À Cavagnac, dans le Lot, le photographe Donatien Rousseau immortalise les habitants dans une série de portraits mêlés à des archives historiques. Ce projet, soutenu par le département et la région Occitanie, s'étend...
l'essentiel À Cavagnac, dans le Lot, le photographe Donatien Rousseau immortalise les habitants dans une série de portraits mêlés à des archives historiques. Ce projet, soutenu par le département et la région Occitanie, s'étend de 2025 à 2027 et vise à célébrer la diversité locale tout en préservant la mémoire collective. Récit.
Au cœur de la bibliothèque municipale de Cavagnac (Lot), les portraits de certains habitants se mêlent à des photographies anciennes, en noir et blanc. Une boulangère regarde l'objectif depuis son lieu de travail. Une fleuriste se trouve au milieu de son univers familier. Une ancienne cantinière pose, le regard fixe. Ici, chaque visage porte une histoire.
Derrière l'objectif, un photographe, qui a posé bagages dans le Lot il y a une dizaine d'années : Donatien Rousseau. Cette année, dans le cadre du bicentenaire de la photographie, il a souhaité apporter sa pierre à l'édifice. "Je me suis demandé ce que je pourrais faire, se remémore-t-il. Je ne suis pas reporter photographe donc j'ai cherché une autre idée. Et tout d'un coup, je me suis dit : peut-être le portrait des habitants." Le projet, pensé sur trois ans (de 2025 à 2027) prend forme et obtient l'aide du département et de la Région Occitanie. Trois ans et trois expositions présentant une série de portraits d'habitants de Cavagnac, entremêlés à des archives historiques.
"Ce que je voulais montrer, c'était la diversité de Cavagnac...""Ce que je voulais montrer, c'était la diversité d'habitants à Cavagnac, annonce Donatien Rousseau. Il y a beaucoup de nouveaux arrivants. Avec le fameux confinement, il y a plein de gens qui sont maintenant à la retraite, qui ont ouvert leur maison et qui sont désormais là tout le temps. Il y en a qui achètent..." Un constat dressé et une inspiration. Celle d'un photographe allemand, August Sander, qui a photographié des Allemands, dans les années 1920 pour montrer la diversité du pays. "Sans copier, insiste le sexagénaire, né à Lyon. Mais l'inspiration a été quand même assez forte. Comme lui, je ne voulais pas mettre en scène des personnes photographiées." Dresser un portrait naturel des habitants tels qu'ils y vivent.
"Ça c'est une famille de neuf enfants. La photo de famille, je l'ai simplement mise en premier plan, floue, parce que quand on veut se rappeler des choses qui sont lointaines, généralement ce n'est pas très net", s'amuse l'artiste. À chaque portrait, une histoire. "Ça, ce sont des nouveaux arrivants. Ils sont de Paris. Ils étaient là depuis peu de temps, présente-t-il, en faisant défiler les clichés sur son ordinateur. Ça, c'est une famille, pareil, qui vient d'arriver. Lui est cuisinier. Il a fait ses études en Irlande." Pour Donatien Rousseau, qui a étudié la photographie à Toulouse, son art pourrait se résumer à des rencontres. Et la mémoire. "J'espère qu'il y aura des enfants qui viendront, de manière à ce qu'au moins ils entendent parler de l'histoire. Là-dedans, c'est surtout un truc de transmission que je veux faire passer", sourit celui qui a grandi en Dordogne.
Une des photos de famille, datant des années 1960, présentée lors de l'exposition.
Photo autorisée pour La Dépêche du Midi
Tous les habitants n'ont pas souhaité être photographiés ou transmettre les archives de leur famille. Mais l'idée, elle, reste la même. "C'est aussi pour faire perdurer ça avec d'autres portraits, de savoir qui est passé par là. Ça laissera une trace à la bibliothèque, puisque ces photographies, j'en ai fait don", précise Donatien Rousseau. Mais il le reconnaît, ce travail lui a demandé du temps et de l'énergie. "Ce n'est pas facile de rentrer dans la vie des gens, livre-t-il. Je pense qu'ils ont accepté simplement pour jouer le jeu. Après je les ai rassurés. Quand je prenais leurs photos de famille, je leur rendais le lendemain, parce que c'est leur vie, leur histoire."
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Pour celui qui a passé 35 ans à préserver l'art de la photographie dans le Tarn, également nommé Chevalier des Arts et des Lettres en 2020, ce travail doit agir comme une mise en route pour valoriser cet art. "L'idée finale est d'organiser, avec Michel Jarrige, qui est le président de l'association Les Amis de Cavagnac, des soirées rencontres pour qu'ils racontent leurs histoires", conclut-il. Une façon artistique de valoriser l'histoire et le patrimoine de ce village de quelques 400 âmes.