Ce quatrième opus est toujours aussi drôle et tendre, quel que soit l’âge. Ce soir à 21h10 sur M6.
« Toy Story 4 » de Josh Cooley 2019 DISNEY/PIXAR. ALL RIGHTS RESERVED.
Il y a trente et un ans, « Toy Story », de John Lasseter, premier long-métrage d’animation en images de synthèse, triomphait au box-office, glanait un oscar et imposait un standard de qualité : Pixar, petit studio qui passait alors numéro un de l’animation 3D. Il l’est toujours, mais au sein du giron Disney, et la concurrence est rude, le savoir-faire Pixar ayant fait école.
En dépit d’un sacré coup de vieux visuellement parlant, le film reste un modèle increvable de spectacle familial. L’ADN des « Toy Story », c’est la nostalgie des vertes années et notre indéfectible attachement à nos jouets d’enfance. Des jouets qui prennent vie quand leurs propriétaires ont le dos tourné (émerveillement des bambins), se posent des questions existentielles (plaisir des adultes) et, lilliputiens dans un monde de Gulliver, vivent des péripéties drôles et émouvantes, pleines de clins d’œil cinématographiques (joie des cinéphiles).
Rester vivant malgré les épreuves du temps« Toy Story » était un buddy movie où Woody, le cow-boy en chiffon, favori du petit Andy, faisait face à son obsolescence à l’arrivée de Buzz l’Eclair, l’astronaute mégalomane aux voyants lumineux. Dans « Toy Story 2 », les jouets affrontaient l’idée de leur mortalité ; dans « Toy Story 3 », ils cherchaient à se réinsérer, abandonnés par Andy devenu grand.
Au début de « Toy Story 4 », Woody et Buzz ont retrouvé un sens à leur vie auprès d’une nouvelle fillette, Bonnie. Mais ils doivent gérer les pulsions suicidaires de Fourchette, joujou souffreteux que Bonnie s’est bricolé à l’aide d’un couvert en plastique.
Lent à l’allumage, le film trouve son rythme une fois nos héros en vadrouille entre une fête foraine et une boutique d’antiquités, mouroir gothique pour jouets abandonnés, sous la coupe d’une poupée défectueuse et d’une horde de marionnettes. Deux mines de personnages hauts en couleur et de paraboles autour du déterminisme social et de l’exclusion.
Rester vivant malgré les épreuves du temps, c’est la grande question de la saga. Visuellement flamboyant, ce quatrième opus reconduit les ingrédients des précédents avec plus de bonheur que le cinquième volet, lambda, qui vient de sortir en salle.
◗ Vendredi 17 juillet à 21h10 sur M6. Film d’animation américain de Josh Cooley (2019). 1h40. (Disponible à la demande sur M6+).
Par Nicolas Schaller
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