Le Ministère se penche sur les revendications du groupe cybermalveillant ZeroBytes, qui assure avoir dérobé des données d'élèves. Un incident de sécurité déclaré fin juillet semble être la source de la fuite de données.
Le Ministère se penche sur les revendications du groupe cybermalveillant ZeroBytes, qui assure avoir dérobé des données d'élèves. Un incident de sécurité déclaré fin juillet semble être la source de la fuite de données.
Après la DGFiP, c'est au tour de l’éducation nationale de faire les frais du groupe ZeroBytes. Celui-ci a revendiqué hier soir le vol de 43 Go de données sur les services du ministère.
Des données exfiltrées, reste à savoir lesquellesSelon le site spécialisé FrenchBreaches, les données détenues par les attaquants contiendraient notamment des élèves et des enseignants, notamment des données personnelles telles que nom, prénom, adresses, mais aussi des données scolaires et des données administratives. Un échantillon des données volées consulté par le Monde contiendrait des données appartenant visiblement à des élèves, mais que le journal n'est pas parvenu à toutes les authentifier.
Le ministère assure de son côté se pencher sur ces revendications et poursuivre "ses expertises techniques afin d'établir la nature exacte et l'étendue des données exfiltrées." Une première intrusion concernant les données des agents avait été signalée à la fin du mois de juillet.
La question est donc maintenant de savoir si les données d'élèves sont bien affectées par cette fuite de données, et non uniquement celles des personnels de l’éducation nationale. Si la fuite de ces données est confirmée, l’éducation nationale préviendra individuellement les personnes concernées ou, dans le cas des élèves, leurs représentants légaux.
En lien avec l'attaque de fin juilletL'administration avait communiqué fin juillet sur une première intrusion dans ses systèmes. Elle expliquait alors que la fuite de données concernait "'un nombre important de ses agents" sans préciser le nombre exact de personnes concernées. Et elle assurait alors que le système concerné par l'attaque informatique ne contenait "ni données bancaires, ni mots de passe, ni données relatives aux élèves."
L'intrusion avait permis à des tiers d'accéder à des données remontant jusqu'à 2001 et concernait alors des informations professionnelles et des données personnelles relatives aux employés du ministère. L'intrusion avait alors été datée de la nuit du 25 juillet, rendue possible par "l'usurpation d'un compte professionnel". L'accès frauduleux avait été identifié et bloqué dès le 26 juillet.
L'administration précise avoir déposé plainte et travailler maintenant en contact avec la CNIL et l'Anssi à un plan de renforcement de la sécurité des systèmes d'information.
Deux attaques, un même nomLe groupe ZeroBytes est déjà dans le collimateur des autorités après avoir revendiqué la semaine dernière le piratage de données sur un peu plus de 670 000 contribuables français détenues par la DGFIP. La DGFIP a d'ailleurs commencé depuis hier à alerter les personnes concernées par cette première fuite de données en leur envoyant un mail.
Fait notable, le service des impôts a publié sur les réseaux sociaux une copie de ce mail afin de permettre aux internautes de se protéger contre d'éventuelles tentatives de phishing qui chercheraient à usurper l'identité de l'administration pour voler des données personnelles.
Ce premier piratage avait déjà conduit à une forte réaction politique : le premier ministre Sébastien Lecornu a présidé hier une cellule interministérielle de crise visant à faire le point sur la communication autour de cet incident et sur les mesures de sécurisation des administrations mises en œuvre par le gouvernement en début d'année. Les réactions sont aussi particulièrement vives du côté de l'opposition : les sénateurs socialiste ont ainsi demandé la mise en place d'une commission d'enquête parlementaire sur la question de la cybersécurité de l’État.