Le débat sur l’avenir de l’assureur liégeois continue de susciter des réactions politiques. ...
Dossier Ethias, suite et certainement pas fin. Comme le rapportaient nos confrères de L'Echo ce vendredi matin, l'étude commanditée par le gouvernement, via la Société Fédérale de Participation et d'Investissements (SFPI), auprès du consultant ALM-Vision sur l'avenir d'Ethias a bien confirmé que le "stand alone" était l'option la plus "raisonnable" à court terme pour l'assureur liégeois.
Toujours selon cet expert, un rapprochement avec Belfius – piste poussée par le président du MR Georges-Louis Bouchez – ou avec d'autres acteurs belges du secteur financier comme KBC ou Ageas n'est donc pas dans l'intérêt immédiat d'Ethias. Ni un rachat par un acteur étranger du monde de la finance : les noms d'Allianz, de la Baloise, de Cardiff (BNP Paribas), Crédit Agricole, Generali ou encore Crédit Mutuel circulent ici ou là. Cette dernière option serait d'ailleurs très difficile à "vendre" politiquement alors que la Wallonie ne cesse d'insister sur le caractère "stratégique" d'Ethias.
Les conclusions de cet expert s'alignent donc sur la position défendue dans la semaine par le ministre des Finances Jan Jambon (N-VA) : la privatisation partielle de Belfius doit être dissociée dans le temps d'un éventuel rapprochement de la banque publique avec Ethias.
Mise en concurrenceLa position de cet expert n'est pas une surprise. Nous laissions déjà entendre plus tôt dans la semaine, dans un article parcourant les différents scénarios possibles pour Ethias, que le statu quo était dans un avenir proche l'option la plus crédible, à la fois pour des raisons politiques mais aussi techniques liées à l'existence d'un pacte d'actionnaires au sein d'Ethias, détenu pour rappel par l'État, via son bras financier la SFPIM, et les Régions wallonne et flamande. Ethias est, par ailleurs, une entreprise rentable et qui procure de solides dividendes à ces actionnaires publics: rien ne justifie donc une vente dans la précipitation. Enfin, une éventuelle cession d'Ethias, si elle voit le jour, devra être ouverte à d'autres prétendants que la seule Belfius. Le processus serait donc lent et complexe.
Poursuite de la stratégie en solo, adossement à Belfius, rachat par un groupe étranger : voici les différents scénarios pour EthiasCela étant, le seul fait que le fédéral a décidé de sonder les Régions pour une éventuelle vente de leurs parts dans Ethias marque un réel tournant. Dans les esprits, elle accrédite l'idée qu'une vente d'Ethias, dont la valorisation est estimée aux alentours de 3,5 milliards d'euros, est désormais inscrite dans les astres politiques et envoie un signal aux différents acteurs du marché financier.
"Céder Ethias à Belfius de gré à gré, c'est s'exposer à des plaintes"Même si certains observateurs estiment que la démarche du gouvernement peut aussi être interprétée comme une concession accordée au président du MR sur ce dossier. Et une manière de temporiser. Mais Georges-Louis Bouchez a en tout cas l'intention de remettre le dossier d'une fusion Belfius-Ethias sur la table du gouvernement à la rentrée et exige des "garanties solides" que ce scénario finisse par se concrétiser : le président du MR en fait même une condition à la poursuite de la privatisation de Belfius, dont l'État cherche à vendre 20 % du capital.
Le dossier pourrait donc susciter de nouvelles tensions à la rentrée au sein de l'Arizona. Dans l'intervalle, Jan Jambon, ministres des Finances, aura sondé les Régions sur leurs intentions afin de s'assurer d'une éventuelle concordance des visions sur l'avenir stratégique d'Ethias.
Belfius-Ethias, un dossier minéLe débat continue, en tout cas, de susciter des réactions politiques. "Un État ne peut tout simplement pas vendre des actifs sans mise en concurrence. […]. Céder Ethias à Belfius de gré à gré, c'est s'exposer immédiatement à des plaintes des concurrents pour aide d'État illégale. Pour que l'État valide, il faudrait une procédure d'appel d'offres ouverte, transparente et inconditionnelle", expliquait ainsi ce vendredi sur X le socialiste Thomas Dermine, bourgmestre de Charleroi.
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