Le constructeur européen a réussi un vol test de plus de 19 heures, sans escale, entre Toulouse et Melbourne. La compagnie australienne Qantas compte aller un pas plus loin. ...
Un peu moins de 17 000 km. C'est la distance, sans escale, qu'a parcourue, le vendredi 24 juillet, le nouvel Airbus A350-1000 ULR, entre l'aéroport de Toulouse et celui de Melbourne en Australie. À bord de l'avion, les passagers étaient limités : cinq ingénieurs du constructeur européen accompagnaient les quatre pilotes d'essai. Le gros-porteur a aussi embarqué plusieurs tonnes d'instruments de mesure afin d'évaluer le comportement de l'appareil et sa consommation.
Le carburant est un élément clé de ces très longs vols : dans la version ULR (Ultra Long Range) de l'Airbus, on retrouve un réservoir arrière central de 20 000 litres, qui porte l'endurance de l'appareil à environ 22 heures de vol sans devoir toucher le sol.
Suivi en direct par 2,7 millions de personnesSur le site spécialisé de suivi d'avions, Flightradar24, près de 2,7 millions de personnes ont suivi la progression de l'Airbus en direct. "Nous sommes passés en un seul saut de l'été (européen) à l'hiver (austral)", a commenté l'avionneur. Un saut qui aura tout de même duré plus de 19 heures.
Une entreprise belge va donner des ailes à un avion à l'aérodynamisme révolutionnaire : "On peut limiter jusqu'à 90 % les émissions de CO2"En fait, ce vol test était une préparation à une future ligne aérienne, qui sera la plus longue au monde entre Londres et Sydney. Ce trajet, qui durera près de 22 heures, sera opéré par Qantas à partir de 2027. "C'est l'étape la plus importante de notre histoire depuis sa création, il y a 105 ans", expliquait, fin juin, la patronne de la compagnie australienne, Vanessa Hudson.
Le grand projet de QantasQantas s'est lancé dans un vaste programme nommé "Project Sunrise". La compagnie australienne a commandé douze appareils de ce type pour relier directement la côte est de l'Australie et plusieurs grandes villes européennes ou de l'est des États-Unis, sans escale.
"Qantas a été fondée sur la conviction que l'éloignement de l'Australie ne devait jamais constituer un obstacle aux échanges avec le reste du monde", selon sa CEO.
Comment supporter un voyage de 20 heures ?La compagnie a ainsi prévu plus d'espace pour ses passagers dans ses futurs avions. Il n'y aura ainsi que 240 sièges, répartis en quatre classes, là où certaines compagnies placent jusqu'à 400 sièges dans leur Airbus A350. L'appareil comprendra notamment une zone de bien-être, un espace où les passagers peuvent s'étirer, s'hydrater et effectuer de légers exercices pendant le vol. "Nous avons conçu une cabine qui anticipe les besoins physiologiques des passagers sur plus de 20 heures de vol", insiste la compagnie australienne.
La compagnie aérienne Qantas proposera le vol commercial direct le plus long du monde d'ici fin 2025Deux routes en fonction des saisonsLe parcours de ces très longs vols ne devrait pas être identique toute l'année. La plupart du temps, les avions emprunteront une route passant au-dessus de l'océan Indien, comme lors du vol d'essai entre Toulouse et Melbourne. Mais entre décembre et mars, les vents dominants pourraient rendre plus efficace un itinéraire passant par le détroit de Béring et le nord-est du Groenland.
Notons que l'actuel vol commercial le plus long en service est détenu par Singapore Airlines, aussi avec un Airbus A350, entre New York et Singapour, soit 15 350 km ou 17 à 18 heures de vol selon les vents. Certains vols exceptionnels, notamment durant la période du Covid entre Tahiti et la France, ont dépassé légèrement cette distance.
Un record de… 80 ansEn termes de durée, le record de 33 heures, sans escale, détenu aussi par Qantas, date d'il y a plus de… 80 ans. Durant la Seconde Guerre mondiale, la compagnie australienne avait réalisé des liaisons directes entre l'est de l'Australie et le Sri Lanka (6 500 km) dans des petits hydravions Catalina. Les appareils étaient tellement chargés en carburant qu'ils ne pouvaient transporter que trois passagers et un peu de courrier. On appelait ces vols les "Double Sunrise" car les voyageurs avaient l'occasion de voir deux fois le lever du soleil durant le vol. Et ce sans toucher le sol.
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