Après que la mairie d’extrême droite d’Elne a supprimé une subvention participant à la tenue des Mercats de la Terra en avril dernier, l’association organisatrice Slow Food Pays Catalan a pris ses quartiers dans...
Après que la mairie d’extrême droite d’Elne a supprimé une subvention participant à la tenue des Mercats de la Terra en avril dernier, l’association organisatrice Slow Food Pays Catalan a pris ses quartiers dans d’autres communes. Après avoir été accueilli à Banyuls-sur-Mer, ce dimanche 9 août au soir, ce marché tourné vers l’agroécologie était à Argelès-sur-Mer. Et pourrait continuer de faire des petits dans le département.
Le temps du renouveau est arrivé pour les Mercats de la Terra. Après qu’en avril dernier la mairie d’extrême droite d’Elne n’a plus souhaité continuer à collaborer avec l’association organisatrice Slow Food Pays Catalan en supprimant une subvention et en coupant court à des projets, des communes du département se sont fait connaître pour devenir les nouveaux ports d’attache de ce rendez-vous des producteurs. Un marché qui se veut "écologique, gourmet et pédagogique, où les producteurs présentent leurs produits nutritifs issus d’une démarche agroécologique et payés au juste prix de leur travail". Où concrètement, "ils revendiquent quelque chose qui n’existe pas dans les politiques alimentaires de l’Europe". Autant ovni que vitrine du bien-manger, "c’est vrai, et ça en est triste, mais le concept n’est pas promu ailleurs, c’est donc un idéal à atteindre" plaide Claire Mauquié, coordinatrice de la communauté Slow Food Pays Catalan, "ça a pourtant eu l’air attractif pour certains".
Les échanges avec les producteurs font la force du Mercat de la Terra.
L'Indépendant - La.Ca.
Sitôt le coup de tonnerre provoqué en terre illibérienne, élus et maires du Boulou, de Céret, de Prades, de Cabestany et de Toulouges ont notamment tourné leur attention vers le Mercat de la Terra. Cet été, une première étape s’est faite à Banyuls-sur-Mer, et une deuxième de pair avec l’association des commerçants d’Argelès-sur-Mer ce dimanche 9 août en nocturne. "Un lien s’est tissé grâce à l’association des commerçants puis, notre élu Sebastian Mira, lui-même permaculteur, a confirmé l’intérêt de la ville", justifie la maire Julie Sanz. "C’est en cohérence avec la sortie de terre en 2027 de notre cuisine centrale et nos circuits courts."
Mais, "le Mercat de la Terra ne va pas tout seul. Nous aimerions que les communes désireuses de travailler avec nous enclenchent une démarche encore plus citoyenne avec des missions en parallèle pour que le consommateur devienne toujours plus acteur", souligne Claire Mauquié, désormais orpheline avec Slow Food Pays Catalan de tous les projets de transition alimentaire et écologique mis en place à Elne depuis 2020.
Causerie, repas, exposants… l’offre est riche au Mercat de la Terra.
L'Indépendant - La.Ca.
Qu’à terme les marchés soient financièrement autonomes
Dans son idéal, malgré un soutien de 2 000 € cet été de la Région Occitanie et un cofinancement dans les villes hôtes (le budget d’un Mercat de la Terra étant de 1 200 €), "il faut réfléchir à un modèle économique pour qu’à terme les marchés soient autonomes financièrement. Et que Slow Food Pays Catalan n’y amène qu’un gage d’éthique et donne un coup de pouce sur la communication".
D’ici là, les Mercats de la Terra peuvent compter sur Marjorie, apicultrice et arboricultrice d’Honeymond à Perpignan fière d’être "associée à des gens qui s’inquiètent de ce que l’on mange et de celles et ceux dont c’est le métier". Karine de la Ferme des Trabucayres à Maureillas est reconnaissante envers Slow Food Pays Catalan qui "œuvre à la reconnaissance de races en voie de disparition comme la vache de l’Albera". Quand Nicolas de l’association de troc de semences basée à Elne, Ramène ta graine, avoue que "la graine n’est qu’un prétexte pour être ici. Le partage des échecs et des réussites autour de la terre est le point de convergence".