Les membres de la communauté des gens du voyage sont furieux : ils disent être régulièrement empêchés de quitter l’aire de stationnement de Cap de Pla sous le pont de Montredon-des-Corbières. L’entreprise délégataire...
Les membres de la communauté des gens du voyage sont furieux : ils disent être régulièrement empêchés de quitter l’aire de stationnement de Cap de Pla sous le pont de Montredon-des-Corbières. L’entreprise délégataire et le Grand Narbonne se défendent.
Ce père de famille de la communauté des gens du voyage est dépité et en colère. Installé sur l’aire de Cap de Pla en contrebas du pont de Montredon-des-Corbières, il s’est retrouvé dans l’impossibilité de prendre la route. "Je devais partir à 8 h ce vendredi matin pour Montluçon et j’ai prévenu l’entreprise qui s’occupe de l’aire il y a une semaine. J’ai près de 500 km à faire, mais je ne peux pas partir car la barrière est fermée. Un employé devrait se trouver sur place, mais ce matin il n’y avait personne : ils viennent quand ils veulent nous ouvrir la barrière".
Un père de famille voulait quitter l’aire vendredi matin, mais la barrière était fermée.
Independant F.P.
On se sent prisonniers comme dans un camp
Selon les membres de la communauté, "le problème dure depuis des années et on se sent prisonniers comme dans un camp ! Quand on se plaint, on nous menace de nous supprimer les emplacements. Pourtant, on accueille toujours très bien les employés qui interviennent sur l’aire. On essaye même de les aider quand ils ont trop de boulot. On veut juste se défendre et être un peu entendus !".
Après de nombreux appels, un employé de l’entreprise délégataire est finalement venu de Perpignan pour ouvrir la barrière. Non sans mal, puisqu’à 13 h 20 celle-ci n’était toujours pas ouverte… Il a fallu attendre plus tard dans l’après-midi pour que la caravane du père de famille puisse enfin prendre la route. "Imaginez si j’avais dû partir dans l’urgence pour quelque chose de grave ou un décès dans la famille ! C’est tout le temps comme ça !", s’agace-t-il.
La crainte d’être piégé en cas d’incendieLes usagers témoignent de leur désarroi, et de leur frayeur aussi lorsqu’un incendie s’est déclaré à proximité de l’aire cet été. "Quand le feu a pris au mois d’août à côté de la station-service juste en face, on a appelé et personne n’est venu ouvrir la barrière. Heureusement que l’incendie a été vite arrêté, car les flammes se dirigeaient vers nous. Mais comment fera-t-on si une caravane prend feu ? Les autres ne pourront pas sortir ?".
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Les gens du voyage pointent aussi un manque de propreté. Selon eux, "des personnes de l’extérieur viennent déposer des déchets la nuit et le vent en ramène d’autres. Depuis des années on demande l’installation d’un conteneur à l’entrée de l’aire pour déposer nos encombrants". Les usagers assurent également que "l’aire ne dispose d’aucune borne incendie : si un feu se déclare, on devra se débrouiller avec nos tuyaux. Et si la barrière est fermée, les pompiers ne pourront pas entrer". Pourtant, "nous sommes des Français itinérants et on ne refuse pas de payer l’eau, l’électricité et les poubelles".
Quant à ceux qui demandent pourquoi ne pas s’installer sur la nouvelle aire de grand passage située un peu plus loin ? "Il n’y a ni douche, ni toilettes, ni sanitaire, et le terrain est totalement en terre battue", argumentent les usagers.
Du côté de l’entreprise Vago, délégataire de service, on soutient que "le départ de ce vendredi matin n’a pas été signalé au moins 48 h à l’avance (ce que dément l’usager, NDLR)", explique Estelle Monier, responsable d’exploitation. De plus, "l’employé chargé de l’aire a eu une panne de véhicule et n’a pas pu être présent ce matin". Elle soutient également que "la borne incendie est bien présente à l’entrée de l’aire, mais elle est enterrée. Cette borne est aux normes et validée par les pompiers". Sur place, nous avons cependant eu bien du mal à la trouver. Quant aux déchets, notamment les encombrants et les gravats, elle assure qu’ils proviennent des usagers eux-mêmes : "Ils ne sont pas interdits de déchetterie, notamment les auto entrepreneurs", pour qui ce service est d’ailleurs payant.
Olivier Richer, responsable des aires d’accueil au Grand Narbonne, assure "qu’un agent de service de l’entreprise Vago est présent sur place tous les jours, matin et après-midi, et peut être appelé à tout moment en cas d’urgence". Il soutient également que la sortie de la caravane ce vendredi matin "n’a pas été notifiée à cet agent, qui faisait des allers-retours en déchetterie pour enlever des encombrants. Il est tombé en panne et nous avons été avisés en même temps de la volonté de sortie de l’usager : une autre astreinte de l’entreprise Vago est donc venue sur le site pour rétablir la situation".
Il explique que la barrière permet "d’avoir un contrôle des entrées : on demande au délégataire de vérifier que les véhicules sont bien assurés, il y a un dépôt de garantie à effectuer et des documents à présenter… La poutre empêche le passage des caravanes à double essieu et est actionnée au moment de l’entrée et de la sortie des véhicules. Elle peut aussi être actionnée en cas de risque particulier. De nombreuses collectivités travaillent avec ce système qui permet de sécuriser le site". En outre "on contrôle le délégataire très régulièrement et de plusieurs manières… Le but est d’avoir une aire qui fonctionne et qui soit fluide dans son utilisation". Enfin, en cas d’incendie, il précise que les pompiers "ne rentreront pas sur l’aire, ils déploieront les tuyaux et la puissance des lances permettra de traiter le feu tout en restant sur la zone de retournement située à l’entrée".