D’ici le 18 avril 2027, date du premier tour de la présidentielle, 200 jours de campagne attendent Marine Le Pen, Édouard Philippe, Jean-Luc Mélenchon, les trois favoris.
Politique 30/09/2026 06:00 Actualisé le 30/09/2026 21:58
D’ici le 18 avril 2027, date du premier tour de la présidentielle, 200 jours de campagne attendent Marine Le Pen, Édouard Philippe, Jean-Luc Mélenchon, les trois favoris.
Par Romain Herreros et Alexandre Boudet

Les candidats à l’élection présidentielle, réunis fin août à l’université d’été du Medef, ont 200 jours pour faire campagne d’ici au premier tour.
EN BREF
• À 200 jours de la présidentielle, les sondages du premier tour placent toujours Marine Le Pen à plus de 30 %, malgré sa condamnation pour détournement de fonds publics.
• Derrière, les dynamiques semblent contraires entre Édouard Philippe et Jean-Luc Mélenchon qui sont au coude à coude pour la deuxième place.
• Derrière, Raphaël Glucksmann, Gabriel Attal et Bruno Retailleau peinent à faire décoller leur campagne.
L’IA au HuffPost.
Les états-majors se préparent. Les programmes s’élaborent. Les parrainages se collectent. Pas de doute, la course pour la présidentielle 2027 a bien démarré. Son premier tour aura lieu le dimanche 18 avril, soit dans exactement 200 jours. L’occasion pour Le HuffPost de publier pour la première fois son compilateur de sondages, notre outil qui permet d’observer les tendances de chaque candidat, en atténuant les variations ponctuelles et l’effet course de petits chevaux.
Les trajectoires de Marine Le Pen, Édouard Philippe, Jean-Luc Mélenchon ou Raphaël Glucksmann sont ainsi observées depuis le mois de mai, un an avant l’élection. Ce qui permet d’apprécier la dynamique d’une candidature sur le temps long, de voir les effets des événements majeurs de la campagne, indépendamment du bruit médiatique qui accompagnent les études d’opinion.
Au regard de l’actuelle composition du casting et de la trentaine d’enquêtes réalisées par différents instituts de sondages, l’outil permet de mettre trois configurations en évidence : l’hypothèse où Édouard Philippe est le seul candidat du « bloc central », celle où c’est Gabriel Attal qui assume ce rôle et le scénario d’une candidature séparée des deux héritiers du macronisme.
De ces premières observations, trois conclusions s’imposent.
Marine Le Pen domine le matchPremier enseignement : la candidate du Rassemblement national dispose d’un socle solide, supérieur ou égal à 30 % d’intentions de vote pour le premier tour (33 % si Édouard Philippe est le candidat du « bloc central »), soit presque deux fois plus que son premier poursuivant. C’est aussi le double du score qu’elle réalisait au même moment il y a cinq ans (17,3 % avec Éric Zemmour alors crédité de 14 %).
L’assise de la candidate d’extrême droite n’est pas fragilisée par sa condamnation pour détournement de fonds publics, et le risque de devoir finir la campagne bracelet électronique au pied. Résultat : pour le moment, il n’existe pas de monde où la fille de Jean-Marie Le Pen rate la qualification au second tour. Du moins, si l’état des forces demeure ce qu’il est aujourd’hui. Car, comme nous l’avons déjà expliqué, les campagnes électorales réservent leur lot d’imprévus. Les révélations fracassantes de Mediapart sur les écrits antisémites de Jordan Bardella, qui forme un « ticket » avec Marine Le Pen, en témoignent.
Mélenchon et Philippe en duelDeuxième observation : le jeu demeure ouvert pour la deuxième place. Et aujourd’hui, il oppose exclusivement Édouard Philippe à Jean-Luc Mélenchon. Autre candidat du bloc central, Gabriel Attal ne parvient pas pour le moment à se hisser au niveau des deux duellistes, plafonnant à 13,2 % s’il est le candidat du bloc central.
Cela dit, le maire du Havre et le quadruple candidat à la présidentielle observent des dynamiques différentes, laissant présager un possible croisement des courbes dans les jours à venir. Jean-Luc Mélenchon est en progression constante depuis le mois de juin, à l’inverse d’Édouard Philippe, qui voit sa cote s’éroder, après un passage par la barre des 20 % au début de l’été. Résultat : moins d’un point sépare aujourd’hui l’ancien Premier ministre (17,8 %) du leader LFI, rompu au marathon des campagnes présidentielles. Avec 16,9 % (dans l’hypothèse où Édouard Philippe demeure le candidat du bloc central), il fait 8 points de plus qu’il y a cinq ans (9,1 %).
Derrière, le brouillard totalDerrière ce trio de tête, personne n’arrive pour le moment à s’élever au-delà de son plafond. Raphaël Glucksmann, en lice pour l’investiture socialiste, est englué entre 10 et 12 % selon les configurations. Un score qui a très peu bougé depuis son entrée en campagne mais qu’une victoire à la primaire de gauche pourrait faire évoluer. Il le faudra en tout cas s’il veut se rapprocher de Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe pour rêver au second tour.
À droite, Bruno Retailleau demeure quant à lui sous la barre des 10 %, après avoir dépassé les 12 % au printemps. Pire, le candidat LR s’effondre à 7 % dans le scénario d’une candidature séparée pour Édouard Philippe et Gabriel Attal. Soit le score réalisé par Éric Zemmour en 2022. Le fondateur de Reconquête fait pour le moment moins bien que la fois précédente : il se crashe sous la barre des 5 % dans toutes les configurations alors qu’il était à 14 % en 2021. Ce qui, dans le monde réel, signifie l’impossibilité d’accéder au remboursement des frais de campagne. Même chose pour l’écolo Marine Tondelier, dont la candidature n’arrive pas à dépasser ce seuil fatidique. Les candidats en queue de peloton ont 200 jours pour inverser la tendance.
Le compilateur de sondages du HuffPost est réalisé en agrégeant l’ensemble des enquêtes réalisées depuis le mois de mai 2025 et dont les notices ont été publiées sur le site de la commission des sondages. La liste est disponible ici.