Le dossier de la mine de Salau rebondit une nouvelle fois devant la justice. Sept associations, emmenées par Stop Mine Salau, ont déposé deux recours contre la réattribution du permis exclusif de recherche de mines de...
l'essentiel Le dossier de la mine de Salau rebondit une nouvelle fois devant la justice. Sept associations, emmenées par Stop Mine Salau, ont déposé deux recours contre la réattribution du permis exclusif de recherche de mines de Couflens à Variscan Mines. Elles contestent la lecture juridique de l’État et dénoncent un permis qu’elles estiment expiré depuis 2022. La Dépêche du Midi vous explique.
Le bras de fer autour de la mine de Salau repart devant la justice. Stop Mine Salau et six autres associations ont déposé deux recours devant le tribunal administratif de Toulouse pour contester la réattribution du permis exclusif de recherche de mines de Couflens à Variscan Mines.
Dans leur communiqué, les opposants disent "déplorer l’interprétation du droit minier" retenue par le Conseil d’État dans son arrêt du 24 novembre 2025. Cette décision avait clos près de neuf années de procédure autour du permis accordé par l’État en octobre 2016, après que trois décisions des juridictions administratives l’avaient auparavant annulé.
Quelques semaines plus tard, le 22 janvier 2026, les services de l’État ont réattribué le permis pour cinq ans à Variscan Mines, filiale du groupe australien Apollo Minerals. Une décision transmise, selon les associations, "par une simple lettre" qui "ne précise pas les moyens utilisés". Un manque d’explications qui alimente aujourd’hui leur colère.
Depuis cette date, Stop Mine Salau affirme chercher à comprendre le "cheminement juridique de l’État" ayant conduit à réaccorder le titre minier. L’association assure avoir sollicité le ministère des Finances et la préfecture de l’Ariège. Sans succès.
Dans le même temps, le projet gagne en visibilité financière. Depuis le 30 juin, les actions d’Apollo Minerals sont négociables sur Euronext Growth Paris, la société souhaitant élargir sa base d’investisseurs européens et renforcer l’exposition de son projet ariégeois en entrant à la Bourse de Paris.
Pour les opposants, un point central demeure : le permis accordé en 2016 serait "bien échu depuis plus de quatre ans", sa période de validité ayant pris fin, selon eux, en février 2022. Ils rappellent également que l’État avait accepté deux nouvelles demandes de permis sur le secteur de Salau en 2024 et 2025. À leurs yeux, cette situation démontrerait que l’administration considérait elle-même le précédent titre comme arrivé à expiration.
C’est dans ce contexte que Neometal avait tenté de se positionner. L’entreprise avait déposé une demande en juin 2024 avant de voir son projet rejeté au profit de Variscan. Son président, Emmanuel Henry, dénonçait alors "un coup d’arrêt majeur" et une décision "illégale à plusieurs titres". Il estimait lui aussi que Variscan n’avait pas demandé la prorogation de son permis et que, juridiquement, "l’espace était libre".
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Les sept associations ont choisi de contester la décision sur deux terrains. Le premier recours, déposé en référé, vise à montrer que "le dossier de 2016 n’est plus compatible avec les législations d’aujourd’hui". Le code minier ayant évolué depuis la demande constituée par Variscan en 2014, les opposants considèrent que celle-ci "ne satisfait plus aujourd’hui aux exigences" actuelles.
Le second recours porte sur le fond. Il doit contester "l’interprétation faite par l’État de l’arrêt du Conseil d’État", laquelle l’aurait conduit à réattribuer le permis à Variscan "sans autre explication".
Au-delà du débat juridique, les associations veulent replacer les conséquences d’une éventuelle reprise des recherches au centre du dossier. Elles réaffirment que les décideurs "ne peuvent plus ignorer les dégâts sanitaires, environnementaux et sociaux" qu’engendreraient, selon elles, de nouvelles recherches minières ou une reprise de l’exploitation à Salau.
Stop Mine Salau et les six autres associations durcissent désormais le ton. Elles préviennent que les responsables publics, qui ne pourraient plus méconnaître les risques invoqués, "pourraient donc en être tenus responsables". Près de dix ans après le début du premier contentieux, le projet minier de Salau s’enfonce ainsi dans un nouvel épisode judiciaire.