Europol annonce l’identification de 156 victimes et auteurs d’abus sexuels par soumission chimique. ...
Rassemblées sous le nom de code "Medusa", les polices de sept pays ont uni leurs forces dans le cadre d'une opération internationale. Leur cible ? Les auteurs d'agressions sexuelles et de viols par soumission chimique.
Coordonnée par les autorités allemandes et britanniques avec le soutien d'Europol, cette initiative a abouti à l'identification de 156 victimes et auteurs, impliqués dans des violences sexuelles facilitées par l'administration de drogue, de médicament ou d'alcool.
Qualifié de "sans précédent", ce vaste coup de filet a également permis le repérage de quatre nouvelles communautés en ligne, au sein desquelles étaient partagées des images d'abus sexuels. Plusieurs enquêtes pour viol, agression sexuelle, mais aussi coups et blessures graves et tentative de meurtre sont en cours.
Aux manettes de cette opération : vingt-neuf enquêteurs issus des forces de l'ordre françaises, allemandes (BKA et LKA Hambourg), néerlandaises, espagnoles (Policía Nacional et Guardia Civil), brésiliennes, britanniques (NCA) et américaines (FBI).
Derrière cette opération d'envergure, plane l'ombre de l'affaire des viols de Mazan (Vaucluse). Pendant près de dix ans, Dominique Pelicot a drogué son épouse avant de la livrer à des dizaines d'inconnus, recrutés sur Internet. En décembre 2024, le septuagénaire a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle.
Un dossier à l'onde de choc planétaire qui a mis en lumière les mécanismes de la soumission chimique.
D'une Gisèle à l'autre : le combat féministe continueDans près d'un cas sur deux, les agresseurs sont des hommes connus de la victime. Selon un rapport de 2024 de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM, France), dans 47 % des cas recensés, l'auteur était un conjoint, un proche ou une connaissance. "Cette relation étroite leur confère un accès facile, voire illimité au domicile des victimes", précise Europol.
Les victimes, quant à elles, sont presque toutes des femmes (83,4%, selon l'ANSM). Sous l'effet de substances, celles-ci se retrouvent incapables de résister, voire, dans de nombreux cas, de conserver le moindre souvenir de l'agression.
Ces prédateurs sexuels ne sont toutefois pas des individus isolés. Leurs crimes "s'inscrivent dans un schéma plus vaste de comportements organisés et interconnectés", observe l'agence de l'Union européenne.
En mars 2026, une enquête de CNN avait dévoilé que le site pornographique Motherless (62 millions de visites rien que sur le mois de février) hébergeait des vidéos de violences sexuelles sur des personnes endormies. Les contenus étaient rangés par catégorie : "femme sédatée", "inconsciente", "vérification des yeux". Certains utilisateurs renvoyaient ensuite sur un canal Telegram, intitulé "Zzz", où les membres se partageaient des conseils et des techniques pour abuser de leurs victimes.
Une affaire de deepfakes pornographiques secoue l'Allemagne : "Jamais je n'aurais soupçonné mon mari"Les enquêteurs du projet Medusa ont, eux aussi, découvert des échanges accablants sur des messageries cryptées, des forums en ligne ou des groupes de discussions privés. Dans certains cas, ils ont pu constater que les membres se coordonnaient pour faciliter le commerce illégal de médicaments sur ordonnance et de stupéfiants.
"Ces communications illustrent la planification détaillée, l'approbation et le partage ultérieur des documents, démontrant que ces crimes ne sont pas des incidents isolés mais un schéma de comportement organisé et se renforçant mutuellement."
Depuis son lancement en avril dernier, le projet Médusa a permis l'ouverture de 113 enquêtes, l'arrestation de 57 personnes et la mise en sécurité de 158 victimes.
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