Dans un village du Calvados, le projet de retenue d'eau agricole de Samuel Courvallet, agriculteur et maire, suscite la controverse. Débuté cet été, le bassin de 40 000 m³ vise à contrer la sécheresse. Cependant, cinq...
l'essentiel Dans un village du Calvados, le projet de retenue d'eau agricole de Samuel Courvallet, agriculteur et maire, suscite la controverse. Débuté cet été, le bassin de 40 000 m³ vise à contrer la sécheresse. Cependant, cinq associations dénoncent l'absence d'autorisations environnementales, rapporte "Reporterre".
Dans un petit village du Calvados, le chantier d’une importante retenue d’eau agricole suscite la colère de plusieurs associations environnementales. À l’origine du projet : Samuel Courvallet, agriculteur et maire sans étiquette de la commune de Pierrefitte-en-Cinglais.
Sur son exploitation de 70 hectares, où poussent plusieurs milliers de pommiers, l’agriculteur fait aménager depuis le début de l’été un bassin de plus de dix mètres de profondeur, capable de stocker jusqu’à 40 000 m³ d’eau, dévoile Reporterre. Un ouvrage inédit par sa taille dans la région, dont le coût se chiffre en centaines de milliers d’euros et qui bénéficie d’un financement public représentant plus de la moitié de la facture.
"Personne n'était au courant"L’objectif affiché est de disposer d’une réserve pour faire face aux épisodes de sécheresse et préserver les vergers. "Toutes les eaux de la colline arrivent ici, et l'idée c'est de les récupérer, pour pouvoir irriguer mes cultures de pommiers durant l'été, lors des périodes les plus sèches", expliquait auprès d'Ici Normandie le producteur de 54 ans. La commune a d’ailleurs été placée en situation de crise sécheresse à la mi-août.
Malgré sa lutte contre la canicule, le chantier est loin de faire l’unanimité. Cinq associations ont saisi début août le préfet, le procureur, l’Office français de la biodiversité et les services départementaux. Elles estiment que le projet nécessiterait notamment "une autorisation environnementale globale et un permis d’aménager", dont l’exploitant ne disposerait pas, selon leur courrier cité par Le Canard enchaîné.
"Personne n’était au courant", témoigne auprès de Reporterre une maraîchère d’une commune voisine, qui conteste notamment la nécessité d’irriguer des pommiers dans cette région.