Mi-juin, le jury du concours des Meilleurs Apprentis de France a décerné la médaille d’or, dans la catégorie lapidaire – pierres de couleur, au Frontignanais Elyot Blain, 21 ans. Une distinction bien méritée.
Mi-juin, le jury du concours des Meilleurs Apprentis de France a décerné la médaille d’or, dans la catégorie lapidaire – pierres de couleur, au Frontignanais Elyot Blain, 21 ans. Une distinction bien méritée.
Il n’en revient toujours pas. Elyot Blain, 21 ans, originaire de Frontignan, vient de décrocher la première place au concours des Meilleurs Apprentis de France dans la catégorie lapidaire – pierres de couleur. "Cela fait un choc d’apprendre que l’on est arrivé premier dans sa catégorie et meilleur apprenti de France", confie le jeune homme, encore sous le coup de la nouvelle. C’est la réception de sa médaille d’or à domicile, avec le détail de ses notes, qui devrait achever de le convaincre.
Pourtant, rien ne prédestinait ce Frontignanais à tailler des pierres précieuses. "J’y suis tombé par hasard", avoue-t-il. Titulaire d’un bac pro chaudronnerie, il ne s’y retrouve pas. Sa réorientation s’impose de facto, mais quoi faire ? Le déclic survient lors d’un essai dans une entreprise spécialisée dans le lapidaire. "Passer d’une pierre brute à une pierre taillée qui sera ensuite sertie sur un bijou, c’est juste génial", s’enthousiasme-t-il.
Il enchaîne alors avec un CAP lapidaire en alternance dans une entreprise montpelliéraine, puis dans une autre à Agde, complété par un brevet professionnel en gemmologie, qu’il terminera l’an prochain.
Saphir, émeraude, rubis, onyx, tanzanite, tourmaline, tsavorite, aigue-marine… À leur évocation, il imagine déjà les tailler en forme ovale, ronde, carrée, en cabochon ou trapèze, mais avoue avoir une préférence pour l’émeraude en raison de son vert intense. Le diamant, en revanche, ne le fait pas du tout rêver. "Cette pierre est incolore, sans rien de particulier et n’a aucun charme pour moi", tranche-t-il.
Ce métier de précision exige une vue excellente, de la patience, de la minutie et une concentration de tous les instants. La moindre erreur peut vite se révéler fatale. "À un millimètre près, c’est foutu. Le moindre choc peut aussi rayer la pierre. Il faut donc s’adapter à chacune d’elles", explique consciencieusement Elyot Blain. Difficile d’imaginer tant de patience à un si jeune âge. "J’étais déjà patient de nature, mais j’ai appris à l’être encore plus, et à être organisé, ce qui n’était pas le cas avant", avoue le jeune apprenti.
De la patience, il lui en aura fallu pour tailler des rubis synthétiques et les ajuster sur la monture en forme de flèche imposée pour le concours national. Pour insérer les huit pierres facettées, les trois suiffées et une dernière taillée en cabochon, il aura réalisé un travail de 45 heures. "J’ai eu quelques ratés au départ, car les pierres taillées étaient trop petites et donc difficiles à fixer dans la monture. J’ai dû m’y reprendre à plusieurs reprises avant d’y parvenir", raconte-t-il.
La suite ? Le jeune homme envisage un CAP en bijouterie joaillerie, avec l’ambition, après plusieurs années d’expérience, de tenter sa chance à Paris ou en Suisse, dans des entreprises plus prestigieuses. En attendant, il observe sous toutes les coutures sa dernière acquisition, une émeraude achetée lors d’une bourse des minéraux, qu’il s’apprête à tailler avec appétit.