L'Association des Journalistes professionnels, la Société des Journalistes professionnels du Soir, la Société des rédacteurs de La Libre (SDR-LLB), la Société des rédacteurs de l’Avenir (SDR L’Avenir) et les délégations syndicales Setca, Synova et CNE des titres concernés alertent. ...
L'inquiétude est "immense" au sein de L'Avenir après la décision de l'Autorité belge de la concurrence d'autoriser la reprise des titres d'IPM (La Libre, La DH, L'Avenir, Moustique...) par le groupe Rossel (Sudinfo, Le Soir, 50% de L'Echo, 50% de RTL Belgium...), déplorent vendredi les délégations CNE et Synova du quotidien. "On parle déjà de restructuration par les nouveaux propriétaires. L'emploi est fortement menacé, particulièrement à L'Avenir, les repreneurs n'en ont fait aucun secret. On craint un bain de sang social", a commenté Emmanuel Wilputte, délégué Synova.
"L'intégration du journal dans un pôle régional réunissant également Sudinfo suscite de nombreuses interrogations. Au vu des informations disponibles aujourd'hui, les travailleurs craignent que cette fusion ressemble davantage à une absorption qu'à un rapprochement équilibré entre deux titres. Ils redoutent une dilution progressive de l'identité, de l'autonomie et des spécificités qui font la richesse de L'Avenir depuis des générations", expliquent les syndicats dans un communiqué.
L'Autorité belge de la Concurrence autorise, sous conditions, le rachat des activités de presse d'IPM par RosselCNE et Synova rappellent que "derrière les tableaux Excel se trouvent des femmes et des hommes qui produisent chaque jour une information de proximité de qualité et essentielle à la vie démocratique" et que les travailleurs ne doivent pas être une "variable d'ajustement" économique.
"Nous serons, et nous sommes déjà, extrêmement vigilants au respect des travailleurs, à la préservation maximale de l'emploi, au maintien de conditions de travail dignes et à la sauvegarde de l'identité des titres de presse, dont certains sont plus que centenaires", prévient Emmanuel Wilputte.
Les syndicats avertissent d'ailleurs qu'ils envisageront "toutes les formes d'action syndicale", notamment le préavis de grève, si les travailleurs étaient confrontés à des "mesures d'économie excessives ou à des suppressions d'emplois injustifiées".
CNE et Synova disent néanmoins aborder les prochaines étapes avec "ouverture et sens des responsabilités", mais attendre de la future direction "des garanties claires et des actes concrets".
"C'est l'histoire de la presse quotidienne qui s'écrit", constate Emmanuel Wilputte.
Lorraine Kihl, déléguée syndicale Setca du Soir dit craindre les conséquences de cette opération, notamment pour les métiers supports sur lesquels vont se concentrer les synergies, tout en relativisant la situation, qui n'est "pas la même qu'au sein du groupe IPM", plus touché.
Un mariage historique entre Rossel et IPM, mais sous conditions et surveillanceLes craintes, à moyen terme et à long terme, concernent notamment "l'impact que la synergie des contenus pourrait avoir sur les effectifs à la rédaction", explique-t-elle. Lorraine Kihl soulève ainsi des craintes quant à des départs à la retraite qui ne seraient pas renouvelés, réduisant l'effectif. La déléguée syndicale déplore par ailleurs une incohérence entre les différentes décisions de Rossel. En février, quatre personnes ont par exemple été licenciées au journal Le Soir et une indépendante a été notifiée de la fin de sa collaboration avec le quotidien. "C'est un peu compliqué de subir des mesures économiques, motivées par le fait que chaque rédaction doit être rentable, alors que le groupe se porte bien et rachète un autre groupe (IPM en l'occurrence, NDLR)".
"De vives inquiétudes subsistent en effet quant aux réels projets de Rossel pour la presse régionale (SudInfo et l'Avenir), notamment quant au maintien des éditions régionales de l'Avenir et donc de l'emploi de très nombreux·ses journalistes en Région. Les engagements ne disent rien non plus du projet éditorial pour La Dernière Heure. Le titre La Capitale disparaîtrait. Les engagements sont muets pour La Libre ou Le Soir, ainsi que pour tous les magazines du Groupe" estiment les représentants des rédactions et des titres concernés.
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