L’appellation prestigieuse du Bordelais connue pour ses rouges adapte ses pratiques au marché. Une présentation de cuvées surprenantes, en blanc, est organisée sur fond de musique jazz le 22 août à la
L’appellation prestigieuse du Bordelais connue pour ses rouges adapte ses pratiques au marché. Une présentation de cuvées surprenantes, en blanc, est organisée sur fond de musique jazz le 22 août à la pointe du Médoc
À Soulac, village balnéaire tout au nord du Médoc, le public est invité à participer à une « combinaison de sens ». L’organisateur de la quatrième édition de Soulac’n jazz a programmé une dégustation originale en musique, pour le nez et la bouche, en faisant découvrir des cuvées médocaines de vin blanc. S’ensuivra un concert du Mathias Lévy Quintet. Rendez-vous ce 22 août de 18 heures à 22 h 30 (1) pour se livrer à cette expérience sensorielle.
« En organisant une Rencontre jazz et vins dans le festival, je fais la promotion des vins du Médoc, de sa production locale », explique Philippe Catherine le créateur de l’événement et également grand amateur de vin. Ce Normand d’origine a fait sa carrière dans l’électronique et l’informatique. Avec son épouse, il est tombé amoureux de Soulac et du Médoc et a choisi de s’y installer en 2019. « Cette année, j’ai ciblé les blancs du Médoc, j’en bois depuis toujours. »
Philippe Catherine fondateur de Soulac’n Jazz a mis les blancs du Médoc au programme du festival qui se déroule à la pointe du Médoc du 20 au 23 août.
S.D./SO
Un retour aux sourcesPour se diversifier dans le cadre d’un marché en crise, l’appellation Médoc a modifié son cahier des charges pour produire du vin blanc. L’année 2025 est le premier millésime de ce « Médoc blanc » présenté lors de la campagne 2026 des primeurs. Une innovation qui est en réalité un retour aux sources : la production des vins blancs s’est développée jusqu’à atteindre plus de 16 000 hectolitres en 1929, rappelle le cahier des charges de l’appellation. Puis cette production a laissé la place aux vins rouges plus réputés ; les volumes de vins blancs ont inéluctablement baissé jusqu’à atteindre 1 800 hectolitres en 1969.
« C’est une façon pour le Médoc de trouver de nouvelles pistes »
Mais les goûts évoluent, et la consommation de bordeaux rouge est aujourd’hui à la peine ainsi qu’en témoignent plus de 13 000 hectares de vignes arrachées dernièrement en Gironde. « C’est une façon pour le Médoc de trouver de nouvelles pistes », commente Philippe Catherine.
À Soulac’n jazz, la dégustation s’apparentera à la découverte d’une ancienne partition remise aux goûts du jour. Et celle-ci devrait être bien harmonieuse, marquée par des arômes d’agrumes alliés à un boisé discret et procurant une belle longueur en bouche. Le tout avec un potentiel d’évolution. Des blancs raffinés qui n’épuisent pas le palais et engendrent une bonne surprise en bouche… tout en perturbant les repères des amateurs de bordeaux blanc.
Une chanson par cuvéeLa cuvée alouette de Château Labadie, à Bégadan, propose un assemblage de sauvignon gris et blanc, de sémillon et de Muscadelle. Celle du Château Doyac, cru bourgeois du Haut-Médoc, certifié en bio et biodynamie se nomme Le Pélican. Le premier millésime de ce 100 % sauvignon est sorti en 2019. Ces deux vins sont commercialisés dorénavant en « Médoc blanc ». Une chanson accompagnera leur dégustation sensorielle à Soulac en présence des viticulteurs.
La rencontre sera animée par le journaliste de jazz Alex Duthil. Et pour agrémenter le tout, un blanc de noir (Château Castera) sera aussi présenté. Il ne peut cependant pas prétendre à l’appellation Médoc blanc car il est fabriqué avec du cabernet sauvignon… un raisin rouge.
(1) Jazz et vins à la salle socioculturelle (gratuit) 7 rue du Maréchal d’Ornano ; concert à la salle Notre-Dame de 21 heures à 22 h 30 (25 euros). Tél. 06 74 79 61 43.