Ce samedi 4 juillet, à 15 heures place Léon-Blum (mairie) à Sète, s’organise un rassemblement inédit à l’initiative de la Sétoise Solène Dauge. Et plus largement par la Coalition féministe et enfantiste en lutte contre les violences sexuelles. Mobilisation aussi dans plusieurs autres communes en Occitanie.
Cet article <b>Sète, Montpellier, Toulouse, Nîmes… :</b> Mobilisation citoyenne contre les violences sexuelles
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Solène Dauge qui organise la déambulation contre les violences sexuelles, à Sète ce samedi. DR
Ce samedi 4 juillet, à 15 heures, place Léon-Blum (mairie) à Sète, s’organise un rassemblement inédit à l’initiative de la Sétoise Solène Dauge. Et plus largement par la Coalition féministe et enfantiste en lutte contre les violences sexuelles. Mobilisation aussi dans plusieurs autres communes en Occitanie.
Les violences faites aux femmes, les féminicides et celles faites aux enfants sont en constante évolution, comme nous l’expliquions ICI. Et ICI. “A la suite à l’appel national de la coalition féministe et enfantiste de la marche du 4 juillet en France, nous avons souhaité avec une amie l’organiser à Sète, précise-t-elle. De plus, les enjeux sont aussi essentiels au niveau local.” Pourquoi dit-elle cela ? “Il faut partout et à Sète sécuriser le recrutement des personnels dans le périscolaire ; dans le milieu sportif, bref, tout ce qui concerne les emplois auprès des enfants. Il n’y a qu’à voir le scandale qui a éclaté à Paris. Et il y a une énorme travail à réaliser dans le milieu du travail, juge Solène Dauge. Il y a tellement de stéréotypes de genre… On pourrait par exemple former les agents municipaux ; accroître la prévention ; accorder davantage de moyens aux associations locales qui viennent en aide aux femmes.”
les manifestations ne suffisent pas, à elles seules, à faire disparaître les violences, mais elles ont un rôle important”
Delphine Aknin, élue à Mèze
Maire-adjointe à Mèze, Delphine Aknin, qui avait initié des cours gratuits de Krav-Maga dans sa commune pour les femmes, dit : “On sait que les manifestations ne suffisent pas, à elles seules, à faire disparaître les violences, mais elles ont un rôle important : elles rendent le sujet visible, soutiennent les victimes, rappellent l’urgence d’agir et maintiennent une pression collective pour que les politiques et les mentalités évoluent. On se refuse de s’y habituer donc il est important de se mobiliser.”
L’élue ajoute : “La formation et la sensibilisation sont essentielles pour porter et défendre cette cause. Des budgets doivent donc être dédiés au soutien et à l’accompagnement des collectivités.”
Plusieurs manifestations dans des villes d’Occitanie
Solène Dauge qui organise la déambulation contre les violences sexuelles, à Sète ce samedi. DR
Albi, Carcassonne, Castres, Montpellier, Narbonne, Nîmes, Tarbes, Toulouse et Sète, donc : la Fondation des femmes a recensé toutes les mobilisations citoyennes à travers la France. Elle a aussi lancé une pétition nationale.Pour réclamer Une véritable politique publique continue et coordonnée avec 130 propositions ; pour “un investissement annuel de 2,6 milliards d’euros contre les violences sexistes et sexuelles, dont 344 millions contre les violences sexuelles. L’État ne dépense que 12,7 millions d’euros par an pour lutter contre les violences sexuelles soit 0,003% du budget de l’État, laissant les associations travailler dans des conditions déplorables”... Davantage d eprévention et davantage de “lutte contre contre l’industrie pornocriminelle et pédocriminelle et la culture du viol en ligne” ; la prise en charge des soins pour les victimes, etc.
Soutenue par plusieurs associations comme la Ligue des droits de l’homme, cette mobilisation réclame également une “loi intégrale”, rappelle Solène Dauge. A Sète, le mot d’ordre de cette déambulation dans les rues du centre-ville a deux mots d’ordre : arriver si possible habillé “haut en couleurs” pour symboliser face à l’invisibilisation des victimes et apporter un objet symbole de son enfance.” Les personnes présentes brandiront aussi des pancartes. La sienne ? Claire, sans chichi : “Oui, je t’écoute, oui, je te vois ; Oui je te protège”. Un triptyque de saison.
Défendre une “loi cadre intégrale”Quant à la “loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles”, qu’est-ce que c’est ?Après la mort de Lyhanna, début de juin, l’idée d’une loi intégrale pour protéger les femmes et les enfants, mêlant prévention et répression, a fait son chemin. Comme l’Espagne l’a adoptée.
Une réponse entière pour répondre aux failles béantes dans le traitement des violences sexistes et sexuelles. Après la mort de Lyhanna, la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a souhaité inscrire à l’agenda de septembre du Parlement l’examen d’une loi intégrale, faisant référence à une proposition de loi déposée le 2 décembre 2025 par la députée socialiste de Seine-et-Marne Céline Thiébault-Martinez.
Plus de 160 000 enfants et 325 000 adultes victimes de violences secuelles
Le viol et le meurtre de Lyhanna ont fait descendre plus de 150 000 personnes dans la rue pour s’indigner et exiger l’adoption d’une loi intégrale sur les violences, en préparation depuis deux ans et qui a reçu plus de 300 000 signatures favorables.
Portée par la Coalition féministe et enfantiste pour une loi-cadre intégrale contre les violences sexistes et sexuelles (VSS), qui regroupe plus de 50 associations et syndicats dont la Fondation des femmes, le Collectif national pour les droits des femmes, le Planning familial ou la CGT, cette mobilisation semble avoir payé. Alors qu’Emmanuel Macron avait d’abord balayé l’idée d’un problème de moyens – le gouvernement ne voyant dans cette affaire que des “défaillances personnelles” –, il a finalement fait machine arrière.
Les chiffres disent l’urgence. Plus de 160 000 enfants, selon la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), et plus de 325 000 adultes, selon le ministère de l’Intérieur, sont victimes de violences sexuelles. Ainsi, toutes les trois minutes un enfant est victime de viol, d’inceste ou de violences sexuelles, toutes les quatre un adulte. Les femmes ayant cinq fois plus de risques d’être victimes de violences sexuelles.
Olivier SCHLAMA
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