Вход на сайт

Просмотр новости

Найдите то, что Вас интересует

"La Chine se positionne précocement dans une région dont l’importance devrait grandir au cours des décennies à venir"

Дата публикации: 30-07-2026 13:22:20

La Chine a lancé en juillet sa 16e expédition scientifique dans la région Arctique. D’une ampleur inédite, elle est scrutée par les Américains, qui craignent une expansion économique et militaire chinoise dans une zone au carrefour des ambitions géopolitiques. ...

Основное содержимое страницы с новостью.

Le 3 juillet, trois bateaux rouges et ventrus sont partis du port de Dalian, tout au nord de la façade maritime chinoise. Depuis la coursive, des scientifiques endimanchés agitaient de petits drapeaux. Le groupe, composé de 368 personnes et de trois brise-glace, qui devraient bientôt être rejoints par un navire d'exploration en eaux profondes, forme la 16e expédition arctique chinoise. C'est la plus ambitieuse jamais organisée par Pékin, après une édition 2025 qui avait déjà battu des records.

"Cette mission démontre clairement que la Chine est entrée dans une nouvelle phase d'opérations soutenues et de grande échelle dans l'Arctique. Il est important de noter que c'est la première à se dérouler dans le cadre du 15e plan quinquennal chinois (2026-2030), dont l'un des axes principaux est le renforcement des infrastructures de recherche polaire destinées à développer l'économie maritime", pointe Elizabeth Buchanan, spécialiste en géopolitique polaire à l'Institut australien de stratégie politique.

Le nouveau projet militaire secret de Pékin en mer de Chine : "Toute fonction civile n'est qu'une façade"

La Chine ne cache plus son intérêt pour le Grand Nord. Depuis 2018, elle se considère comme un Etat du "proche-Arctiqu"", une appellation qui lui sert à justifier son intérêt pour la région, même si le point le plus au nord de son territoire est à environ 1 500 km au sud du cercle polaire. Sa stratégie pour s'y faire une place a avancé très vite. Dès 2019, elle a mis à l'eau un brise-glace construit en Chine, le Xue Long 2 ("dragon des neiges"), venu assister son prédécesseur, un cargo destiné au marché soviétique et transformé en navire scientifique dans les années 90. Le pays possède désormais au moins quatre de ces navires, qui font l'objet d'une nouvelle compétition mondiale. Plus que les Etats-Unis.

Plongée sous la glace

En 2025, lors de leur 15e expédition arctique, les Chinois ont marqué les esprits en envoyant en eaux profondes, sous la glace, de petits sous-marins habités. Selon le ministère des Ressources naturelles qui patronne ces missions, cela ferait de la Chine le seul pays capable de mener des opérations de ce type avec des sous-marins scientifiques. De nouvelles plongées sont prévues cette année, qui permettront de prendre de l'avance pour une éventuelle exploitation future des fonds marins.

Officiellement, ce qui se joue lors de ces expéditions est purement scientifique. Il s'agirait d'aider l'humanité à comprendre les effets du réchauffement climatique. "Le gouvernement chinois a beaucoup répété ces dernières années que les Etats-Unis et l'Otan étaient coincés dans une 'mentalité de la guerre froide', qu'ils cherchaient à 'militariser l'Arctique' et à bloquer l'accès aux autres pays. En réponse, la Chine a mis en avant ses propres politiques de diplomatie scientifique et de compréhension du changement climatique", explique Marc Lanteigne, professeur spécialiste de la Chine à l'Université arctique de Norvège.

Le problème, c'est que la recherche est aussi une couverture commode pour bien d'autres activités. "Il existe de nombreuses indications montrant que la Chine se sert des missions de ses brise-glace et de ses stations de recherche au Svalbard [un archipel norvégien, ndlr] et en Islande pour faire de la recherche à double usage. La cartographie ou l'étude des conditions atmosphériques, par exemple, peuvent avoir des applications stratégiques et militaires", relève le chercheur.

"Espionnage étranger"

Tout récemment, la Norvège a fait retirer du bâtiment de recherche chinois au Svalbard les deux lions en pierre qui gardaient l'entrée, afin d'envoyer un message symbolique. "Il n'y a pas de station de recherche chinoise au Svalbard. Il y a une station norvégienne avec des chercheurs chinois. C'est une distinction qui fait toute la différence", a souligné le gouvernement. "Les ambitions polaires chinoises sont piégeuses. Elles servent deux types d'intérêts à la fois ceux dits 'universels' au service de l'humanité, et ceux, clairement unilatéraux, qui visent des ambitions stratégiques à long terme", détaille Elizabeth Buchanan. Dans une région soumise à une concurrence géopolitique accrue, les nouveaux venus sont scrutés avec attention, voire avec une certaine nervosité. L'été dernier, les gardes-côtes américains ont suivi de près l'expédition chinoise qui a passé beaucoup de temps au nord de l'Alaska. Leur présence a suffisamment inquiété pour qu'un projet de loi bipartisan soit déposé en juin, afin d'identifier et de contrer "l'espionnage étranger" dans le Grand Nord. Il vise spécifiquement les navires de recherche, qui devront obtenir une autorisation des Etats-Unis pour procéder à des mesures et explorations dans leurs eaux.

Cette année, "la mission chinoise se concentrera principalement sur la dorsale de Gakkel [une chaîne de montagnes sous-marines qui sépare la Russie du Groenland], relève Marc Lanteigne. C'est une région qui suscite des inquiétudes en raison des tensions entre l'Otan et la Russie." Et une zone particulièrement surveillée, puisqu'elle constitue la porte d'entrée des sous-marins nucléaires russes vers l'Atlantique. Les sous-marins scientifiques chinois ont aussi prévu d'y descendre.

Plusieurs analystes et anciens officiels américains interrogés en 2025 par le Wall Street Journal estiment que les plongées sous la glace opérées par les scientifiques chinois ont aussi pour but de rassembler des données utiles à la marine chinoise et à ses sous-marins, réputés peu discrets. "La Chine n'opère pas la plus large flotte au monde de navires de recherches océanographiques parce qu'elle veut sauver les baleines. Elle a compris que la connaissance de l'océan et du climat est un critère de réussite essentiel aux opérations navales, en particulier dans la lutte contre les sous-marins", expliquait Hunter Stires, ancien conseiller du secrétaire d'Etat américain à la Marine, au journal américain.

"La Chine ne peut pas échapper à la géographie"

Cette méfiance américaine est alimentée par quelques missions menées conjointement par les armées chinoise et russe dans la région du détroit de Béring, entre la Sibérie orientale et l'Alaska. En 2024, des avions militaires des deux pays, incluant des bombardiers chinois, ont volé dans la zone pour la première fois. La présence au même endroit de bateaux de plus en plus militarisés des gardes-côtes chinois exaspère aussi Washington. Mû par ces craintes, comme par ses ambitions sur le Groenland, Donald Trump fait pression sur ses alliés de l'Otan pour qu'ils musclent leurs forces dans le Grand Nord. "Le président [américain] a totalement raison sur cette question. Il existe un risque immense que la Russie et la Chine accroissent leur présence dans l'Arctique", a affirmé le secrétaire général de l'Alliance, Mark Rutte, à l'issue du sommet de l'organisation à Ankara, le 8 juillet. En 2025, c'est Alexus Grynkewich, le commandant suprême des forces alliées en Europe, qui déclarait que "les Chinois deviennent de plus en plus agressifs" dans la région.

"Certains décideurs ont tendance à la fois à exagérer la présence militaire de la Chine dans l'Arctique et à conclure que la Chine et la Russie représentent des menaces équivalentes et quasi identiques pour la région. Ces deux affirmations sont discutables, explique Marc Lanteigne. La Chine ne peut pas échapper à la géographie, elle reste dépendante de la Russie et des autres Etats arctiques pour accéder à la région. Militairement, sa portée dans le Grand Nord reste limitée, et toutes les opérations chinoises qui ont pu y avoir lieu se sont toujours faites en coopération avec la Russie."

A chaque déclaration occidentale s'inquiétant de la présence chinoise à proximité du pôle, Pékin s'indigne. "Les droits et la liberté de tous les pays à mener des activités légales en Arctique devraient être pleinement respectés. La Chine s'oppose à ce narratif répété de 'menace chinoise', et aux tentatives de créer des tensions et des confrontations dans la région", a répété le porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois courant juillet.

L'Arctique sous tension : des bombardiers stratégiques russes interceptés par des avions étrangersHydrocarbures sibériens

Dans l'Arctique, Pékin poursuit aussi d'autres buts plus pragmatiques. Depuis 2018, le Parti communiste chinois cherche à développer une "Route de la soie polaire", le pendant arctique de ses grands projets des "Nouvelles Routes de la soie". Les résultats sont pour l'instant modestes. Ils se cantonnent essentiellement à un usage limité de la route du Nord-Est, promue par son allié russe et qui connecte l'Europe à l'Asie de l'Est par les côtes sibériennes. En 2025, deux petites compagnies chinoises (Sea Legend et New New Shipping) ont réalisé quatorze voyages de porte-conteneurs sur cette route, soit à peine un dixième du trafic quotidien dans le canal de Suez. Malgré la promesse de relier les côtes chinoises à l'Europe en dix-huit à vingt jours, soit moitié moins de temps que par Suez, les grandes compagnies maritimes internationales ne s'y risquent pas. Même le géant chinois Cosco préfère ne pas s'aventurer sur ce trajet complexe tenu par l'Etat russe et dépendant des brise-glace de Rosatom, une entreprise sous sanctions internationales.

La route secrète des pétroliers iraniens pour acheminer du pétrole vers la Chine

"La Chine se positionne précocement dans une région dont l'importance devrait grandir au cours des décennies à venir. Les facteurs économiques sont probablement au cœur de l'intérêt de Pékin pour l'Arctique, que l'on parle de routes polaires ou de ressources naturelles", estime Elizabeth Buchanan. Une étude publiée en septembre dernier par l'université de Pékin prévoit ainsi qu'avec la fonte des glaces, l'Arctique pourra être traversé toute l'année et par tous les grands types de navires d'ici 2100.

L'intérêt économique de la Chine pour le Grand Nord pourrait aussi porter ses fruits à très court terme. Avec le blocage du détroit d'Ormuz, l'arrivée d'hydrocarbures sibériens par la route du Nord-Est devient bien plus intéressante, d'autant que la Russie, contrainte par les sanctions européennes, se cherche de nouveaux acheteurs. Les Chinois viennent de construire un nouveau terminal de gaz naturel liquéfié dans la province de Shandong. Il est destiné à réceptionner des cargaisons en provenance d'"Arctic LNG 2", un site d'extraction russe sanctionné par les Occidentaux. Un autre terminal déjà opérationnel à Beihai, un peu plus au sud, a déjà reçu plus de 40 livraisons depuis l'année dernière, soit un peu moins de 4 % des importations annuelles nationales. Un chiffre encore modeste, mais qui témoigne d'un appétit chinois grandissant.

Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.

Схожие новости

#Наименование новостиТональностьИнформативностьДата публикации
1В США заявили, что обеспокоены растущими возможностями Китая и России в Арктике0008-02-2019
2Адмирал США: Китай в перспективе будет иметь военное присутствие в Арктике, как и Россия0028-11-2018
3Pechino punta sulla “Via della Seta del ghiaccio”: l’Artico è la nuova scorciatoia tra Asia ed Europa07.6110-08-2026
4Пекин призвал не раздувать миф о китайской угрозе в Арктике0510-07-2026
5СМИ: США наращивают опасную военную активность вблизи материкового Китая0029-12-2021
6В США заявили, что меняют свои планы в Арктике для противостояния влиянию России и Китая0005-03-2019
7В США заявили об обеспокоенности поведением ВС Китая в Индо-Тихоокеанском регионе0008-11-2021
8В США считают угрозой развитие Китаем космических технологий0003-04-2025
9В США обеспокоены темпами наращивания Китаем военного потенциала0007-12-2021
10Étudier la Chine, un défi croissant pour les scientifiques suisses06.0628-06-2026

Классификация: Арктика. Схожих патентов: 0. Схожих новостей: 10. Тональность: 0. Информативность: 6.8. Источник: www.lalibrebelgique.com.