Depuis une semaine, un incendie sévit sur les hauteurs de Nyer et de Thuès en Conflent où 65 hectares sont partis en fumée. La lutte acharnée des sapeurs-pompiers n’en serait rien dans ce territoire très escarpé, à...
Depuis une semaine, un incendie sévit sur les hauteurs de Nyer et de Thuès en Conflent où 65 hectares sont partis en fumée. La lutte acharnée des sapeurs-pompiers n’en serait rien dans ce territoire très escarpé, à plus de 2000 m d’altitude parfois, sans l’aide de "petites mains". Le maire de Nyer a accepté d’expliquer comment, avec des élus, des bénévoles et des chasseurs, ils œuvrent pour que travaillent de jour comme de nuit les soldats du feu.
"Vous savez, dans pareille situation, il faut savoir se serrer les coudes." La solidarité n’est pas un vain mot dans une partie du Conflent. À Thuès-entre-Valls, à Nyer, et ailleurs encore, la population est au soutien des sapeurs-pompiers qui livrent une lutte sans merci contre le feu qui s’est déclaré le vendredi 24 juillet et a brûlé 65 hectares de végétation à plus de 2000 mètres d’altitude.
"Il faut comprendre que c’est vraiment très compliqué de progresser là-haut, insiste André Argilès le maire de Nyer. À plusieurs, entre élus, avec des bénévoles, le garde forestier de la Réserve naturelle et des chasseurs, nous nous sommes mis à disposition des pompiers. Nous nous sommes proposés pour les guider sur les chemins et créer des coupe-feu. Ils nous consultent et tiennent compte de notre avis même sur les conditions météorologiques, sur la configuration des lieux… Vu toute la logistique mise en place, il faut quand même souligner l’énorme travail des pompiers. C’est remarquable."
Les gens du cru ont créé des sentiers pour que les pompiers puissent mener à bien leur lutte face à l’incendie.
DR
Au lieu-dit Prat da Vall, le feu a pu s’arrêter non loin d’une cabane de berger
Le premier contact entre la population du cru et les pompiers s’est établi, "car il n’y a pas de point d’eau là-haut". De fait, les moyens aériens ont acheminé des cuves souples, qui ont été remplies d’eau par hélicoptère, et des pompes, qui ont transmis l’eau (de la rivière de Py notamment) par des tuyaux tirés à la force des bras des pompiers et des lances. Puis, à l’aide de cartographie, ensemble, ils ont repéré le terrain pour se déplacer de jour comme de nuit : "Les pompiers nous ont demandés où étaient les sentiers et les barres rocheuses. On leur a élargi des chemins, on a balisé, on a débroussaillé, on a coupé la végétation pour que le feu ne traverse pas certaines zones, aille dans la forêt et reprenne en faisant flamber des souches. On a concrètement aidé à faire des coupe-feu. Au lieu-dit Prat da Vall, le feu a pu s’arrêter non loin d’une cabane de berger". Mais le triomphe de ces hommes et femmes de l’ombre est modeste : "Les professionnels, ce sont les pompiers. Nous, on a pris nos précautions, on n’a jamais été au contact du feu".
Selon les forces de secours et de sécurité, quelques fumerolles ont persisté sur le flanc est à environ 2 000 mètres d’altitude au niveau du torrent de Faget et dans le Parc naturel régional des Pyrénées catalanes. Toutefois, aucune reprise du feu n’a été notable.