Le jeu des comparaisons entre le film de Brian De Palma, et cette copie démultipliée tourne au désavantage de la série. Disponible sur Prime Video.
Summer H. Howell dans « Carrie ». COURTESY OF PRIME
Quel étrange objet que cette série reprenant scène par scène le film de Brian De Palma et l’étirant à l’infini ! Au bout des 8 épisodes, soit près de sept heures de visionnage, nous ne sommes toujours pas en mesure de répondre à la première question venant à l’esprit de quiconque ayant entendu parler du projet : pourquoi ?
A quelle nécessité répond cette entreprise de grande ampleur, sinon à celle d’alimenter les tuyaux de Prime Video et, grâce à une nouvelle fin ouverte, d’en produire éventuellement une suite en cas de succès ? Le projet est d’autant plus vain que De Palma étirait déjà le temps, et ce dès la fameuse première scène, filmée en partie au ralenti. Bien évidemment, le jeu des comparaisons entre l’original et la copie démultipliée tourne au désavantage de la série de Mike Flanagan.
Ici, aucune virtuosité dans la mise en scène, aucune véritable invention par rapport au film ou au livre de Stephen King, mais un travail bien fait, lisse, qui ne trouble jamais le téléspectateur. Le jeu des acteurs n’est pas en cause, en particulier celui de Summer H. Howell dans le rôle de Carrie, cette jeune fille élevée dans une ambiance sectaire qui découvre la cruauté de ses semblables lors de son entrée au lycée.
Le dispositif inventé pour délayer l’histoire – celui d’un documentaire tourné auprès des survivants après le drame du bal de fin d’année – n’apporte rien, si ce n’est un inutile jeu d’allers-retours temporels. Seul bénéfice de l’opération : donner envie de revoir l’original afin de retrouver les mouvements de caméra du maître et la musique de Pino Donaggio.
◗ « Carrie », série américaine de Mike Flanagan (2026). Avec Summer H. Howell, Matthew Lillard, Samantha Sloyan, Siena Agudong. 8 épisodes. Disponible sur Prime Video.
Par Arnaud Sagnard