Guiz revient sur ses combats écologiques et reconnaît que, sur un sujet, il serait "hypocrite" de ne pas saluer l’action du gouvernement.
Après près de trente ans avec Tryo, Guiz poursuit ses engagements en solo. L’artiste assure ne pas avoir perdu son goût pour les prises de position tranchées. Pourtant, sur un dossier précis, il reconnaît que le gouvernement français mérite selon lui d’être salué. Dans son entretien accordé à Mr. Mondialisation, Guiz revient notamment sur plusieurs mobilisations écologistes qui l’ont marqué.
Ce sujet bien précis lors duquel le gouvernement a joué son rôle selon GuizIl cite la lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, à laquelle Tryo avait participé, mais aussi l’opposition à l’A69, qu’il dit avoir beaucoup relayée. Le chanteur évoque également l’emprisonnement de Paul Watson, fondateur de Sea Shepherd, détenu au Groenland en 2024 dans le cadre d’une demande d’extradition japonaise. À l’époque, Guiz explique avoir joué à Rennes et mobilisé ses réseaux pour soutenir le militant écologiste.
La libération de Paul Watson, décidée après le refus du Danemark de l’extrader, a représenté pour lui un véritable soulagement. Emmanuel Macron avait publiquement apporté son soutien au militant durant sa détention. Guiz estime donc que la pression citoyenne a compté dans cette séquence et, malgré son regard critique habituel sur le pouvoir, il lâche : "Je pense que le gouvernement français, qu’il serait hypocrite de ne pas remercier sur ce coup-là, a agi face à la pression populaire".
Un artiste qui revendique toujours la radicalitéCe remerciement ponctuel ne signifie pas que Guiz ait adouci l’ensemble de son discours politique. Dans le même entretien, il affirme au contraire rester très engagé sur les questions environnementales. Il dit s’intéresser à la mouvance écologique actuelle et considère qu’il faut parfois "être radical" face à ceux qu’il juge tout aussi radicaux de l’autre côté. Il prévoit notamment de participer à un rassemblement autour du parti REV, mené par Aymeric Caron, à l’appel de Frah de Shaka Ponk.
Le chanteur explique aussi soutenir financièrement Sea Shepherd France et défendre une écologie qu’il relie à des enjeux humains et sociaux plus larges. Son album Utopia s’inscrit dans cette continuité. Il y aborde ses colères, ses inquiétudes et son refus de céder à ce qu’il décrit comme la peur de l’autre ou la haine ambiante. La musique reste pour lui un moyen de transmettre ces messages tout en conservant une dimension festive.
Paul Watson, symbole d’une mobilisation utileL’affaire Paul Watson occupe une place particulière dans ce récit, car Guiz y voit la preuve qu’une mobilisation peut produire des effets. Le militant avait été arrêté au Groenland en juillet 2024 alors que le Japon réclamait son extradition pour des faits liés à une opération contre un baleinier japonais en 2010. En décembre, le Danemark a finalement refusé cette extradition et ordonné sa libération.
Guiz relie cette issue à la pression exercée par les soutiens du militant et cite l’action française parmi les éléments qu’il juge positifs. Cette satisfaction ne l’empêche pas de maintenir ses critiques sur d’autres sujets, notamment l’état des services publics, la concentration des richesses ou la politique environnementale. Dans son quotidien, il dit également essayer de traduire ses convictions par des gestes concrets : manger local, réduire sa consommation de viande, ne plus consommer de poisson.