Deux caméras de détection précoce des feux d’espaces naturels ont été installées à Mas-Saint-Chély et Saint-Privat-de-Vallongue (Lozère). 15 autres seront installées d'ici la fin de l'année 2026, couvrant ainsi 75 %...
Deux caméras de détection précoce des feux d’espaces naturels ont été installées à Mas-Saint-Chély et Saint-Privat-de-Vallongue (Lozère). 15 autres seront installées d'ici la fin de l'année 2026, couvrant ainsi 75 % du territoire. Ce dispositif vise à renforcer la vigilance et la prévention des incendies tout au long de l’année.
Réaménager les espaces naturels lozériens en imaginant des solutions adaptées et pérennes. Telle est la volonté du colonel Frédéric Lhomme, directeur du service départemental d’incendie et de secours (Sdis) de la Lozère, pour prévenir les incendies qui risquent de survenir de plus en plus massivement et intensément dans les années à venir.
Nos moyens actuels, humains comme matériels, ont atteint leurs limites
Nos moyens actuels, humains comme matériels, ont atteint leurs limites, déplore-t-il. Selon lui, il faut donc "réfléchir globalement à la stratégie nationale". "La prévention des risques, qui est l’un de nos piliers, passe par le réaménagement des espaces boisés." En faisant en sorte que le feu ralentisse sur plusieurs centaines de mètres notamment, et ce grâce à des zones qui auraient une double vocation : "Développer ou réintroduire de l’agriculture aux abords des villages par exemple, ça serait assez idéal", estime le colonel.
Un combat communPour ça, une concertation interservices est nécessaire. "Nous, pompiers, ne sommes qu’une partie de la solution. Il faut que plusieurs acteurs participent et se coordonnent. Nous ne pourrons pas faire l’économie collective de nous pencher très rapidement sur ces sujets, déclare-t-il. Nous n’avons pas encore le recul nécessaire, nous ne sommes que début août, mais il faudra faire le bilan d’ici quelques semaines et voir ce qui est envisageable."
En attendant, la Lozère mise sur la détection précoce pour gagner de précieuses minutes face aux incendies. Deux caméras viennent tout récemment d’être installées "à Mas-Saint-Chély et Saint-Privat-de-Vallongue, les sites les plus facilement accessibles et qui font partie des zones les plus à risques, explique Frédéric Lhomme. Bientôt, les dix-sept points eau du département devraient en être équipés." Dès lors, ce système couvrira environ 75 % du territoire lozérien, soit le plus fort pourcentage en France. En effet, ce dispositif est déjà déployé dans une poignée d’autres départements français.
Fumée repérée, pompiers alertésLe principe est simple : les caméras installées au niveau des points eau fonctionnent 24 h sur 24, tous les jours de l’année et offrent une visibilité jusqu’à 20 km à la ronde. Le flux vidéo est analysé par une intelligence artificielle en continu et, grâce à la comparaison des pixels sur les différentes images, la fumée peut être repérée et les pompiers alertés. "On ne travaille pas sur les points chauds, on travaille vraiment sur la fumée, insiste le directeur du Sdis. Dès l’instant où il y a détection, on reçoit un signal. On peut ensuite prendre la main sur la caméra de « levée de doutes »."
Ces caméras peuvent également être consultées avant même de recevoir une alerte, dans le cas où les pompiers seraient sollicités par téléphone par exemple, pour faire une vérification et éviter d’envoyer des moyens humains inutilement.
Vigilance et prévention renforcées toute l’année"Nos moyens de surveillance actuels sont relativement limités. Ce sont quelques patrouilles de l’Office national des forêts (ONF), mais quand on est à ras du sol, ce n’est pas le meilleur point de vue, souligne le colonel Lhomme. Avec ces caméras, on va s’assurer une surveillance assez complète et surtout rapide du territoire."
Ainsi, la Lozère devrait être bien armée en prévision de la saison d’hiver. "Les feux ne surviennent pas qu’en été. En hiver, ces caméras pourront, entre autres, surveiller les brûlages dirigés pour entretenir les pâturages et qu’ils sont bien dans les règles, autant dans la localisation que dans les surfaces brûlées", précise le colonel. Ce 14 août 2026, une convention financière entre l'État et le Sdis sera signée pour soutenir cette innovation technique au service de la prévention des feux de forêt, de quoi renforcer la vigilance sur le territoire tout au long de l’année.