Thibaut Courtois rêve de battre le pays où il est déjà une légende, comme en témoigne sa conférence de presse surréaliste. ...
Ceux qui doutaient encore du statut d'icône de Thibaut Courtois en Espagne ont eu la réponse au point presse organisé dans le stade des LA Galaxy. Le gardien a été pris d'assaut par une meute de journalistes espagnols, ce qui a donné lieu à des scènes surréelles.
Devenu à moitié espagnol, le gardien n'en sera que d'autant plus motivé.
Initialement, Hans Vanaken devait s'exprimer devant la presse aux côtés de Diego Moreira à deux jours du match. Mais le chef de presse David Steegen et Courtois lui-même ont été tellement assaillis de demandes d'interview que les plans ont été chamboulés.
Pressés les uns contre les autres et micros braqués sur le géant, plusieurs dizaines de journalistes ont pu mitrailler notre gardien de questions pendant 5 minutes et 46 secondes dans les catacombes du stade des LA Galaxy, un exercice qui est clairement ancré dans la culture journalistique espagnole.
Coupe du monde : les avions utilisés par l'équipe de France aussi utilisés pour les déportations de l'ICENotre numéro un s'est acquitté de sa tâche sans la moindre trace de stress sur le visage. Après onze saisons à Madrid, il est habitué à une telle cohue médiatique.
Courtois a donné aux Espagnols les réponses qu'ils voulaient. "L'Espagne est évidemment favorite. Ils sont très performants dans la possession du ballon et dès qu'ils perdent le ballon, ils pressent rapidement. C'est là que réside la clé : on doit savoir comment exploiter l'espace dans leur dos."
Lamine Yamal a évidemment aussi été évoqué. "Nous savons qu'il a énormément de talent dans le un contre un. Il est rapide, agile et élimine aussi deux joueurs s'il le faut. Mais on ne peut pas nous concentrer que sur lui. Sinon, d'autres en profiteraient."
Avant le match de la Belgique, des experts alertent contre un phénomène qui impacte la santé des supporters : "Surtout lors de certaines rencontres"Ensuite, les médias belges ont eu cinq minutes pour poser leurs questions. Le message de Courtois à ses compatriotes : "Il y a des surprises dans chaque tournoi, que ce soit en Champions League, en Europa League ou en Coupe du monde… Nous pouvons également en créer une. Ce serait un immense exploit d'éliminer le champion d'Europe, mais c'est possible. La confiance est là. Surtout après notre victoire face aux États-Unis."
Puis, Courtois a confirmé ce que sa mère nous avait fait comprendre la veille : "Je vais rester en Espagne après sa carrière. Pour le climat, pour le plaisir de manger tard en soirée, mais surtout pour être chez mes deux premiers enfants, qui sont forcément plus espagnols que belges."
"World Cup Anime" : le phénomène manga qui affole les réseaux sociaux et secoue la Coupe du monde 2026Lors d'un entretien en plateau avec la RTBF, il est également revenu brièvement sur sa déclaration concernant son fils Nico, dont il avait dit en rigolant qu'il ne serait plus autorisé à rentrer à la maison s'il était pour l'Espagne. "C'était une blague, car il m'avait déjà dit à l'avance qu'il soutiendrait la Belgique. Il a même convaincu des copains espagnols d'être pour la Belgique (rires)."
L'amour de Courtois pour l'Espagne remonte à l'été de 2011, quand il a lui-même forcé son prêt à l'Atletico de Madrid. Genk avait vendu son jeune gardien pour neuf millions à Chelsea, il venait de décrocher son tout premier titre au détriment du Standard. Les Limbourgeois espéraient récupérer leur pépite via un prêt d'une saison, mais le jeune gardien voyait les choses autrement.
"J'avais le sentiment d'avoir dépassé le niveau du championnat belge, a-t-il déclaré plus tard. Peut-être que j'étais un peu fou à l'époque, oui. Car qui part à dix-neuf ans dans un pays étranger, complètement seul, alors qu'il ne connaît pas la ville et ne parle pas la langue ? Je ne dirais pas que j'ai pleuré pendant les premières semaines, mais c'était quand même très dur."
Après trois années magnifiques à l'Atletico – couronnées d'un titre, d'une coupe, d'une Europa League et d'une finale (perdue) de Ligue des Champions contre… le Real Madrid –, il a dû retourner à Chelsea. Mais, dès sa troisième saison à Londres, l'Espagne et surtout ses enfants (qui habitaient chez son ex-femme) lui manquaient fort.
Après un match perdu 0-2 contre… l'Espagne au Heysel – le tout premier match de Roberto Martinez en tant que sélectionneur national –, il a fait une déclaration d'amour à l'Espagne dans les colonnes de Marca, un journal madrilène.
Eden Hazard croit au miracle pour le match des Diables rouges contre l'Espagne : "J'espère que la Belgique sera championne du monde"Il a notamment clamé : "Quand j'ai quitté l'Espagne, j'ai su immédiatement qu'un jour j'y retournerais. Je me sens à moitié espagnol. Quand j'ai fait mes adieux, j'ai eu du mal. Ce n'était pas facile. J'ai pleuré."
Et concernant ses habitudes espagnoles : "Je mange toujours tard, je fais la sieste et je regarde principalement la télévision espagnole. À Londres, je vis encore en grande partie comme un Espagnol."
Pour forcer son transfert au Real Madrid en août 2018, Courtois est passé à la vitesse supérieure. Il a d'abord fait comprendre qu'il refusait de prolonger son contrat à Chelsea. Puis, après la troisième place de la Belgique à la Coupe du monde 2018 où il a été élu meilleur gardien, il ne s'est pas présenté deux jours d'affilée à son premier entraînement avec Chelsea. Sa "grève" a porté ses fruits : il a été transféré pour 35 millions, une somme qui s'est avérée être un prix d'ami.
Pourtant, à Madrid, il est entré en concurrence avec Keylor Navas, qui venait de remporter la Ligue des Champions trois fois d'affilée et qui déclarait ouvertement : "Je préfère encore mourir plutôt que de quitter le Real."
Nicolas Raskin ressemble de plus en plus à l'une des références à son poste, mais il a encore du travail...La première saison de Courtois à Madrid était difficile. Après les départs de l'entraîneur Zidane et de la star Ronaldo, le Real a connu une année noire. Thibaut a été accueilli avec scepticisme comme "le gardien du rival", alors qu'à l'Atletico, il était considéré comme "un traître". La presse madrilène le descendait à la moindre petite erreur.
Deux Diables Rouges mis à l'honneur par un médias français pour leur performance dans cette Coupe du monde 2026: "Un choix fort"Mais Courtois s'est accroché, et la suite fait partie de l'histoire. Aujourd'hui, il compte trois titres et deux Champions League avec le Real. Il frôle désormais le statut de la légende du club, Iker Casillas.
Ce point de presse hallucinant à Los Angeles en était la démonstration parfaite.
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