Plutôt que d’être rejetées, les eaux traitées de la cave coopérative de Puilacher seront réutilisées par l’ASA de Plaissan pour irriguer des cultures. Une initiative qui illustre le potentiel du recyclage de l’eau...
Plutôt que d’être rejetées, les eaux traitées de la cave coopérative de Puilacher seront réutilisées par l’ASA de Plaissan pour irriguer des cultures. Une initiative qui illustre le potentiel du recyclage de l’eau dans un contexte de tension sur la ressource.
De la cave à la vigne… Dans la Vallée de l’Hérault, l’ASA de Plaissan va pouvoir compléter l’irrigation des cultures avec des eaux traitées issues de la cave coopérative Clochers et terroirs, à Puilacher. Cet apport pourrait représenter une économie d’eau de près de 10 % des volumes utilisables par l’Association Syndicale Autorisée. En cœur d’Hérault, cette mise en pratique est un exemple encore trop rare mais concret de la réutilisation de l’eau dans un contexte agricole.
"Un chemin de croix administratif""Nous avons énormément investi pour traiter les eaux et régler le problème des nuisances olfactives*. Et nous poursuivons notre projet d’usage de l’eau pour l’irrigation, avec l’ASA", présente Olivier Plut, directeur de la cave. Le process devrait être en fonction d’ici quelques semaines… Après avoir pris près d’un exercice de retard, "principalement, en raison des lourdeurs administratives. La démarche est très vertueuse, mais je ne pensais pas que le reusage de l’eau pour de l’irrigation allait rencontrer autant d’obstacles, que cela allait être un tel chemin de croix", tranche-t-il dans un contexte où les normes en la matière se sont pourtant assouplies. Les enjeux pourtant, sont éminemment stratégiques dans un pays qui est encore largement à la traîne* sur le sujet. In fine, "je suis convaincu, qu’à moyen terme, la rareté de l’eau va impliquer un maximum de reuse. Mais j’ai l’impression que nous n’avons pas encore tous conscience de cela", estime le directeur.
D’ici quelques mois nous seront en rythme de croisière.
L’équivalent de 7 piscines olympiques aujourd’hui rejeté…Dans une structure viticole qui va produire 200 000 hectolitres cette année, "nous consommons, en moyenne, entre 15 000 et 18 000 m3 d’eau par an", soit l’équivalent de sept piscines olympiques. Une eau aujourd’hui rejetée à l’issue de tout le processus de filtration, et dont une grande partie devrait bientôt bénéficier à l’ASA de Plaissan. Selon le directeur de la cave, il est pourtant relativement aisé de recycler cette eau. Après le dégrillage, "nous avons une aération, une oxygénation, deux filtres plantés de roseaux, en série…" L’eau traitée est ensuite stockée dans une lagune de finition de 13 000 m3, où elle attend d’être utilisée par l’ASA. Dans le cadre de la lutte contre les incendies, une convention permet également aux hommes du SDIS 34 de pomper de l’eau brute dans cette lagune.
D’ici quelques semaines, le process permettra à l’ASA d’économiser "quasiment 10 % de sa consommation annuelle. Si tout le monde pouvait réduire sa consommation de 10 %, ce serait énorme. Chez nous, ce sera en place l’année prochaine", apprécie Olivier Plut. Autre marge d’économie pour la cave de Puilacher : "Nous avons étudié la possibilité de réutiliser l’eau, non pas en alimentaire, mais en lavage extérieur ou de prélavage de cuves, qui seraient rincées par de l’eau réseau. Cette installation coûte encore près de 800 000 €. Sans subventions on ne peut y aller seul, nous espérons des aides"