Le “royaume du pin maritime” est particulièrement vulnérable aux feux de forêt. Explications. ...
Les Landes et la Gironde, en Nouvelle-Aquitaine, sont une fois de plus en feu. Déjà, durant l'été 2022, d'immenses incendies avaient ravagé 32 000 hectares de la forêt des Landes de Gascogne. Quatre ans plus tard, vendredi, le feu "vorace", selon les mots de la Préfète, avait parcouru environ 10 OOO hectares, de Saumos en Gironde, au Cap Ferret (Landes), mais aussi 2 500 hectares à Biscarosse.
Particularité de cette région : c'est le "royaume du pin maritime", vanté par le tourisme local mais qui la rend vulnérable aux incendies de forêts. Autrefois, la Gascogne était recouverte de marécages, mais à la fin du XVIIIe siècle, propriétaires publics et privés ont commencé à planter du pin en masse, afin de drainer les sols et de limiter l'avancée des dunes, et bien sûr pour commercialiser le bois, créant la plus grande forêt artificielle de l'Europe de l'Ouest. Des incendies, parfois massifs (1949) ont certes eu lieu dans le passé, mais désormais, cette monoculture doit faire face aux dérèglements climatiques. Ses sécheresses et ses vagues de chaleur plus fréquentes et plus longues, assèchent les sols et la végétation. Et les pins maritimes, comme l'explique la géographe et experte des incendies Pauline Vilain-Carlotti, sont d'excellents combustibles en cas d'étincelles.
Tout d'abord, au sol, la présence de bruyères et de fougères permet les départs de feu. Ensuite la résine (très inflammable) des conifères facilite l'embrasement massif et rapide des arbres, qui sont en outre souvent de grande hauteur. De plus, les pommes de pin, gorgées de gaz et transformées en bombes incendiaires, peuvent être projetées à des dizaines de mètres (voire plus), ce qui étend alors l'incendie. Par ailleurs, la tourbe peut elle aussi chauffer et propager le feu de manière souterraine.
Comme une allumetteRésultat : un feu se déclarant dans ces pinèdes peut se propager sur des superficies très étendues. Ce type d'incendie où la forêt, très dense et très sèche, s'embrase comme une allumette du sol à la cime peut aussi rendre le feu "convectif", comme les pompiers l'observent actuellement. En clair : le feu génère son propre courant d'air, qui vient en retour nourrir ses flammes. Entraînée par ce phénomène, une "tornade de feu", où les flammes tournent et montent, a d'ailleurs été filmée mercredi à Saumos. Cette convection rend également les feux "plus imprévisibles" et les fait par exemple changer de sens, décrit le commandant des secours en Gironde, Marc Vermeulen.
Favorisés par la convection et les feux de cime, de nombreux "sauts de feu" sont également observés. Ces projections de particules incandescentes en avant du front, sorte de torches, créent des foyers secondaires et compliquent le travail des pompiers.
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