Deux ans après “The Head on the Door”, Robert Smith et consorts signent en 1987 leur œuvre la plus collective où cohabitent tendresse et colère, spleen et dancefloor.
Deux ans après “The Head on the Door”, Robert Smith et consorts signent en 1987 leur œuvre la plus collective où cohabitent tendresse et colère, spleen et dancefloor.
Pour un groupe qui a souvent pratiqué la monochromie musicale et l’austérité, ce double album a été une révolution, l’équivalent de ce que The White Album ou Sandinista ! ont respectivement pu représenter pour les Beatles ou les Clash. Une exploration tous azimuts, un réjouissant lâcher-prise.
Résultat de semaines de sessions dans le cadre douillet de Miraval, en Provence, Kiss Me, Kiss Me, Kiss Me laisse entendre le gang new wave, alors en pleine possession de ses moyens, créer sans tabou et sans hiérarchie – pour la première fois, chacun a impulsé, maquetté, proposé, plutôt que de s’en remettre au leader. Cette conception largement démocratique aboutira à une œuvre aux facettes si diverses qu’il est impossible de l’embrasser après avoir écouté d’un bloc ses dix-huit plages.
Un jeu de rôle musical géantAprès The Kiss en introduction, postpunk noisy sans compromis (Smith y chante après quatre minutes de guitares en furie), The Cure suit une inspiration élastique qui l’amène à se métamorphoser d’une chanson à l’autre, jusqu’à mettre les pieds sur le dancefloor (Why Can’t I Be You ?).
Le groupe s’autorise une variété d’émotions inédite, passant de la colère à la tendresse (le sublime single Catch), du groovy Hot Hot Hot !!! à la ballade One More Time pleine de spleen. Les chansons atmosphériques aux instrumentations touffues (d’où émerge souvent le saxophone de Porl Thompson, plus tranchant que d’habitude) voisinent ainsi sans heurts avec des titres plus directs et pop tels que Just like Heaven, dont la version instrumentale a longtemps été le générique de l’émission Les Enfants du rock.
Cette démonstration d’exubérance mêlée de mélancolie se clôt par le combatif Fight, qui évoque le Led Zeppelin orientalisant de Kashmir. Groupe-caméléon, The Cure parvient à s’épanouir dans ce géant jeu de rôle musical sans perdre son identité ou son âme. Ensuite, la discographie du groupe a perdu ce grain de folie qui rend mémorable Kiss Me, Kiss Me, Kiss Me, labyrinthe dans lequel s’égarer reste source d’ivresse.
| # | Наименование новости | Тональность | Информативность | Дата публикации |
|---|---|---|---|---|
| 1 | The Cure, la discographie revisitée : “The Head on the Door”, entre trahison et épanouissement pop | 0 | 5 | 18-07-2026 |
| 2 | La playlist nineties de Kids Return pour Les Inrocks | 2 | 6 | 03-04-2025 |
| 3 | Music Review: More new Stones tunes? ‘Foreign Tongues’ expands on a late, stunning creative burst | 3 | 6 | 08-07-2026 |
| 4 | Le dernier concert de cette édition de Rock Werchter nous a surpris | 8 | 7 | 06-07-2026 |
| 5 | Группа: #Cynic Альбом: The Portal Tapes (Compilation) Год: 2012 Стиль: ... | 0 | 6 | 09-07-2026 |
| 6 | Muse – The Wow! Signal | 7 | 6 | 26-06-2026 |
| 7 | « The Bee Gees : How Can You Mend a Broken Heart » : les rois du disco et d’une génération | 0 | 5 | 19-07-2026 |
| 8 | Rolling Stones är ett gäng gubbar som har roligt i studion | 2 | 6 | 09-07-2026 |
| 9 | "Это похоже на инстинкт". Blondie — о музыке, Игги Попе и творческой революции | 0 | 0 | 21-10-2020 |
| 10 | "Confessions II" de Madonna: un retour gagnant sur le dancefloor avec l’aide de Stromae | 7 | 6 | 01-07-2026 |