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Une inaction qui pourrait coûter cher et une inflation pas près de disparaître

Дата публикации: 29-06-2026 09:06:44

La période “inflationniste”, pour l’économiste Koen de Leus, n’est pas encore derrière nous. Et de lourds investissements, nécessaires, vont continuer à maintenir celle-ci à la hausse à moyen terme. ...

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Vers la fin de l'inflation ? Pas si vite ! Les perturbations géopolitiques continuent d'alimenter la hausse des prix à court terme, tandis qu'à moyen terme, les investissements indispensables à la décarbonation devraient eux aussi exercer une pression à la hausse. Mais, pour Koen de Leus, économiste en chef chez BNP Paribas Fortis, l'inaction est inenvisageable, sinon c'est la facture à long terme qui risque d'exploser.

C'est "mieux"

La réouverture du détroit d'Ormuz n'effacera pas immédiatement les effets de la "crise des prix". Malgré une relative détente observée sur certaines matières premières, l'inflation déjà engagée dans les chaînes de production devrait encore se faire sentir pendant plusieurs mois, tant pour les entreprises que pour les consommateurs, selon l'économiste.

"Aujourd'hui, le détroit d'Ormuz est ouvert; ce qui est une bonne chose. Mais cela ne signifie pas qu'il n'y a plus d'inflation dans le pipeline", prévient Koen de Leus.

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"Espérons qu'aucun nouvel événement ne se produise pendant cette période."

De nombreuses entreprises ont déjà annoncé une hausse de leurs coûts qui devrait progressivement se refléter dans leurs tarifs. L'agriculture figure parmi les secteurs les plus exposés. "Le prix des engrais a énormément augmenté parce qu'environ un tiers de l'urée et un tiers du soufre étaient bloqués dans le détroit d'Ormuz", rappelle-t-il. "Cela signifie que le prix des légumes qui arriveront sur le marché au cours des prochains mois sera également plus élevé."

À quand un retour à la normale ?

Les prix des énergies fossiles commencent à reculer; le prix du pétrole retrouvait d'ailleurs, ce jeudi, son niveau d'avant-guerre.

Mais "il faudra trois à quatre mois avant de revenir à une situation normale", estime Koen de Leus. "Espérons qu'aucun nouvel événement ne se produise pendant cette période."

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Même dans le scénario le plus favorable envisagé par BNP Paribas Fortis, le prix du pétrole devrait effectivement plutôt se stabiliser autour de 75 dollars le baril, soit un niveau légèrement supérieur aux 60 à 70 dollars observés avant la guerre.

Ce prix s'expliquerait notamment par le besoin de reconstituer les réserves. "Nous anticipons une très forte demande de la part des différents pays. Premièrement, pour leur consommation. Deuxièmement, pour reconstituer et augmenter leurs stocks, afin d'éviter de revivre le même scénario lors d'une prochaine crise au Moyen-Orient."

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"Dans ce scénario, le prix du pétrole pourrait monter jusqu'à 140 dollars"

Le seuil de 75 dollars serait également important pour l'offre américaine. "En dessous de 75 dollars, les producteurs américains de pétrole de schiste ne seront pas suffisamment incités à augmenter leur production", souligne Koen de Leus.

À l'autre extrémité, le scénario le plus défavorable prévoit l'échec de l'accord et une reprise de la guerre dans les semaines suivantes. Le risque ne serait alors plus seulement celui d'une énergie chère mais celui d'une pénurie physique de pétrole et de diesel.

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"Dans ce scénario, le prix du pétrole pourrait monter jusqu'à 140 dollars", avertit l'économiste. L'économie mondiale basculerait alors en récession.

À ces pressions immédiates s'ajoute donc une autre source potentielle d'inflation, appelée à s'installer beaucoup plus durablement : la transition climatique.

Un prix mondial du carbone encore dérisoire

Pour Koen de Leus, l'effort réalisé à l'échelle mondiale en faveur de la décarbonation et de la transition climatique reste très largement insuffisant. "Le problème, c'est qu'aujourd'hui, il ne se passe pratiquement rien", tranche-t-il. Une inaction pointée actuellement du doigt alors que les vagues de chaleur réveillent (temporairement ?) les esprits.

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"Seulement 1 % des émissions mondiales de CO₂ sont taxées à un prix raisonnable, c'est-à-dire à un niveau compris entre 50 et 100 dollars", avance-t-il.

Un prix suffisamment élevé du carbone est indispensable pour inciter les entreprises et les ménages à réduire leurs émissions et pour atteindre les objectifs climatiques. Sans investissements aujourd'hui, la facture sera plus lourde demain.

L'Union européenne, qui se veut ambitieuse et fait figure de "bonne élève" à l'échelle mondiale, risque toutefois de subir une pression inflationniste plus importante à court terme que les régions du monde qui retardent leurs efforts.

guillement

"À court terme, ces investissements, qui sont énormes, augmentent donc l'inflation."

La décarbonation nécessite en effet la construction de nouveaux réseaux énergétiques, le développement des énergies renouvelables, l'électrification de l'industrie et des transports, la rénovation des bâtiments ou encore des investissements dans la captation et le stockage du carbone.

Cette mobilisation massive de capitaux, d'équipements et de matières premières devrait exercer une pression sur les prix, au moins pendant les premières phases de la transition.

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"Plus il y a d'investissements, plus nous avons besoin de matières premières, et plus leur prix augmente", résume Koen de Leus. "À court terme, ces investissements, qui sont énormes, augmentent donc l'inflation."

Ce renchérissement ne constitue toutefois qu'une partie de l'équation. Sans ces investissements, l'Europe et le reste du monde risquent, dans quelques années, de payer encore plus cher les conséquences de l'inaction climatique.

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