Après les crues historiques de février 2026, Christian Girardi, maire d'Aiguillon, dénonce la lenteur des travaux et le partage des responsabilités dans la protection du territoire. Une question sensible dans cette commune du Lot-et-Garonne, où la digue a cédé sous la pression des eaux six mois plutôt.
Après les crues historiques de février 2026, Christian Girardi, maire d'Aiguillon, dénonce la lenteur des travaux et le partage des responsabilités dans la protection du territoire. Une question sensible dans cette commune du Lot-et-Garonne, où la digue a cédé sous la pression des eaux six mois plutôt.
Publié le 14/08/2026 11:44
Temps de lecture : 2min
Inondations à Aiguillon dans la Vallée de la Garonne et du Lot. Photo prise le 13 février 2026. (Loïc Déquier / MAXPPP)
Le 17 février 2026, au confluent du Lot et de la Garonne, Christian Girardi est un peu énervé. Cet agriculteur et entrepreneur, connu pour son fort caractère, est également le maire d'Aiguillon, une commune de 4 000 habitants située précisément au point de jonction des deux cours d'eau.
En février 2026, le Lot-et-Garonne est placé en vigilance rouge pour les crues. À 9,56 mètres, la Garonne a dépassé son niveau historique et, à Aiguillon, la digue censée protéger les quartiers bas de la commune a cédé sous la pression de l'eau. Résultat : une partie du département s'est retrouvée sous les eaux.
Six mois plus tard, sur le Pech-de-Berre, une colline rocheuse qui domine les vallées du Lot et de la Garonne, l'ampleur de l'inondation se révèle clairement. À 150 mètres de hauteur, Christian Girardi montre les zones touchées : "Vous avez le Lot qui passe là, qui se dirige vers la Garonne. Vous avez des digues là. Donc ici, c'était protégé, mais tous les peupliers là-bas baignaient."
Après la catastrophe, l'eau a mis des semaines à redescendre. Des semaines d'activité fébrile pour Christian Girardi, qui a dû héberger une cinquantaine de sinistrés, sécuriser les zones inondées et organiser la remise en état de la commune. Des moments intenses et épuisants, mais qui ont aussi laissé des émotions toujours très vives. "Beaucoup de gens nous ont aidés. On avait ouvert le gymnase pour accueillir les personnes inondées. On a eu un formidable élan de solidarité de la part des associations, qui sont venues nous apporter des repas et des vêtements."
"Ça vous fiche la chair de poule. Ça prouve qu'on est encore humains et que l'humanité n'est pas perdue."
Christian Girardi, maire d'Aiguillon
à franceinfo
Quelques semaines plus tard, changement d'ambiance au sein de la commune. Les inondations s'invitent dans la campagne des municipales et Christian Girardi et son équipe se retrouvent sur le gril. "La digue a pété, elle n'aurait pas dû céder. On s'est fait démonter, on a failli perdre les élections. On gagne l'élection de 38 voix. Il nous a été reproché le fait que, si le quartier est inondé, c'est la faute du maire. On est passés à côté de la correctionnelle", confie amèrement le maire d'Aiguillon.
Ce reproche agace particulièrement Christian Girardi, qui dénonce le manque de contrôle de la commune sur la protection de son propre territoire : "Ce qui me gêne, c'est que la commune d'Aiguillon, qui pèse 24% de la population de la communauté de communes, ne maîtrise pas la protection de son territoire. Moi qui suis un libre-penseur et un libre-entrepreneur, ça me dérange beaucoup."
Des travaux ont depuis été réalisés avec la communauté de communes dont Aiguillon fait partie, mais trop tardivement au goût de Christian Girardi : "On aurait mieux fait de reconstruire la digue, mais je n'ai pas la main. Je n'aurais pas fait ainsi, j'aurais reconstruit tout de suite la digue. Je suis inquiet parce que, si on fait la digue en septembre ou en octobre, il ne faudrait pas qu'on se retrouve avec une inondation au mois de novembre ou décembre. Et je trouve qu'on ne va pas assez vite."
"Je veux endosser l'entière responsabilité de la maîtrise des ouvrages qui se situent dans ma commune. Le maire, c'est le patron."
Christian Girardi, maire d'Aiguillon
à franceinfo
La loi impose néanmoins que la gestion et l'entretien des digues relèvent des communautés de communes. Christian Girardi dispose, malgré tout, d'une marge de manœuvre, puisque le maire conserve des pouvoirs de police en matière de sécurité pour ses habitants.
À regarder