Ce mercredi, les syndicats de France Télévisions appellent à la grève de 14 heures à 23h59. Ils fustigent une nouvelle baisse de 47 millions euros de budget, qui s’ajoute aux précédentes, poussant l’entreprise à une cure d’austérité.
Ce mercredi, les syndicats de France Télévisions appellent à la grève de 14 heures à 23h59. Ils fustigent une nouvelle baisse de 47 millions euros de budget, qui s’ajoute aux précédentes, poussant l’entreprise à une cure d’austérité.
Par Etienne Labrunie
Publié le 23 septembre 2026 à 06h55
Mis à jour le 23 septembre 2026 à 09h34
Les antennes de France Télévisions pourraient être perturbées ce mercredi 23 septembre entre 14 heures et 23h59. À l’appel des quatre syndicats représentatifs (SNJ, CGT, CFDT et FO) de la maison, les salariés sont en effet appelés à la grève pour dénoncer « la casse budgétaire » subie par le groupe. « Les annonces budgétaires du gouvernement pour 2027 sont catastrophiques et pourraient amener France Télévisions à engager 90 millions d’euros d’économies supplémentaires l’année prochaine, en plus des 150 millions d’euros de 2026 », précisent les syndicats dans leur préavis de grève.
En cause, la dotation allouée à l’audiovisuel public dans le futur budget du gouvernement pour 2027. Si elle n’a pas encore été officiellement dévoilée, la présidente du groupe, Delphine Ernotte, a évoqué dans un entretien au Monde une baisse de 47 millions d’euros en 2027, assurant que le budget de France Télé serait ainsi amputé de 90 millions en y ajoutant le recul de la publicité et l’absence de nouvelles cessions immobilières.
Une bien mauvaise nouvelle dans une période déjà compliquée, puisque le groupe est soumis à une cure d’austérité inédite, obligeant la direction à des coupes drastiques dans tous les domaines. Réduction des financements dans la fiction ou le cinéma, renégociation des contrats pour une quarantaine de programmes, suppressions d’émissions ou cessation des trois quarts des droits du tournoi des Six Nations de rugby à TF1… « Nous allons continuer à renégocier les coûts des programmes et les droits sportifs. Certaines compétitions ne seront peut-être pas renouvelées, comme la Coupe de France de football par exemple », a expliqué Delphine Ernotte au Monde.
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Reste à trouver d’autres sources d’économies, alors que l’entreprise est « déjà à l’os », comme le martèle la patronne de France Télévisions depuis plusieurs mois. Où les réaliser ? Dans l’organisation du travail ? La crainte d’un plan social se fait de plus entendre dans les locaux du groupe public. « Ces perspectives nourrissent l’inquiétude des personnels, à qui on demande par anticipation de revoir leur organisation de travail, le mode de fabrication de certaines émissions, ou de multiplier davantage la mutualisation des programmes et des journaux TV, indiquent les syndicats dans leur communiqué. Cette situation nous conduit vers de nouvelles suppressions de postes, une précarisation accrue de l’emploi et un affaiblissement durable du service public audiovisuel. »
La direction rappelle pourtant qu’elle n’envisage pas de nouvelles suppressions de postes. « Nous avons déjà baissé les effectifs de 1 300 salariés et j’ai annoncé qu’en 2026, 2027 et 2028, nous ne remplacerons pas un départ sur deux », a précisé Delphine Ernotte. Dans ce contexte tendu, l’intersyndicale de France Télévisions a décidé de suspendre en septembre les négociations sur le prochain accord collectif, qui fixe les règles du fonctionnement de travail dans l’entreprise. Des négociations qui « reprendront bientôt », selon la présidente de France Télé.
On sent une sorte de fatalisme, plein de gens sont désabusés et nous peinons à mobiliser.
En attendant, les représentants du personnel affichent plusieurs revendications à l’occasion de ce mouvement de grève. « Le renoncement immédiat et sans condition à tout plan de suppression de postes » ; « le financement pluriannuel et un engagement ferme sur le budget 2027 à la hauteur des ambitions et des missions dévolues au service public audiovisuel » ; « un engagement sur la pérennité des sites régionaux et le maintien de l’ensemble des activités de fabrication » ou « un renforcement des effectifs dédiés à l’information, notamment pour les équipes de reportage ».
Reste à connaître l’ampleur de la mobilisation. Les dernières grèves (et celle de juin 2026 notamment) avaient été peu suivies. Les syndicats eux-mêmes ne s’attendent pas à une forte mobilisation des personnels, marqués par les nombreuses attaques contre l’audiovisuel public menées cette année par l’extrême droite : « On sent une sorte de fatalisme, plein de gens sont désabusés et nous peinons à mobiliser », confie un syndicaliste de France Télévisions. Un rassemblement est prévu, avec d’autres acteurs du monde culturel, ce mercredi à 17 heures, devant le ministère de la Culture. L’examen du budget du groupe public débutera, lui, le 13 octobre sur les bancs de l’Assemblée nationale.
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