Une représentation de la pièce de théâtre « Passeport » devait se tenir à Castres en février 2027. La municipalité RN a décidé de déprogrammer l’œuvre qui traite du statut des réfugiés.
Alexis Michalik photographié au Théâtre de la Renaissance à Paris, le 19 janvier 2024 JOEL SAGET/AFP
Il appelle à « rester collectivement vigilant » face à « toutes tentatives de faire de la culture un outil de sélection idéologique ». Le metteur en scène et acteur Alexis Michalik a dénoncé sur Instagram, ce mardi 9 juin, la déprogrammation de sa pièce « Passeport » par la municipalité Rassemblement national de Castres (Tarn). La pièce de théâtre était initialement programmée dans la ville pour février 2027.
« J’ai appris cette semaine que la représentation de “Passeport” prévue à Castres en février 2027 avait été annulée », a écrit le metteur en scène, précisant que le spectacle avait été « programmé, validé, intégré à la saison » théâtrale. Selon lui, « la décision d’annuler sa venue est intervenue à la dernière minute, à la demande des nouveaux élus RN de la municipalité ».
« Chacun devrait être libre de voir la pièce »Le nouveau maire RN de Castres, Florian Azéma, a justifié sa décision auprès d’ICI Occitanie, en arguant qu’aucun accord contractuel n’avait été signé par la précédente municipalité : « Il y a eu un changement de majorité. C’est du rôle et des prérogatives des élus de faire une programmation culturelle […]. Nous avions la totale liberté de revenir sur cette programmation », s’est défendu l’élu d’extrême droite.
Ecrite et mise en scène par Alexis Michalik, la pièce « Passeport » retrace le parcours d’Issa, un jeune migrant érythréen laissé pour mort dans la jungle de Calais. Survivant miraculeusement à ses blessures et à ses traumatismes, mais ayant totalement perdu la mémoire, il ne peut se fier qu’à son passeport, seul vestige de son passé. La pièce, qui « raconte des parcours d’exil, d’identité, d’intégration », est jouée « depuis plusieurs années partout en France », souligne sur Instagram le metteur en scène. « Chacun est libre d’aimer ou pas la pièce. Mais chacun devrait aussi être libre de la voir », a-t-il assuré.
Alexis Michalik a dit s’inquiéter « pour toutes les œuvres, tous les artistes et tous les programmateurs qui pourraient demain subir le même sort », estimant que « la liberté de création et l’indépendance de la programmation culturelle […] constituent l’un des fondements de notre vie démocratique ». « J’espère que cette décision sera reconsidérée », a-t-il conclu.
Par Service Actu