aussi pour les bains, le chauffage et une partie de l’électricité.
L’île produit notamment le sel hingya, fabriqué avec de l’eau de mer chauffée par la vapeur volcanique. Elle est aussi connue pour l’aochu, un shochu de patate douce fermenté sur place.
| # | Наименование новости | Тональность | Информативность | Дата публикации |
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