Une étude de l’association Que Choisir Ensemble publiée ce mardi 7 juillet révèle que 95 % des annonces de logements étudiants analysées à Paris, Lille, Lyon, Bordeaux, Grenoble et Montpellier violent l’encadrement...
Une étude de l’association Que Choisir Ensemble publiée ce mardi 7 juillet révèle que 95 % des annonces de logements étudiants analysées à Paris, Lille, Lyon, Bordeaux, Grenoble et Montpellier violent l’encadrement des loyers. Le dépassement moyen atteint 234 euros par mois dans ces six agglomérations.
La quasi-totalité des annonces pour des logements étudiants en France ne respectent pas l’encadrement des loyers, selon une étude publiée ce mardi 7 juillet par l’association Que Choisir Ensemble (ex-UFC – Que choisir).
Dans six villes et agglomérations étudiées où l’encadrement des loyers est en vigueur – Grenoble, Lyon, Montpellier, Lille, Bordeaux et Paris – 95 % des annonces dépassent les plafonds autorisés de 234 € par mois en moyenne, selon l’étude.
L’association a regardé, entre avril et mai, environ 125 annonces (50 à Paris et 15 dans les autres villes) de studios mesurant jusqu’à 18 m2, sur les sites SeLoger, LeBonCoin, De Particulier à particulier et Gens de confiance.
Selon l’étude, les propriétaires y appliquent souvent des sommes de complément de loyers "très conséquentes, peu ou pas justifiées".
"Aujourd’hui, trop d’étudiants ne choisissent plus leurs études : c’est le prix du logement qui choisit pour eux. Les règles existent pour protéger ces locataires souvent fragiles, mais elles sont souvent contournées", affirme Marie-Amandine Stévenin, présidente de Que Choisir Ensemble, citée dans le communiqué. "L’encadrement des loyers a pourtant prouvé son efficacité : il est urgent de le faire pleinement appliquer et de le pérenniser", ajoute-t-elle.
En 2025, le maire de Montpellier et président de la Métropole Michaël Delafosse répondait aux critiques du directeur général du Crédit Agricole du Languedoc sur l’encadrement des loyers. "J’ai pris la responsabilité de mettre en place l’encadrement des loyers afin de lutter contre la spéculation immobilière qui rend l’accès au logement difficile pour les étudiants, les salariés et les familles".
Michaël Delafosse assurait vouloir "garantir à tous un accès au logement dans un cadre urbain maîtrisé, en opposition à une logique purement spéculative".
L’encadrement des loyers, dont l’expérimentation est censée prendre fin en novembre, pourrait être prolongé pour deux ans, via un texte socialiste amendé et soutenu par le gouvernement.
Pour rappel, ce dispositif permet aux locataires parisiens d’économiser en moyenne 141 euros par mois, selon le baromètre de la Fondation pour le logement des défavorisés de septembre 2025.
Selon Que Choisir Ensemble, faute d’une place dans les résidences universitaires du Crous, neuf étudiants sur dix se tournent vers un logement privé, et doivent payer souvent des loyers "incompatibles avec leur budget". Selon l’étude, les aides personnalisées au logement (APL) ne couvrent "en moyenne que 43 % du loyer" et le reste à charge pour les étudiants "est excessif".
Que Choisir Ensemble alerte aussi sur les tarifs plus élevés qu’ailleurs des "coliving", où chaque locataire dispose d’une chambre dans un appartement ou une maison, avec des prestations annexes (salle de sport, abonnement plateformes de streaming…), à cause de frais et charges pour des "services non sollicités".