La zone de police locale Bruxelles-Capitale/Ixelles (PolBru) annonce avoir saisi dix-neuf voitures et huit motos lors du premier semestre 2026. Malgré une stratégie plus répressive des autorités, le "phénomène continue". ...
Un ballet de voitures sportives défile sur le plateau du Heysel. Les moteurs vrombissent. La gomme brûle sur le tarmac. Dans le nord de Laeken (Bruxelles), les pourtours de l'Atomium sont devenus ces dernières années "the place to be" pour les amateurs de rodéos urbains, des rassemblements mélangeant dérapages et courses motorisées. Et ce, au grand dam des riverains, dont les nuits sont rythmées par les crissements de pneus et les explosions des pots d'échappement.
"Certains doivent dormir avec des bouchons d'oreille ou prendre des somnifères. D'autres n'ouvrent plus les fenêtres en été car le soir la situation est catastrophique", confiait récemment Felix, un riverain, dans le cadre d'un grand format de La Libre dédié au phénomène. Les jeunes aficionados présents lors de ces événements préférant, quant à eux, parler d'une "passion".
©cameriere ennioFace à cette pratique en pleine expansion, la zone de police Bruxelles-Capitale/Ixelles a décidé d'adopter une approche résolument répressive, privilégiant les saisies de véhicules et les arrestations. Sur les six premiers mois de 2026, elle annonce avoir saisi dix-neuf voitures, huit motos et sept autres véhicules tels que des scooters, des trottinettes électriques ou des camionnettes.
Les communes de Bruxelles et d'Ixelles sont particulièrement touchées par ces rodéos motorisés. En 2024, la police fédérale est intervenue à pas moins de 115 reprises sur ce territoire de 39 km2. Soit près d'une fois tous les trois jours.
Alors, depuis plusieurs années, les autorités locales ainsi que les forces de l'ordre optent pour une stratégie plus ferme. Une politique qui ne semble toutefois pas parvenir à endiguer le phénomène. "Bien que la Ville de Bruxelles ait déjà pris plusieurs mesures par le passé, notamment la mise en place d'un dispositif de coupure de circulation, le phénomène continue à se manifester régulièrement", indique la zone. Et d'ajouter : "La lutte contre ces 'rodeo drivers' se poursuivra sans relâche."
©cameriere ennioLorsqu'une infraction est commise par un véhicule, le bourgmestre de Bruxelles, Philippe Close (PS), peut exiger la saisie de la voiture. Entre janvier 2020 et février 2026, les forces de l'ordre ont saisi administrativement un total de 259 véhicules. Le conducteur interpellé doit alors s'acquitter des frais de dépannage et d'entreposage.
La mise en scène du dangerEt, depuis l'arrivée de Julien Moinil comme procureur du Roi de Bruxelles en janvier 2025, le parquet privilégie désormais la voie judiciaire. L'année dernière, la zone a ainsi intercepté 69 véhicules (54 voitures et 15 motos). Quarante-trois ont fait l'objet d'une saisie judiciaire, le tout menant à trente-neuf retraits de permis.
Suffisant pour enrayer le phénomène dans la capitale ? "Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions", faisait remarquer à La Libre, Christian Raes, premier commissaire à PolBru, en mai dernier.
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