Drame par Cole Webley, avec John Magaro, Molly Belle Wright, Wyatt Solis (Etats-Unis, 1h23). En salle le 22 juillet ★★★☆☆
Molly Belle Wright, Wyatt Solis et John Magaro dans « Sur la route d’Omaha » de Cole Webley. CONDOR DISTRIBUTION
Pour aller plus loin
Un matin aux aurores, un père embarque ses deux jeunes enfants et leur chien dans sa vieille guimbarde et prend la route vers le Nebraska. On le comprendra au fil du récit minimaliste : il est veuf, a été exproprié de chez lui et ne peut plus subvenir aux besoins de ses gosses. Mais où vont-ils ? Ce premier film de Cole Webley, lui, semble tout droit venir des années 1990 et d’un cinéma indépendant hyperbalisé, road-movie familial sur fond de violence sociale adoucie par la cinégénie de l’Americana, des couchers de soleil et de la musique folk. Ce sentiment de déjà-vu artificiel s’amenuise à mesure que le drame se révèle, l’évanescente joliesse de façade illustrant, en fait, le regard des gamins, leurs espoirs d’évasion et les dernières lueurs d’optimisme du père face à la misère qui l’assaille. Il est interprété par John Magaro (le cuisinier de « First Cow », de Kelly Reichardt), dont la détresse rentrée tour à tour inquiète, menace ou bouleverse. Face à lui, la petite Molly Belle Wright assure. L’issue du parcours, inspirée d’une réalité aussi insolite que terrible de la législation américaine et du désarroi des déclassés, est dévastatrice.
Par Nicolas Schaller