Rives et Eaux assure la gestion du bassin de l'Adour et surtout du système Neste. Face à une situation critique, les opérateurs veillent en continu sur la ressource qui alimente près de 300 000 habitants en eau...
Rives et Eaux assure la gestion du bassin de l'Adour et surtout du système Neste. Face à une situation critique, les opérateurs veillent en continu sur la ressource qui alimente près de 300 000 habitants en eau potable tout en assurant des débits minimaux pour l'environnement mais aussi l'agriculture, l'industrie ou les loisirs. Outre les rivières, les réserves sont au plus bas. Il reste moins de 10 % d'eau dans le lac de l'Arrêt-Darré. Du jamais vu si tôt.
Jamais début août l'eau ne s'était retirée si loin. Pour en approcher la surface, sur les rives du lac de l'Arrêt-Darré, il faut marcher chaque jour davantage. Depuis ce mardi, plus aucun prélèvement n'est toléré dans le lac. Et pour cause, il ne reste dans cette retenue qu'à peine 10 % de l'eau qu'elle peut contenir, le reflet d'une situation "exceptionnelle, critique, historique" de l'aveu même du directeur général de Rives et Eaux, Willy Luis, gestionnaire du site et de tout le système Neste, qui depuis les Pyrénées, ses retenues (Orédon, Oule, Cailhaouas et Pouchergues) et son canal, alimente 1 400 km de rivières à travers le Gers, le Tarn-et-Garonne et le Lot-et-Garonne, et près de 300 000 habitants en eau potable.
Dans la salle de gestion de Rives et eaux du Sud-Ouest, on essaie de faire coïncider en temps réel le débit des cours d'eau avec les besoins.
Andy Barréjot
Un système qui permet jusqu'ici de tempérer la double action de cette sécheresse infinie et des canicules. "Sans l'action de l'homme, il n'y aurait plus d'eau dans le Gers. C'est vrai toute l'année, mais encore plus durant les périodes d'étiage", précise Willy Luis. Aussi, la veille est continue (7 jours/7, 24 h/24) dans la salle de gestion de Rives et Eaux où se relaient dix collaborateurs, par binôme durant l'été. C'est ici que remontent toutes les données depuis les instruments de mesure afin de maintenir un débit optimisé pour garantir tous les usages de l'eau, à commencer par l'alimentation en eau potable, mais aussi pour la biodiversité, l'agriculture, l'industrie ou les loisirs. "Tout est automatique et connecté. Quand une décision est prise, elle s'opère sur le terrain, précise Maud Pauthier, responsable gestion des eaux chez Rives et Eaux. On s'appuie sur les relevés terrains, les prévisions météo pour anticiper au maximum, en tenant compte des durées d'écoulement entre l'amont et l'aval. On réajuste l'alimentation en temps réel pour optimiser quasi chaque goutte."
L'expérience de la sécheresse de 2022De l'eau plus précieuse que jamais. Alors que les réserves avaient fait le plein durant l'hiver, le mois d'avril a porté un coup au stock, au point que la Neste était déficitaire dès le mois de mai. Aujourd'hui, il reste moins de 30 % du volume total pour la Neste et à peine 20 % pour l'Adour. Une situation qui a poussé les autorités à placer le département en "alerte renforcée", permettant de poursuivre l'irrigation trois jours et demi par semaine, avant un passage probable en "crise" dans les jours à venir. "L'expérience de la crise de l'été 2022 fait que la concertation entre les acteurs a progressé, tout comme notre propre gestion de l'eau. On a réussi à construire une stratégie et une culture communes autour de l'eau. Le monde agricole évolue, avec une implication plus forte des représentants et une irrigation plus pointue, mais aussi un nouveau système tarifaire qui incite à moins ou mieux consommer."
Ce mardi, le lac de l'Arrêt-Darré n'est rempli qu'à 10% de son volume total. Une situation inédite à la mi-août. Les prélèvements ont été interdits.
Andy Barréjot
Mais à l'heure où les stocks et les débits s'amenuisent et les besoins se font de plus en plus brûlants, Rives et Eaux garde le cap : "Cet été, on enfonce les minimas historiques et malgré ça, la gestion fait qu'on n'a pas encore basculé en crise", précise son directeur général. "Derrière l'écoulement des rivières, il y a tout un travail complexe et précis pour qu'il n'y ait pas de défaillance du système et que tout risque de rupture d'eau potable soit écarté."