La nouvelle montée de tension actuelle s’inscrit dans un contexte politique et symbolique chargé. ...
Une reprise durable des hostilités est-elle en gestation dans le Golfe entre les États-Unis et l'Iran ? Ou ne s'agit-il que de bombardements sporadiques comme il s'en est produit à plusieurs reprises depuis l'accord de prolongation du cessez-le-feu, il y a tout juste trois semaines ? Si les déclarations des deux parties semblent témoigner d'une volonté de poursuivre les hostilités, il n'en reste pas moins que cet épisode militaire survient dans un contexte chargé politiquement et symboliquement.
Côté américain, Donald Trump participe au sommet de l'Otan à Ankara, où il a encore critiqué le manque de soutien de l'Alliance face à l'Iran, "premier pays qui parraine le terrorisme". Après de brusques passes d'armes entre les deux pays, le président américain a estimé que le protocole d'accord conclu avec Téhéran avait pris fin et que son pays allait encore frapper "fort" l'Iran.
Côté iranien, le chef de la diplomatie Abbas Araghchi et le président Massoud Pezechkian représentaient la République islamique en Irak aux funérailles de l'ayatollah Ali Khamenei, dont la dépouille faisait une halte dans la ville sainte chiite de Nadjaf avant son retour au pays. C'est dans ce cadre que le ministère des Affaires étrangères iranien a lancé un "important avertissement", promettant de prendre des "mesures décisives" suite à "la violation de l'accord par les États-Unis".
L'Iran va enterrer Ali Khamenei et appelle à venger sa mortSelon un scénario désormais répétitif, l'Iran a pris pour cible mardi des bases américaines au Koweït et à Bahreïn après que les États-Unis ont mené des bombardements contre quelque quatre-vingts objectifs militaires iraniens. Le principal média d'État iranien, Irib, a évoqué des explosions sur l'île de Queshm, dans la ville de Sirik et dans la cité portuaire de Bandar Abbas. Ces raids américains ont été effectués, affirme Washington, en représailles à des tirs imputés à l'Iran contre trois bateaux commerciaux naviguant dans la zone du détroit, au large des côtés omanaises – en particulier un méthanier qatarien et un pétrolier saoudien.
Un responsable des pasdarans a précisé les contours de l'avertissement émis par la diplomatie iranienne, indiquant dans un message publié sur le réseau X que la "retenue" de l'Iran avait cessé. Il a prévenu les États arabes du Golfe que Téhéran visera "les infrastructures appartenant à l'ennemi américano-sioniste, aux Émirats arabes unis, en Arabie saoudite, au Koweït, à Bahreïn, en Jordanie, au Qatar et à leurs partenaires, de manière à priver les États-Unis et leurs alliés du pétrole et du gaz de la région pendant des années".
Les Gardiens de la révolution (pasdarans), le corps militaire chargé de protéger la République islamique, s'évertuent à conserver le contrôle de l'important détroit d'Ormuz, dont le protocole d'accord conclu mi-juin avec Washington prévoyait pourtant la réouverture totale immédiate. La maîtrise de ce passage maritime stratégique, qui donne accès au golfe Persique et permet l'écoulement d'un cinquième des hydrocarbures de la planète, demeure un levier de pression capital pour Téhéran. Les prix mondiaux des produits pétroliers ont d'ailleurs bondi mercredi, pour s'établir au seuil des 80 dollars le baril de Brent.
Guerre au Moyen Orient: "Nous allons les frapper fort cette nuit", menace TrumpLes nouvelles passes d'armes entre les États-Unis et l'Iran étaient prévisibles : la tension ne cessait de monter ces derniers jours entre les deux belligérants. Après les avoir levées conformément au protocole d'accord de début juin, les États-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques visant le pétrole iranien. L'interdiction de "nouvelles transactions" d'hydrocarbures iraniens à compter du jour même a remis l'Iran sous pression. "Les agissements de l'Iran dans le détroit sont totalement inacceptables aux yeux des États-Unis et ne resteront pas impunis", avaient prévenu un responsable gouvernemental américain auprès de l'AFP, sous le couvert de l'anonymat.
Mais malgré les frappes militaires et les menaces, la poursuite des négociations ne semblait pas complètement abandonnée. Surtout à mesure que se profile la fin de la "pause" correspondant aux obsèques de l'ancien guide suprême iranien.
Mais "en ce qui me concerne, c'est terminé […] c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a pourtant déclaré Donald Trump avant d'arriver au sommet de l'Otan. Tout en précisant qu'il préférerait parvenir à un accord afin de ne pas pénaliser 91 millions d'Iraniens…
"La vie était plus facile à supporter quand j'étais en Iran avec ma famille, mes amis"Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.
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