C’est le plus vieux « cold case » de l’humanité : un carrefour maudit, un roi assassiné et un coupable idéal. Mais si on nous mentait sur cette affaire depuis deux mille cinq cents ans ?
« Légende de Jocaste, reine de Thèbes. Œdipe s’aveugle », miniature (XVᵉ siècle) tirée du manuscrit « Des hommes illustres », de Giovanni Boccaccio. LUISA RICCIARINI/LEEMAGE/ BRIDGEMAN IMAGES VIA AFP
Nous sommes sur une colline du Péloponnèse au Ve siècle avant Jésus-Christ. Ciel bleu pâle, soleil grec. A droite, un homme, seul, arrive de Delphes. A gauche, c’est un convoi qui s’achemine vers le carrefour. Les cheveux blancs, un dignitaire de haut rang confortablement installé sur une couche tractée par ses hommes s’avance. Lorsque les deux trajectoires se rejoignent, le sang coule. Il n’y aura qu’un seul survivant : Œdipe. Qui avouera, bien plus tard, les avoir tués « tous », sans savoir, alors, que l’homme sur le chariot était son père : Laïos, le roi de Thèbes. Ainsi naît la fameuse légende du parricide aveugle – et le complexe du nom du coupable. Mais que s’est-il véritablement passé à cette intersection ? Un homme a pu observer la scène. Un unique témoin oculaire. Pourquoi n’a-t-il pas parlé, pourquoi ne l’a-t-on jamais interrogé ?
Avec un crime mystérieux, une enquête, un témoin et une révélation finale, Sophocle, derrière la pièce de théâtre, propose le premier polar de l’histoire occidentale, un « whodunnit » (contraction de « who has done it ? »), et sans doute la première erreur judiciaire. Deux mille cinq cents ans plus …

Article réservé aux abonnés.
Se connecter
Offre d’été :
À partir de 2,99€/mois