Sur TF1 et France 2 à partir de 20 heures, le président veut défendre son action au niveau international et montrer la corrélation avec le quotidien des Français. L’occasion pour lui de rester dans le jeu tout en se posant en « garant » de la présidentielle.
Emmanuel Macron lors d’un déplacement à Saint-Pierre-et-Miquelon, le 19 septembre 2026. LUDOVIC MARIN/AFP
La flambée des prix à la pompe et l’état de la menace russe devraient occuper l’essentiel de l’interview d’Emmanuel Macron ce jeudi 24 septembre à 20 heures sur TF1 et France 2. L’occasion pour le chef de l’Etat de rester dans le jeu tout en se posant en « garant » de la présidentielle.
A sept mois de son départ de l’Elysée, Emmanuel Macron s’affiche essentiellement sur le plan international mais veut montrer ce jeudi, en répondant durant 30 à 40 minutes aux questions de Gilles Bouleau (TF1) et Caroline Roux (France Télévisions), que son action reste corrélée au quotidien des Français.
• Dans un contexte de crises, « montrer qu’il se bat »Un exercice simultané sur les deux grandes chaînes qu’il n’avait pas pratiqué depuis juin 2024. C’était trois jours avant une dissolution de l’Assemblée nationale qui a provoqué son effacement précoce de la scène nationale, où il ne dispose plus d’autant de leviers pour peser faute de majorité au Palais-Bourbon, sans compter une popularité en berne.
Le contexte de crises lui ouvre cependant une nouvelle fenêtre, dans laquelle il s’est engouffré la semaine dernière en conviant à l’Elysée les chefs de parti et certains candidats à la présidentielle. Un rendez-vous au terme duquel il a dressé un tableau sombre de l’état du monde, entre les guerres au Proche et Moyen-Orient ou les attaques « hybrides » de la Russie en Europe. Certains des participants en sont sortis saisis de « vertige », d’autres ont au contraire dénoncé « une opération de communication » voire, dixit le maire d’extrême droite de Nice Eric Ciotti, une diversion pour « masquer le déclin français ».
« J’espère que ce soir, il va expliquer ce qu’il nous a dit lors de la réunion : que cette crise, compte tenu de l’antagonisme entre les Etats-Unis et l’Iran, des effets sur la production, le raffinage et la distribution de l’essence, elle va durer », a déclaré ce jeudi sur RTL Edouard Philippe, qui fut son Premier ministre entre 2017 et 2020.
« Le retour à la normale ne devrait pas intervenir avant l’élection présidentielle », souligne l’entourage du président, pour qui il s’agira de « montrer à quel point la France agit ». Même discours sur l’autre front, social et économique, en raison de la flambée des prix du carburant. « Son objectif est double, dit un proche au « Parisien ». D’abord, faire de la pédagogie, donner les raisons de cette flambée des prix. Puis prouver qu’il existe des marges de manœuvre pour les réduire. Il veut montrer qu’il se bat, casser le sentiment d’impuissance et donner de l’espoir. »
• Face au prix du carburant, défendre son « action diplomatique »Le front des carburants, qui fait bouillir la colère sociale, est le plus visible pour les Français qui voient leur pouvoir d’achat se rétrécir à mesure de l’augmentation du prix du gazole – en moyenne mercredi, 2,40 euros par litre en France, selon une analyse de l’Agence France-Presse des données publiques – ou de l’essence SP98 (2,26 euros) et SP95-E10 (2,16 euros).
Malgré de nouvelles aides dévoilées mardi soir, le gouvernement, sans marge budgétaire, paraît démuni : 70 % des Français les jugent insuffisantes, selon un sondage Elabe pour BFM-TV mercredi. Et près de 8 sur 10 anticipent la poursuite de la hausse des prix des carburants. Dans ce contexte, si le président « a demandé au gouvernement de soutenir les gens qui travaillent », il voudra démontrer ce jeudi que « le plus efficace reste l’action diplomatique à long terme ».
Emmanuel Macron a en effet enchaîné les rencontres ces dernières semaines, avec le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane, le Premier ministre irakien Ali al-Zaïdi, le roi Abdallah de Jordanie ou encore le Premier ministre canadien Mark Carney, pour tenter d’ouvrir de nouveaux débouchés et sécuriser les approvisionnements en pétrole, perturbés par les tensions extrêmes dans les détroits stratégiques d’Ormuz et de Bab al-Mandeb.
A New York lundi, à l’occasion l’assemblée générale des Nations unies, il a aussi présenté des initiatives à Donald Trump, dont celle d’une « trêve énergétique » dans le conflit en Ukraine. « Toute son action diplomatique consiste à essayer de changer la vie au quotidien », insiste son entourage.
• Face à la menace russe, s’afficher en « garant » de la présidentielleL’autre grand volet de l’interview devrait être consacré à « rappeler l’état de la menace russe et dire ce qui est fait pour la contrer ». En guise d’illustration, le président devrait revenir sur un événement qu’il juge révélateur mais sous-évalué dans l’opinion : la présence de drones explosifs à l’aéroport allemand de Leipzig qui, s’ils avaient explosé comme prévu contre des avions ukrainiens, auraient probablement provoqué des pertes humaines. Une attaque ratée attribuée à Moscou.
Le 18 septembre, le chef de l’Etat avait déjà assuré devant la presse que les attaques hybrides russes ne resteraient « pas sans réponse ». « Nous ne sommes pas intimidés », avait-il martelé, appelant toutefois à protéger davantage les infrastructures critiques et sites sensibles du pays « contre les attaques de drones et les attaques cyber ».
Une manière pour lui de se positionner aussi dans la campagne présidentielle, en tant que « garant » d’un scrutin sur lequel pèsent des risques d’ingérences étrangères. Mais « sans jamais polluer » l’élection, promet son entourage, alors que le président se garde bien d’endosser un quelconque successeur.
Par Service Actu (avec AFP)