Alors que les blocages de lycées touchent désormais tous les départements, le ministre de l’Education nationale, Edouard Geffray, a estimé que le mouvement était désormais « pris en otage par des groupes ultra-violents ».
Des CRS patrouillent devant le lycée Paul Eluard de Saint-Denis, le 1er octobre 2026 MAURICE MIDENA / HANS LUCAS VIA AFP
Une journée de mobilisation sur le terrain comme à Matignon. Alors que le mouvement de blocage des lycées s’est étendu et touche désormais même certaines universités. Le gouvernement qui a semblé cette semaine pris de court, avait convoqué ce jeudi 1er octobre une cellule interministérielle de crise. Les ministres ont été sommés par Sébastien Lecornu de ne pas se déplacer ces prochains jours afin de laisser les préfets se concentrer sur la gestion du mouvement.
Les services du Premier ministre ont par ailleurs estimé que le mouvement avait désormais basculé vers des « violences urbaines » et indiqué qu’il existait un « constat partagé par les services de renseignement sur l’origine du mouvement » : ce serait une « manœuvre organisée par LFI et ses proxys de l’ultra gauche », ont-ils accusé. Manuel Bompard, coordinateur de LFI, a aussitôt appelé le gouvernement « à ne pas sombrer dans le complotisme et dans l’infantilisation des lycéens ». Les politiques ont multiplié les réactions ces derniers jours face à la gestion du mouvement. Le patron du PS Olivier Faure a fustigé « l’irresponsabilité du gouvernement » tandis que Bruno Retailleau, candidat LR à la présidentielle, a appelé à faire interdire LFI.
Près de 2.000 personnes ont été interpellées dans la journée de jeudi en France dans le cadre du mouvement, essentiellement pour atteinte aux personnes dépositaires de l’autorité publique, violences et attroupements, a annoncé le ministère de l’Intérieur.
Tous les départements sont concernés, réponse pénale renforcéeRien qu’en Ile-de-France, plus de 200 lycées ont été perturbés, dont une cinquantaine ont été le théâtre de violences et de dégradations, selon la Région qui a déjà chiffré les dommages à plus d’un million d’euros. Dans de nombreuses villes, des poubelles ont été renversées sur la chaussée, des feux allumés devant ou dans les établissements, des projectiles lancés, des abribus brisés et des mortiers d’artifice et gaz lacrymogènes tirés, ont constaté des journalistes de l’AFP.
Plusieurs proviseurs ont été agressés ou molestés, comme en Normandie, à Clermont-Ferrand ou encore dans le Pas-de-Calais. A Marseille, des membres de la direction du lycée Victor Hugo ont été agressés et des pompiers pris à partie lors d’une intervention sur un feu devant le lycée Saint-Exupéry. Devant ce même lycée, un journaliste de M6 a été agressé et sa caméra cassée, a indiqué le groupe. Quant au secteur universitaire, si quelques étudiants ont rejoint le mouvement, seuls une « quarantaine de sites » étaient perturbés ce jeudi, selon son ministre de tutelle Philippe Baptiste.
Face à ces violences, le garde des Sceaux Gérald Darmanin a indiqué sur X avoir reçu en visioconférence les 36 procureurs généraux pour « leur demander une grande fermeté dans la réponse pénale envers les auteurs de ces faits inadmissibles ». En parallèle, trois enquêtes ont été ouvertes par l’IGPN, la police des polices, après que des lycéens ont été blessés.
« Face à cette dégradation de la situation et dans le seul but de rétablir l’ordre républicain », le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez, a donné pour instruction aux préfets et aux responsables de la police, de la gendarmerie, de mobiliser les unités de forces mobiles et d’activer les protocoles de coordination opérationnelle renforcée (Corat) permettant une bascule des forces d’une zone police vers une zone gendarmerie et inversement, afin de « traiter rapidement les troubles là où ils surviennent ».
Etablissements fermés et rencontres avec les syndicats et associationsLe ministre de l’Education Édouard Geffray a indiqué qu’il recevrait vendredi syndicats de l’éducation et associations lycéennes - dont l’Union syndicale lycéenne, fer de lance de la mobilisation - et de parents d’élèves, ainsi que les élus du Conseil national de la vie lycéenne. Au JT de France 2 dans la soirée, il a par ailleurs annoncé que 400 établissements resteraient fermés vendredi pour protéger les élèves. « Le mouvement lycéen a été pris en otage par des groupes ultra-violents », a-t-il estimé. Une nouvelle journée de mobilisation est prévue le 6 octobre, à l’appel des organisations lycéennes et étudiantes. Une très forte mobilisation est attendue par les autorités.
Par Service Actu