À 26 ans, Thomas D. a été condamné par le tribunal d'Albi pour avoir consulté et téléchargé à plusieurs reprises des contenus pédopornographiques. Plus de 70 fichiers ont été retrouvés sur ses appareils, avant que ses...
l'essentiel À 26 ans, Thomas D. a été condamné par le tribunal d'Albi pour avoir consulté et téléchargé à plusieurs reprises des contenus pédopornographiques. Plus de 70 fichiers ont été retrouvés sur ses appareils, avant que ses recherches ne soient signalées par un organisme américain spécialisé dans la lutte contre la pédocriminalité. Voici tout ce qu'il faut savoir.
Des images de fillettes, manifestement âgées de 3 à 15 ans, en position lascive. Plus de 70 fichiers retrouvés sur ses appareils. De mars 2025 à fin juin 2026, Thomas D. consulte des sites pédocriminels. "Mais c'est par phases", indique-t-il devant le tribunal. Au départ, cet Albigeois de 26 ans veut "seulement" visiter le darknet, à l’aide d’un VPN classique.
Puis il se met en quête d’une plateforme pornographique qui, selon ses mots, va "au-delà de la simple catégorie adulte". Un jour, dans le sommaire, son regard s’arrête sur deux termes, pourtant évocateurs : "candydoll" et "polyporn". Il clique. Et recommence. Jusqu’à être identifié par le National Center for Missing and Exploited Children, un organisme américain spécialisé dans la lutte contre la pédocriminalité.
Une perquisition a lieu : chez sa mère, les enquêteurs saisissent des couches pour enfants et une table à langer. Les premières lui servent d’accessoire sexuel ; la seconde lui permet de se masturber "sans tâcher les draps". La prise de conscience, dit-il, vient plus tard : à cet instant, Thomas D. ne ressent pas de dégoût. "Pour moi, il ne s'agissait que de femmes", tente-t-il d'expliquer à la barre.
"Jusqu'où ça peut aller ?"Rapidement, le profil psychiatrique de Thomas D. est passé au crible. Il présente une légère altération du discernement et des troubles schizophréniques. En 2025, l’homme, aujourd’hui sans emploi, décompense et est hospitalisé une première fois à Bon Sauveur. Après sa sortie, il reprend rapidement la consultation de contenus pédopornographiques. "Alors, jusqu’où ça peut aller ?", interroge le président.
S’il reconnaît les faits qui lui sont reprochés, le mis en cause réfute toute attirance. Pour expliquer sa dérive, il remonte cinq ans en arrière, à sa rencontre avec une certaine Jade. Une idylle qui, d’après ses propos, tourne court sous l’intervention de ses parents. "Au départ, c’est elle que je recherchais dans le porno", raconte-t-il, avant d'assurer qu'elle est majeure. Selon lui, c'est le "décalage" entre ce qu'il aime vraiment et ce qu'il consomme qui lui permet d'assouvir ses pulsions.
Son avocat, Me Fitte, insiste lui aussi sur "une déception qui s’est transformée en frustration" et revient sur "un isolement aggravé par la crise Covid". Son conseil rappelle également que Thomas D. est suivi au CMP depuis fin mars 2026 et souligne l’importance de la poursuite des soins.
"Il y avait un vide à combler et ça a fini sur des gosses"Mais à mesure que le président creuse l'intimité du prévenu, encore vierge, une question demeure : comment ce manque a-t-il pu prendre cette direction ? "Il y avait un vide à combler et malheureusement ça a fini sur des gosses", résume-t-il. À l'issue de l'audience, le tribunal tranche, en se basant sur les réquisitions du procureur de la République.
Thomas D. est reconnu coupable et condamné à 18 mois d’emprisonnement, entièrement assortis du sursis simple. La peine est complétée par un suivi socio-judiciaire de trois ans, une injonction de soins et une interdiction définitive d’exercer toute activité, même bénévole, en contact avec des mineurs. Il est également inscrit au FIJAIS, le fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes.