Installée désormais à Coursan, l’Association attelage animation audoise entend poursuivre sa mission de transmission autour du cheval de trait et du patrimoine équestre, à travers animations, démonstrations et attelage.
Installée désormais à Coursan, l’Association attelage animation audoise entend poursuivre sa mission de transmission autour du cheval de trait et du patrimoine équestre, à travers animations, démonstrations et attelage.
L’Association attelage animation audoise (4A) créé en 1998 par le Narbonnais Serge Alvarez, a eu plusieurs implantations administratives (Narbonne, l’Hérault…). Aujourd’hui, elle ouvre un nouveau chapitre de son histoire en s’installant à Coursan où réside sa présidente, Aude Serres.
Tout au long de ces années, son objectif a été de faire découvrir aux plus jeunes et rappeler aux anciens le rôle essentiel qu’a joué le cheval dans la vie quotidienne. Bien avant l’arrivée des tracteurs et des voitures, le cheval était en effet un compagnon indispensable et jouait un rôle essentiel. Il travaillait les vignes, transportait la vendange, les marchandises qui arrivaient à la gare et assurait les déplacements. Et, à ce titre-là fait partie intégrante de notre histoire.
Faire revivre les traditions équestresL’association AAAA propose des balades, des mariages, des défilés à l’ancienne, des vendanges à l’ancienne, de la traction animale, de l’initiation à l’attelage, des visites guidées, des démonstrations, des promenades avec Néno le cheval de trait mais aussi avec les poneys, Faux, Moustique, Apache… à des particuliers, des associations, des Villes. Elle a déjà participé à la fête du sel de Gruissan, la feria de Béziers, au film de Yannick Séguier, L’Aude, quelle histoire ! , a apporté aussi sa collaboration aux animations de Fontcalvy… "Aujourd’hui ce patrimoine mérite d’être transmis. Les plus jeunes ne voient que le cheval d’équitation. Mais le cheval a été autre chose et nous voulons perpétuer cette mémoire. Transmettre, partager et préserver, telles sont les valeurs qui ont toujours animé l’association et nous animent toujours. C’est notre mission car au-delà du simple loisir, l’attelage est un véritable témoin de notre patrimoine rural. En mettant à l’honneur les chevaux et avec eux les harnais, les calèches, les différents attelages, l’association contribue à préserver une mémoire collective qui ne doit pas disparaître", disent de concert la présidente Aude Serres et Serge Alvarez, le conseiller technique de l’association. L’engagement de ces passionnés rend hommage au plus fidèle compagnon de l’homme et perpétue un patrimoine riche d’histoire et de savoir-faire.
Les archives rappellent que dans les années 1900, la commune, bourgade viticole de 3 000 âmes, a compté jusqu’à 700 chevaux (chaque famille de viticulteur avait son cheval et il y en avait même 5 ou 6 dans les grandes campagnes, soit en gros un cheval pour 6 à 7 habitants). Le cheval a été de tous les moments et rien ne se faisait sans lui : les transports, les labours, les semailles, les moissons, les vendanges, les promenades, les enterrements. Ces chevaux, réquisitionnés, ont aussi participé courageusement au tractage du matériel de guerre en 14-18 et permis aussi, entre autres, le ravitaillement des soldats. Le cheval avait même sa propre fête et il y a quelques jours, le 25 juin exactement, Coursan fêtait le 124e anniversaire de sa dernière "ramada", cette course de charrettes qui mettaient en valeur la complicité entre les hommes et les bêtes. "Elle mettait en scène une trentaine de chevaux, choisis parmi les plus belles bêtes, attelés en flèche, richement caparaçonnés… Sur chaque bête un homme… Tous les hommes revêtus d’un costume semblable… Le dernier cheval était attaché à un chariot, décoré d’arceaux de feuilles d’ormes sur lequel avaient pris place un joueur de fifre et le tambourineur… Cette cavalcade bariolée faisait une boucle à bride abattue depuis de la place Tailhades où elle faisait l’escargot, par les rues Cheytion et Voltaire. Le but était qu’il n’y ait pas d’accident, qu’aucune charrette ne se renverse en prenant les virages à toute vitesse et que l’on continue d’entendre les musiciens", peut-on lire dans Chronique d’Hier et D’avant-hier de Xavier Jean Font et Anne-Marie Galmarre. Plus d’un propriétaire avait aussi sans doute tremblé que son cheval se casse une patte.L. H.