Après une semaine de records, les marchés entament lundi dans le calme, entre pétrole sous tension et espoirs de détente sur les taux américains. ...
Les Bourses européennes ont commencé la semaine sans direction claire, partagées entre les bons résultats trimestriels des entreprises publiées la semaine dernière et l'absence d'un accord de paix pour la réouverture du détroit d'Ormuz qui permettrait la baisse du pétrole.
Après quelques minutes d'échanges, Londres (-0,16 %), Paris (-0,01 %) et Milan (-0,05 %) misaient sur un attentisme prudent. Francfort était en très légère hausse (+ 0,06 %), emmenée par le spécialiste des semi-conducteurs Infineon (+ 2,63 %).
Du côté de Bruxelles, la tendance est assez similaire à ses voisins européens avec une très légère hausse de 0,03 %, à 5 779,29 points.
Pétrole fébrile, les yeux sur l'IranVers 06H30 GMT, le cours du baril de WTI nord-américain cédait 0,22 % à 78,01 dollars. Celui du baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, était stable à 83,50 dollars.
Tous deux ont effacé leurs gains en fin d'échanges asiatiques après avoir grimpé une grande partie de la séance. Le détroit d'Ormuz restera verrouillé tant que Washington n'acceptera pas "toutes" les conditions posées par Téhéran, ont insisté dimanche les Gardiens de la Révolution, éloignant l'espoir d'un règlement rapide du conflit. Ce passage stratégique, par où transitait avant la guerre un cinquième du brut mondial, reste verrouillé par l'Iran depuis la reprise des hostilités entre les deux pays en juillet.
L'incertitude autour du détroit d'Ormuz fait grimper les prix du pétrole"Des informations circulaient la semaine dernière quant à un accord imminent entre les États-Unis et l'Iran sur la navigation dans le détroit d'Ormuz, mais aucun accord n'a été conclu : des divergences importantes subsistent entre les positions des deux parties, ce qui focalisera l'attention cette semaine", notent les experts de Monex Securities. "Tant que nous ne verrons pas les flux réels se normaliser" à travers le détroit, "je pense que le risque géopolitique soutiendra les cours du brut", abonde Haris Khurshid, de Karobaar Capital LP, cité par Bloomberg.
guillementLes mauvaises nouvelles ont été perçues comme de bonnes nouvelles".
Les places boursières asiatiques ont progressé dans le sillage de Wall Street, après la publication de chiffres de l'emploi moins bons qu'attendu aux États-Unis… qui éloignent la perspective d'un resserrement monétaire de la Réserve fédérale (Fed).
À Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en hausse de 2,07 % à 66.970,22 points, et l'indice élargi Topix de 0,63 % à 4.100,61 points. À Séoul, l'indice phare Kospi a terminé en progression de 0,65 %, la Bourse de Taipei a pris 1,59 %. Seul Sydney (-0,33 %) a évolué à contre-courant. Et vers 06H30 GMT, l'indice hongkongais Hang Seng gagnait 0,73 %.
Revue boursière : une constellation de nouveaux records"Aux États-Unis, des chiffres de l'emploi décevants ont tempéré les anticipations d'une hausse des taux d'intérêt, favorisant ainsi la progression des indices (de Wall Street)", rappelle Monex Securities.
D'une part, "le taux de chômage s'est révélé inférieur aux prévisions, suggérant que ce recul de l'emploi ne présage pas nécessairement une récession, ce facteur a probablement contribué à la réaction positive des marchés", ajoute le courtier. Mais surtout, "les mauvaises nouvelles ont été perçues comme de bonnes nouvelles. Les créations d'emplois ont affiché un solde négatif de 23.000 en juillet", davantage qu'attendu, mais cela a permis d'abaisser les chances d'un relèvement des taux de la Fed, insiste Stephen Innes, de SPI Asset Management.
Pour autant, quelques ombres persistent au tableau. Notamment les cours de l'énergie qui remontent, à mesure que l'impasse persiste au Moyen-Orient. "Pour l'heure, les Bourses semblent prêtes à considérer la hausse du brut comme une taxe géopolitique gérable, surtout après le net recul des cours la semaine précédente. Cependant, une nouvelle hausse significative finirait par peser sur les anticipations d'inflation et sur les rendements à long terme", prévient M. Innes.
Et les investisseurs surveilleront mercredi la publication de l'indice des prix à la consommation (CPI) aux États-Unis, car "la marge de manœuvre de la Fed ne perdurera que si l'inflation évolue dans le sens souhaité" en ne montant pas excessivement, note l'analyste.
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