Un homme de Cazères a été condamné à trois ans de prison, par le tribunal de Saint-Gaudens pour avoir incendié une voiture en juillet 2026. En récidive, il a invoqué des voix le poussant à agir. Il devra suivre des...
l'essentiel Un homme de Cazères a été condamné à trois ans de prison, par le tribunal de Saint-Gaudens pour avoir incendié une voiture en juillet 2026. En récidive, il a invoqué des voix le poussant à agir. Il devra suivre des soins psychiatriques et a interdiction de porter une arme.
"Je ne suis pas un criminel, on me force à faire ça", c'est là toute la défense du prévenu qui comparaissait au tribunal de Saint-Gaudens, le mardi 11 août dernier. "Vous êtes accusé d'avoir, en juillet 2026, mis le feu à la voiture d'un particulier, alors que vous étiez en état de récidive puisqu'en 2025 vous avez lancé des boules de pétanque sur la mairie de Cazères et caillassé la gendarmerie de ladite ville", a rappelé la présidente du tribunal. En effet, au début de l'été, cet habitant de Cazères a mis le feu à du papier toilette placé dans un sac à dos, avant d'insérer le tout dans le coffre du véhicule d'un couple de touristes en vacances dans la région. Interpellé par les forces de l'ordre, l'homme a fait valoir son droit au silence lors de sa garde à vue.
Placé en détention provisoire jusqu'alors, il a choisi la comparution immédiate pour enfin s'exprimer. "Il faut savoir que tout a commencé en 2017, lorsqu'il y a eu une fuite de gaz chez moi. Depuis, j'avais l'impression que des gens me regardaient dans la rue et me parlaient." Une situation qui a dégénéré en 2024 : "Quand je suis rentré vivre avec ma mère, c'est là que j'ai compris que deux forces me parlaient : l'une étant l'État français, l'autre n'étant pas encore identifiée. La première force m'a poussé à agir et à dégrader la gendarmerie. Puis en 2025, je me suis fait séquestrer par la seconde entité ; j'ai subi des tortures physiques et psychologiques et on a menacé de tuer ma mère si je ne faisais pas ce qu'on me demandait. On me donnait des instructions via les médias."
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Ces explications ont d'abord été entendues par le tribunal avant que la présidente ne soulève le manque d'éléments probants : "Pourquoi l'entité représentant l'État français vous demanderait-elle de détruire ses propres symboles ?" Une interrogation balayée par le prévenu : "Je ne suis qu'un pion, moi, je ne sais pas."
Si le tribunal a tenté de cerner la personnalité du prévenu, la procureure est restée sceptique face à cet argumentaire : "Comment ne pas penser que le prévenu utilise ce prétexte d'entendre des voix pour nous manipuler et être reconnu non coupable ?" Un doute que l'intéressé n'a pas levé : "À vous de me le dire."
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Convaincu qu'il ne souffre d'aucun trouble — "avec un tel cursus universitaire, je ne peux pas avoir de problèmes" —, le prévenu a ensuite été interrogé sur le risque de récidive. "Et si vous alliez jusqu'à tuer quelqu'un ?", lui demande-t-on. "Je suis un résistant à ce modèle fasciste, une victime de la République. S'il y a des familles qui perdent des proches, ce seront des victimes collatérales", a-t-il rétorqué.
Finalement, le prévenu a été reconnu coupable des faits et a été condamné à trois ans de prison, dont 18 mois assortis d'un sursis probatoire. Le tribunal a assorti cette peine d'une obligation de soins psychiatriques et d'une obligation de travail. Maintenu en détention sous le coup d'un mandat de dépôt, il s'est également vu interdire la détention et le port d'une arme.