Plusieurs figures du football critiquent la gestion par la FIFA de la suspension de Balogun avant Belgique–États-Unis. ...
Une carte résume parfaitement la situation : on y voit le drapeau tricolore belge partout, sauf aux États-Unis. "Le monde entier doit se ranger derrière la Belgique, par amour du football", peut-on y lire.
Un véritable tremblement de terre. Pour une décision qui pourrait ouvrir la porte à un sacré précédent. Souvent, les joueurs actifs ou les anciens portent ce slogan : "le football doit rester entre nos mains". Le moment était bien choisi pour faire entendre leurs voix.
Un peu partout dans le monde, les anciennes stars du ballon rond sont restées sans voix. "Toute cette histoire est scandaleuse", a soufflé Garry Neville sur ITV. "Il aurait dû y avoir une commission de révision dès le départ. Ce n'était pas un carton rouge, donc une autorité devrait pouvoir annuler cette décision. Mais elle n'existe pas. Et voilà que, sans prévenir, la FIFA décide soudainement que le joueur peut finalement jouer. Les règles sont les mêmes pour tous. Je serais furieux si j'étais la Belgique."
Rudi Garcia réagit à la polémique sur Balogun : "Je ne savais pas que le 5 juillet tombait le 1er avril aux États-Unis"Wayne Rooney a parlé de sa propre expérience. "J'ai écopé de trois matchs de suspension avant l'EURO 2012, ce qui signifiait que je manquerais toute la phase de groupes", a déclaré la star anglaise à la BBC. "Finalement, on m'a proposé d'annuler le troisième match de ma suspension si j'allais en Suisse entraîner un groupe d'enfants. Je n'étais pas vraiment d'accord, mais j'ai accepté quand même car je ne voulais pas purger ces trois matchs de suspension. Même à ce moment-là, je trouvais cela injuste. Mais reporter une suspension maintenant ? Soit on retire le carton rouge – ce qui, à mon avis, aurait été la bonne décision – pour qu'il puisse jouer. Mais reporter une suspension d'un an est tout simplement scandaleux."
Pour lui la FIFA va avoir du mal à se regarder dans le miroir. "Gianni Infantino devrait en avoir honte, car cela remet gravement en question l'esprit sportif du football. Si j'étais le prochain adversaire des États-Unis, je serais furieux. Je trouve cela inadmissible à tout point de vue. C'est une honte absolue."
En passe de prendre la sélection allemande, Jürgen Klopp est revenu sur cette polémique. Notamment sur l'ingérence de la Maison Blanche dans cette décision. "Si c'est vraiment le cas, c'est tout simplement de la folie. Soyons clairs : c'est notre sport, pas le leur", s'est énervé l'ancien coach de Liverpool. "Ces deux personnes (Infantino et Trump), qui n'y connaissent rien au football, n'auraient absolument pas dû s'en mêler. C'était un carton rouge, tout simplement. Il n'y a absolument aucune discussion là-dessus. Nous sommes désolés pour Balogun, car il ne l'a certainement pas fait exprès. Mais les règles sont les règles."
Nouveau rebondissement dans l'affaire Balogun: les suspensions automatiques disparaissent de la présentation de la FifaEt elles ont été bafouées, à en croire le sélectionneur norvégien, Ståle Solbakken. "La FIFA a commis une grave erreur", a-t-il déclaré après sa victoire contre le Brésil. "C'est une très mauvaise décision."
Pour lui, l'avenir du football est en jeu. "À long terme, ce sera désastreux pour les États-Unis. Et puis, il y a le précédent. Qu'en sera-t-il du prochain carton rouge ? Va-t-on revenir sur cette décision aussi ?" se questionne-t-il.
Même son de cloche pour Thomas Tuchel, après la belle victoire contre le Mexique. "Comment est-ce possible?", s'est-il interrogé. "Je tiens à préciser que je ne pensais pas que la faute de Balogun méritait un carton rouge. Mais la VAR est intervenue. L'arbitre a visionné l'action et a décidé d'expulser le joueur. Une décision a donc été prise. Dès lors, je me demande: qui va contester cette décision? Et sur quelle base? Jusqu'où cela peut-il aller? Je trouve cela très étrange. Nous aspirons à la cohérence dans les décisions. On peut en discuter indéfiniment. Où cela va-t-il s'arrêter?"
Aux Etats-Unis, deux consultants ont crevé l'écran depuis le début de cette Coupe du monde : Zlatan Ibrahimovic et Thierry Henry.
Imaginez Doku, De Bruyne et Lukaku sortir du banc à la 60e... Quelle équipe ne tremblerait pas ?Payés par Fox Sports, les deux hommes se sont exprimés et leurs avis étaient forcément attendus. Visiblement, ils sont d'accord avec la décision finale, beaucoup moins avec le modus operandi. "Cela a dû démoraliser les Belges. Je ne pensais pas que c'était un carton rouge, Balogun ne l'a pas fait exprès. Mais cela change tout pour la Belgique. C'est déjà arrivé avec Garrincha. C'est la bonne décision selon le règlement, mais pourquoi si tard ?", ont-ils estimé.
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