Francis Veber orchestre l’une des comédies les plus populaires du cinéma français, entre maladresses et gags cultes. Ce soir à 21h10 sur France 3.
Gérard Depardieu et Pierre Richard dans « la Chèvre » de Francis Veber CONACITE UNO / FIDELINE FILMS / GAUMONT
C’est du comique des années 1980, signé Francis Veber. Scénariste de talent, réalisateur basique, ce dernier a signé une ribambelle de succès, dont cette « Chèvre » qui reste l’un des titres les plus connus du catalogue Gaumont. Casting évidemment de prestige (Gérard Depardieu, Pierre Richard). Je résume : Corynne Charby (chanteuse, souvenez-vous de « Toi ») se fait enlever par des malfrats au Mexique. Pierre Richard, le comptable maladroit de son père, est envoyé pour retrouver la malheureuse. Il doit faire équipe avec Gérard Depardieu, détective privé chargé de l’enquête.
Evidemment, tout se passe mal - mais se finit bien. Le film, bien connu des téléspectateurs, n’a pas besoin d’être analysé par le fin critique que je suis. En revanche, les anecdotes racontées par Francis Veber dans son livre de souvenirs (« Que ça reste entre nous », Robert Laffont, 2010) valent le détour.
Un Petrus 1961 au prix du platine du ZimbabwePremière histoire : pour décompresser après une scène délicate, Depardieu vide une bouteille de whisky et s’écroule, raide. Il est contraint de dormir dans le lit de Pierre Richard, lequel est en train de bêtifier avec une fiancée qu’il nomme « Amour », en lui faisant faire la pirogue congolaise dans tous les coins. Celle-ci demande à son homme : « Va casser la gueule à Depardieu. » La chose n’aura pas lieu, mais on imagine…
Deuxième historiette : alors que Veber demande qu’on tourne la scène où Pierre Richard s’enfonce dans les sables mouvants jusqu’au menton, le cinéaste est obligé de s’absenter pour cause de… turista, et oublie l’acteur dans son marécage au soleil, le visage grillé. Pierre Richard s’en souvient encore… Enfin, lorsque le cascadeur américain chargé de jouer le gorille s’est subitement écroulé - la chaleur -, on craint une insolation mortelle. Par chance, le gars était 1) mormon ; 2) polygame - Dieu l’a aidé à survivre.
Dernière anecdote : le producteur Alain Poiré ayant refusé de payer le billet d’avion pour la famille Depardieu, l’acteur s’est vengé en picolant du Petrus 1961 au prix du platine du Zimbabwe, lors d’un dîner chez Taillevent. Tête de Poiré, décrite par Veber : « Couleur de la nappe. »
◗ Lundi 20 juillet à 21h10 sur France 3. Comédie française de Francis Veber (1981). Avec Pierre Richard, Gérard Depardieu. 1h35. (Disponible en replay sur france.tv).
Par François Forestier