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Pascal Obispo raconte la composition de "Lucie" : "Ça allait tellement vite que j'ai fait plein de choses dont je ne me souviens plus"

Дата публикации: 06-07-2026 12:11:41

Pascal Obispo est l'invité exceptionnel toute cette semaine du Monde d’Élodie, à l'occasion de la sortie de son nouvel album "Héritage". Épisode 1 : "Lucie".

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Pascal Obispo est l'invité exceptionnel toute cette semaine du Monde d’Élodie, à l'occasion de la sortie de son nouvel album "Héritage". Épisode 1 : "Lucie".

Article rédigé par Elodie Suigo - édité par Etienne Présumey

Radio France

Publié le 06/07/2026 14:11

Temps de lecture : 4min

Pascal Obispo, à Colmar, en juillet 2025. (Vanessa MEYER / MAXPPP) Pascal Obispo, à Colmar, en juillet 2025. (Vanessa MEYER / MAXPPP)

En mai 2026, Pascal Obispo a sorti le premier volume de son double album Héritage. Le prochain arrive au mois d'octobre, dans lequel il interprète des titres inédits avec des artistes qui lui sont proches. Avant les chansons, avant la scène, avant la reconnaissance, il y a eu un enfant. Un enfant qui grandit dans une histoire qui ne tient pas complètement, avec un père qui s'éloigne, une mère qui reste, qui porte, qui tient. Un enfant qui ressent sans forcément comprendre, qui observe, qui encaisse aussi beaucoup.

franceinfo : Quand vous repensez à votre enfance, est-ce que vous voyez d'abord un manque ou une force qui s'est construite malgré tout ça ?

Pascal Obispo : La résilience, c'est ma vie de toute façon. Si je devais faire une image, c'est à coups de pierres qu'on m'a jetées à la gueule et j'en ai fait un château, tout simplement.

Est-ce que l'absence de votre père a été une blessure ou est-ce que c'est resté une question sans réponse ?

Je pense que ça a été une blessure quand j'étais petit et j'ai appris à vivre sans, mais je n'ai quand même jamais voulu qu'il y en ait d'autres. J'ai toujours été un peu seul en fait, j'ai grandi comme ça et la blessure ne s'est jamais vraiment refermée. Pour arriver là où je suis, je pense que c'est sans doute la chose qui m'a le mieux fabriqué.

"Je pense que si mes parents n'avaient pas divorcé, je serais resté à Bordeaux, je serais sans doute devenu entraîneur de basket, puisque je le suis déjà."

Pascal Obispo

à franceinfo

S'ils n'avaient pas divorcé, ça aurait été mon chemin et c'est surtout ce déménagement à Rennes qui a quand même concrétisé cette appétence que j'avais pour la musique, en fait.

Ça a été une révélation totale parce que c'est vraiment là où la scène rennaise et ce qu'elle proposait en musique vous a façonné et attiré, avec les Marquis de Sade. À ce moment-là, il se passe aussi quelque chose dans cette famille que vous avez envie de vous créer musicalement.

Quand t'as 13 ans et que tu arrives à Rennes, on est en 78, on est dans un mouvement post-punk. Le punk, c'est 77, on a tous les groupes qui déferlaient d'Angleterre. Quand tu es au collège et que tu vois tous les mômes qui ont deux ou trois ans de plus que toi, qui sont en cuir, habillés tout de noir, avec des pétards, c'est un peu bizarre. Moi, j'arrive de Bordeaux et la première année, j'avais une petite cravate, je voulais m'habiller en noir, ma mère m'a dit, non. Alors je me suis habillé en bleu marine pour essayer de faire une espèce de compromis. Il y avait un état d'esprit global de la ville, Rennes, qui était une des villes les plus rock de France. La musique arrivait directement d'Angleterre, il y avait un disquaire sans intermédiaire. Donc, tu arrives là-dedans, tu as envie d'en faire partie, en fait. Marquis de Sade, quand on les voyait dans la rue, on avait 14 ans, c'était un petit peu comme si les Beatles se baladaient à Liverpool et toi, t'es un môme, tu vois les Beatles passer. En fait, ça a été la continuité de Gilbert et Maritie Carpentier, mais de l'adolescence.

C'est d'abord dans un groupe que vous vouliez être, d'ailleurs. Il n'y avait pas de projection personnelle.

Je crois que je n'ai jamais eu de projection personnelle. J'ai toujours voulu être en groupe et même quand j'étais seul, quand j'ai fait mon truc tout seul, mes premiers concerts, j'ai toujours eu le bassiste et le guitariste ou deux guitaristes sur la même ligne que moi. Je refuse que les musiciens soient derrière moi, mais je ne me suis jamais considéré comme un chanteur de variété. On est un groupe, avec mes musiciens qui ont changé un peu au fil du temps, mais voilà, je n'ai jamais été un vrai chanteur en fait, je suis un compositeur qui chante.

Pourtant, il va y avoir le Pascal Obispo qu'on connaît, qui va avoir une ascension en solo avec Lucie. Je voudrais qu'on parle de cette chanson et du moment où, effectivement, il se passe quelque chose.

J'avais gagné mes premiers sous avec mes deux premiers albums et j'ai pu acheter mon premier piano tout seul. Mon premier piano, quand j'étais petit, c'était celui de ma tante. Je tapais sur une seule touche et mon arrière-grand-mère, Lucie, était à côté de moi. J'avais rencontré, l'année d'avant, Lionel Florence et je lui avais proposé de travailler avec moi. Les trois premières chansons que j'ai composées avec Lionel sur ce piano, c'était Sans remords ni regrets pour Michel Delpech, Rentrer chez soi pour Maurane et il y avait Lucie. Je vois le texte et je me demande ce que c'est que cette histoire, pourquoi est-ce qu'il m'envoie ça ? Lucie, c'est mon arrière-grand-mère. Là, je vois le texte et puis, tout d'un coup, je joue et je fais la chanson très rapidement. Lionel avait changé le prénom au dernier moment puisque ça s'appelait Marie, c'était sa nièce. Comme il a trouvé que ça avait une connotation un petit peu trop religieuse, il a mis Lucie comme ça, au hasard, et je trouvais que ça collait parfaitement.

"On met "Lucie" dans l'album, on sort l'album, c'était le troisième et en trois semaines, on a déjà vendu 300 000 disques."

Pascal Obispo

à franceinfo

Je suis passé de salles de 500 personnes à des salles de 5 000, 7 000, 10 000, c'était fou. Donc, j'ai pété les plombs, je suis devenu un autre, ça allait tellement vite que j'ai fait plein de choses dont je ne me souviens plus.

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