Titulaire trois matchs sur quatre depuis le début de la saison avec le Stade de Reims, Jean-Tryfose Mambuku découvre à temps plein le monde professionnel et la Ligue 2. Le latéral droit de 18 ans, formé au club, mène un parcours atypique entre la Marne et l'Italie.
Publié le jeudi 3 septembre 2026 à 20h09
Titulaire trois matchs sur quatre depuis le début de la saison avec le Stade de Reims, Jean-Tryfose Mambuku découvre à temps plein le monde professionnel et la Ligue 2. Le latéral droit de 18 ans, formé au club, mène un parcours atypique entre la Marne et l'Italie.
"Ce n'est pas une surprise, parce que j'ai travaillé pour être ici. C'est juste la suite logique de mes efforts." Il y a de l'aplomb dans le discours de ce garçon. Pour la première fois ce jeudi, Jean-Tryfose Mambuku s'est présenté devant les journalistes avant un match de Ligue 2, en l'occurrence la réception de Guingamp, samedi 5 septembre (14 h). Un monde qu'il découvre, quelques semaines après avoir signé avec le Stade de Reims un premier contrat professionnel de trois saisons. Trois, c'est aussi le nombre de matchs qu'il a débutés depuis le début de l’exercice entamé, ne laissant la place de titulaire à Armel Zohouri que lors de la 2ᵉ journée, ce dernier se faisant certes expulser face à Dunkerque. À 18 ans seulement, dix de plus qu'au moment de ses premiers entraînements en Rouge et Blanc, le voilà entré de plain-pied dans l'effectif de Nicolas Usaï.
"Jean-Try" est un Rémois congolais d'Italie. Quatrième enfant d'une famille qui en compte cinq, il est né à Turin, la ville où ses parents se sont d'abord installés après leur départ de République démocratique du Congo. Mais c'est en France, quartier d'Orgeval, au nord de Reims, qu'il grandit. À 7 ans, le chemin est court jusqu'au terrain du FCF La Neuvillette-Jamin. Il y prend sa première licence, en 2015, mais n'y joue qu'un an. "Ensuite, en U9, j'ai intégré le Stade de Reims. J'ai gravi les échelons, toutes les catégories, et je suis arrivé au groupe professionnel."
Un pied désormais en haut de l'échelle rémoise, l'autre toujours de l'autre côté des Alpes. Depuis ses 14 ans, Jean-Tryfose joue avec les Azzurini, dans les sélections de jeunes italiennes. Une dualité riche, nourrie par 31 sélections des U15 aux U19. "Je connais déjà la langue, la culture. Les Italiens m'ont bien accueilli. C'est un peu différent en France. C'est plus axé sur les caractéristiques physiques, ça va vite, c'est un peu moins tactique. C'est un autre football mais j'essaie de ramener ce que j'apprends en Italie à Reims et ça améliore ma progression."
Directeur technique de l'Académie du Stade de Reims, Sébastien Penacchio a eu Jean-Tryfose Mambuku sous sa coupe quand il était surclassé avec les U19 nationaux. Outre les caractéristiques du football transalpin, il retient de ses allers-retours l'opportunité de se confronter au niveau international. Un Euro et une Coupe du monde U17 déjà au compteur. "Il a eu la possibilité de rencontrer les meilleurs jeunes au niveau européen, donc forcément, ce genre de match, c'est un accélérateur d'apprentissage. [Ces joueurs-là] reviennent tout le temps avec plus de maturité. C'est une bonne combinaison, ce qu'on a pu lui apporter au club et ce qu'il a pu vivre à travers la sélection."
"Émotionnellement très stable"Une combinaison gagnante, que l'on retrouve quand on lui demande qui sont ses modèles dans le milieu. "Giorgio Chiellini, parce que sa grinta, sa volonté de ne jamais lâcher sur les duels. Paul Pogba aussi, avec sa qualité technique. Il a marqué toute une génération. C'est deux joueurs desquels je m'inspire. Ça me représente, parce que j'ai grandi en France, mais j'ai la culture italienne."
Cette saison, le Turinois surfe sur la vague de jeunesse imposée par la direction et prise à son compte par le nouvel entraîneur, Nicolas Usaï. "Il fait preuve de fiabilité, s'est réjoui ce jeudi le technicien marseillais. Très satisfait de ce que je vois depuis début juillet avec ce garçon, qui est rempli d'humilité, est un travailleur. Il y a encore une marge de progression dans l'apport offensif, dans la faculté à pouvoir se projeter. Mais sa fiche de poste, c'est d'être vraiment très rigoureux sur le plan défensif. Une fois qu'on a posé les bases, l'idée c'est de pouvoir élargir sa palette de jeu. Il est en totale capacité [de le faire]."
"Il est en plus émotionnellement très stable", ajoute Sébastien Penacchio. Ça faisait beaucoup de qualités pour qu'il puisse accéder au groupe Révélations la saison dernière et cette saison basculer dans le groupe professionnel. C'est quelqu'un qui est très bien entouré. Avec un cercle familial et toutes les personnes qui gravitent autour de lui, ça a toujours été un climat très sain et on a essayé aussi de lui apporter, nous en tant que formateur, les choses qui pouvaient lui manquer."
Ajoutez-y un soupçon de polyvalence ("Il peut jouer à gauche, il serait capable de jouer dans une défense à cinq derrière, en troisième central), de QI football ("Il a une compréhension des situations défensives qui est intéressante") et d'importantes capacités athlétiques, et vous obtiendrez un premier portrait-robot ressemblant à celui de la promesse du football français. Et d'Italie.
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