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Absence, scandale, moment de malaise… Retour sur la Coupe du Monde de Donald Trump

Дата публикации: 20-07-2026 15:10:56

Du début jusqu’à la fin, l’ombre de Donald Trump aura plané sur la Coupe du Monde 2026. Sifflé dimanche soir lors de son entrée sur la pelouse du MetLife Stadium, près de New York, où il a remis le trophée de la Coupe du Monde de Football à l’Espagne, il n’a pas hésité à s’attarder sous les projecteurs.

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Le président de la Fifa Gianni Infantino avec le président des Etats-Unis Donald Trump tenant le trophée de la Coupe du Monde, avant de la remettre à l’équipe espagnole, en périphérie de New York, le 19 juillet 2026.  JOSE BRETON/DPPI VIA AFP

Du mondial, Trump aura surtout brillé par son absence. Des stades, du moins : il ne s’y est rendu que pour la finale opposant l’Espagne à l’Argentine, ce dimanche 19 juillet. Finale qui, au terme d’interminables prolongations, a vu l’équipe menée par Rodri l’emporter face à celle de Lionel Messi (1-0). S’il s’est fait plutôt discret dans les tribunes, Donald Trump a ensuite tout fait pour être sur la photo finale. Rien de très surprenant pour celui dont l’ombre n’a cessé de planer sur cette compétition.

Lui qui, dès son retour au pouvoir avait décidé d’interdire l’entrée du territoire à une liste de pays, a d’abord fait parler de lui en refusant des visas à certains supporters et participants à la compétition. Une politique migratoire répressive d’autant plus mal venue qu’en 2025, le président de la Fifa Gianni Infantino assurait que « tout le monde sera[it] le bienvenu au Canada, au Mexique et aux Etats-Unis ». Puis, il y a eu les absences et le scandale Balogun… Retour sur une Coupe du Monde placée sous le signe trumpien.

• Une absence plus que remarquée

« J’irai, j’irai », avait-il promis le 10 juin, à la veille de l’ouverture de la compétition. Pourtant omniprésent dans son organisation, Donald Trump a brillé par son absence lors de ce mondial. Lui qui en a fait un élément central de son second mandat, du tirage au sort à Washington, où il s’est imposé face à ses homologues canadien et mexicain, au « prix Fifa pour la paix » qui lui a été décerné – inventé de toutes pièces pour l’occasion –, remis des mains de Gianni Infantino.

Un président de la Fifa et grand ami de Donald Trump que ce dernier a d’ailleurs plus souvent invité dans le Bureau ovale que des personnalités telles que le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou ou le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

On aurait alors pu penser de Donald Trump qu’il était un aficionado du ballon rond. En réalité, pas vraiment : il a lui-même admis ne pas connaître grand-chose au football. Mais au vu de son implication dans l’organisation de la Coupe du Monde, on aurait pu croire que le président américain, qui a fêté ses 80 ans pendant le mondial, ne manquerait aucun match (ou a minima de son équipe) de « soccer », comme on dit de l’autre côté de l’Atlantique.

Mais non. Sur les 104 matchs disputés lors de cette Coupe du Monde, il n’a assisté à aucun de son équipe, ni même d’aucune autre. Il a seulement choisi de faire acte de présence à la finale ce dimanche, en grande pompe.

• Un gros caprice pour un carton rouge

Pas touche à l’équipe étasunienne. C’est le message qu’a voulu faire passer Trump en s’opposant à la suspension de Folarin Balogun, attaquant de l’équipe des Etats-Unis, lors du match contre la Bosnie-Herzégovine le 2 juillet. Le joueur avait écopé d’un carton rouge après avoir marché sur la cheville du joueur bosnien Tarik Muharemovic. Ce qui avait automatiquement déclenché une suspension pour le prochain match.

Impossible pour le président américain, qui s’est empressé de contacter personnellement son grand ami Gianni Infantino, au lendemain du match, pour lui demander de réexaminer la suspension de l’attaquant. Une ingérence à peine dissimulée qui a fini par payer, la commission de discipline de la Fifa modifiant la sanction d’une suspension ferme à « un match de suspension avec sursis, assorti d’une période probatoire d’un an ». Une décision inédite en plus de soixante ans de Coupe du Monde, qui a suscité beaucoup de colère, dont celle de l’Union des associations européennes de football (UEFA).

Donald Trump, lui, ne s’est pas privé de se vanter. Quelques jours après, il a affirmé à la Maison-Blanche être intervenu en personne pour que Folarin Balogun, qui n’avait commis aucune faute selon lui, puisse jouer face à la Belgique. Ce qui ne suffira pas à la Team USA, battue magistralement par les Diables rouges (1-4).

• Son « photobomb » lunaire à la finale

Le syndrome du personnage principal. Se prenant pour un prince, Donald Trump a assisté à la finale de la compétition opposant l’Argentine à l’Espagne. Et a fait son entrée sur le terrain aux côtés de Gianni Infantino, au terme d’un long suspense sous les huées et les sifflets des supporters. Sans renoncer pour autant à se montrer au premier rang pour la remise des prix.

Une place motivée non par une quelconque hispanophilie, mais par les projecteurs. En mars, Donald Trump avait qualifié l’Espagne de pays « perdant », avant d’affirmer, début juillet, au sommet de l’Otan à Ankara, ne plus vouloir « rien avoir à faire avec eux ». Ironie du sort : c’est finalement aux côtés du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez et du roi Felipe VI qu’il a vu l’Espagne triompher, lui qui avait pourtant lâché, avant le coup d’envoi, qu’« il est difficile de parier contre Messi ».

Manifestement, il n’a pas misé sur le bon cheval. Ce qui ne l’a pas empêché de remettre, tout sourire, prix individuels et médailles aux côtés de Gianni Infantino. Lui qui a tant tenu à remettre le trophée à l’équipe gagnante l’a fermement tenue au moment de la remettre à l’équipe espagnole. Quitte à reléguer au second plan le président de la Fifa, à qui revient normalement le rôle.

Mais fidèle à lui-même, il s’est ensuite attardé sur le podium, esquissant quelques pas de son célèbre déhanché, pour bien figurer sur la photo, malgré les tentatives visiblement gênées de Gianni Infantino pour le faire descendre. Les confettis lancés, les deux hommes ont enfin quitté la scène. Un épisode qui rappelle la finale de la Coupe du Monde des Clubs en 2025, où Donald Trump était resté de longues secondes aux côtés de Chelsea en pleine célébration.

Un président américain qui n’en a décidément pas fini avec le « soccer », lui qui a souhaité une nouvelle Coupe du Monde dans son pays « immédiatement ». Les éditions de 2030 et de 2034 étant déjà attribuées, ce ne pourrait être qu’en 2038. Donald Trump aurait alors 92 ans. D’ici là, espérons qu’il se contente de son golf en Floride et qu’il mette de côté le ballon rond – et la Maison-Blanche.

Par  Jade Santerre

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