Un médecin légiste a accusé ce mardi, au procès de sept professionnels de santé à San Isidro, l'entourage médical de Diego Maradona de négligences fatales. Avant sa mort en novembre 2020, Maradona présentait des...
Un médecin légiste a accusé ce mardi, au procès de sept professionnels de santé à San Isidro, l'entourage médical de Diego Maradona de négligences fatales. Avant sa mort en novembre 2020, Maradona présentait des signes alarmants non pris en compte, selon le Dr Carlos Cassinelli. Les accusés risquent jusqu'à 25 ans de prison.
Diego Maradona présentait, plusieurs jours avant sa mort en 2020, "des signaux d'alarme" qui n'ont pas été pris en compte par l'entourage médical, a accusé ce mardi un médecin légiste au procès de sept professionnels de santé pour négligences potentiellement fatales. Carlos Cassinelli est l'un des nombreux praticiens entendus au procès, ouvert il y a quatre mois à San Isidro. Son témoignage pèse, car il était membre de l'imposante (22 membres) Commission médicale interdisciplinaire mise en place en 2021 par la justice sur le cas Maradona. Et l'un des experts qui a procédé à l'autopsie.
"Il y avait des signaux d'alarme : œdème des membres inférieurs, œdème des doigts, ronflements, souffle court, signes d'hypertension ou de tachycardie", a énuméré le Dr Cassinelli. "Personne n'est allé voir de quoi il s'agissait" avec ce gonflement généralisé, bien qu'il représentât "un risque vital", a-t-il chargé. "L'issue finale a été la mort. On considère que ces signaux d'alarme n'ont pas été pris en compte par les médecins, car (leur) attitude n'a pas changé".
12 heures d'agonieLe Dr Cassinelli portait l'un des témoignages à ce jour les plus accusateurs sur le manque d'attention autour de Maradona, lors de sa convalescence post-opératoire de deux semaines en novembre 2020 dans une résidence louée pour l'occasion à Tigre (nord de Buenos Aires). "La dégradation a été progressive. Depuis sa sortie d'hôpital jusqu'à son décès. Au moins une dizaine de jours (avant sa mort). L'alerte aurait pu être donnée", a-t-il insisté.
Comme lors d'une précédente déposition, il a rappelé que la commission médicale évalue que "la phase agonique de Maradona a duré environ 12 heures" - un laps qui à ce jour n'a pas fait l'unanimité au procès. Le Dr Cassinelli l'a décrite comme "une phase entre la vie et la mort au cours de laquelle les fonctions se perdent peu à peu. Une phase où le passage vers la mort est irréversible".
Plusieurs autres témoins - un agent de sécurité, un masseur -, aux audiences des dernières semaines ont convergé dans leur description d'une attention laxe autour de la star, dans ses derniers jours. Il a été retrouvé mort sur son lit vers la mi-journée, le 25 novembre, à 60 ans, des suites d'une crise cardiorespiratoire couplée à un œdème pulmonaire. Les sept professionnels de santé jugés (médecin, psychiatre, psychologue, infirmiers) encourent jusqu'à 25 ans de prison, mais nient toute responsabilité. La plupart invoquent leur spécialité, leur rôle segmenté, sans lien direct avec les causes cliniques de la mort. Le procès devrait s'étirer au-delà d'août.