En province de Liège, un professeur de mathématiques a décidé de briser les piquets de grève pour dénoncer le système des “travailleurs empêchés”, qu’il accuse de pénaliser lourdement les élèves sans réelles pertes financières pour les enseignants. ...
Alors que les grèves se poursuivent dans de nombreuses écoles de la province de Liège, Gilles Van Emelen, un professeur de mathématiques de 37 ans, a décidé de ne pas suivre le mouvement.
Et pour cause, d'une part, cet enseignant du secondaire estime que ces actions sont préjudiciables pour les élèves. "Mon école joue un rôle social important auprès de nos élèves. En supprimant un nombre élevé de contacts avec leurs professeurs et éducateurs, le mouvement de grogne comme il est mené est une vraie catastrophe", a-t-il réagi auprès de nos confrères de RTL info.
D'autre part, Gilles Van Emelen indique son rejet envers ce principe du "travailleur empêché". Selon lui, une école comptant une centaine de professeurs voit seulement trois à six d'entre eux se déclarer officiellement en grève – perdant ainsi leur rémunération journalière —, tandis que les autres conservent l'intégralité de leur salaire en restant simplement catalogués comme "empêchés" de franchir le piquet de grève.
"Ils restent dans la rue, au café ou à la boulangerie en attendant de signer à la fin de leur horaire", témoigne le professeur. "Quelqu'un qui fait 8h-16h peut très bien venir juste signer à 16 heures Il n'y a aucun contrôle."
D'après lui, ces méthodes favorisent les arrangements entre collègues qui peuvent effectuer des rotations pour ne pas trop y perdre financièrement. Un fonctionnement qui se répercute directement sur les jeunes : en forçant le passage ce mardi malgré le piquet de grève, l'enseignant a pu retrouver près de 70 % de ses élèves en classe, avant que ceux-ci ne soient finalement renvoyés chez eux dès 10 heures faute d'autres professeurs pour assurer la suite de la journée.
Une application soutenue par l'IA vient en aide aux directions d'écoles : "Plus de 3.200 autorisations ont déjà été accordées"Qualifiant cette situation de véritable "prise d'otage", Gilles Van Emelen ne défend pas les réformes contestées mais souhaite de l'honnêteté. Pour lui, la contestation perd toute sa légitimité si elle ne prend pas la forme d'une grève assumée, transparente et solidaire par l'ensemble de la profession.