Il faut se faufiler dans les ruelles du Cahors médiéval pour le découvrir : le Petit Théâtre vient d'ouvrir entre la rue Joffre et la rue Delpech. Derrière ce défi, la Cie Ilot Z' et plus particulièrement Léa Garcia....
l'essentiel Il faut se faufiler dans les ruelles du Cahors médiéval pour le découvrir : le Petit Théâtre vient d'ouvrir entre la rue Joffre et la rue Delpech. Derrière ce défi, la Cie Ilot Z' et plus particulièrement Léa Garcia. Le but : créer un lieu de théâtre populaire au cœur de la ville mais aussi pouvoir s'installer pour créer, répéter, jouer en toute sérénité.
"Certains pensaient que c'était une boîte de nuit, d'autres un cabaret", sourit Léa Garcia. Et non. C'est un théâtre qui a ouvert cet été entre la rue Joffre et la rue Delpech, au cœur du Cahors médiéval. Plus précisément, le Petit Théâtre. Et il porte bien son nom : quarante-neuf places assises en tout pour tout.
"Un espace de théâtre populaire en ville"Derrière cette aventure, Léa Garcia de la Cie Ilot Z'. Elle explique : "Cela fait trente-six ans que je suis intermittente, comédienne, autrice, conteuse, metteuse en scène. Trente-six ans que je déménage pour répéter. Je dépense beaucoup d'énergie pour déménager, monter, démonter. Du coup, c'est de l'énergie que je ne mets pas au bon endroit". Alors voilà un an, la compagnie a décidé de créer "un espace de théâtre populaire en ville".
Un véritable défiLéa Garcia a un temps prospecté sur Figeac avant de se tourner vers Cahors. Elle a visité une dizaine d'endroits, rencontré une quinzaine de personnes avant de tomber sur ce local et des "chouettes propriétaires" qui ont repeint les lieux en noir, changé l'éclairage, aménagé des sanitaires. Des chaises dépareillées provenant d'Emmaüs, d'autres prêtées pour l'inauguration par la ville et, mi-juillet, le Petit Théâtre a ouvert. Un véritable défi car Léa Garcia n'a obtenu aucune subvention, hormis celle que lui verse la région pour le programme Résister c'est créer.
"L'objectif est d'avoir un lieu pour pouvoir bosser"Mais pour cette artiste engagée, c'était indispensable. "Il y a beaucoup de créativité dans le Lot et pourtant il y a des gens qui arrêtent", s'émeut la comédienne. Pourquoi ? Parce qu'ils ne sont pas programmés, ne trouvent pas de lieu où jouer, explique-t-elle. "J'ai dix spectacles qui sont prêts et qui ne tournent pas suffisamment", ajoute Léa Garcia. "L'objectif est d'avoir un lieu pour pouvoir bosser", résume-t-elle, avant de plaisanter : "Un cordonnier a une cordonnerie, un boulanger a une boulangerie. Pourquoi les gens de théâtre n'auraient-ils pas un théâtre ?".
"C'est un lieu de solidarité"Et dans ce nouvel espace, elle espère pouvoir inviter des artistes dont le propos lui parle. "C'est un lieu de solidarité ; on espère pouvoir tenir dans le temps". Pour autant, "l'objectif n'est pas de rester enfermé dans ce lieu". Elle va poursuivre théâtre à domicile, intervention dans les écoles...
Le Petit Théâtre a ouvert au coeur du vieux Cahors.
DDM - F.R.
Pour ce premier été de spectacles, c'est elle qui s'y colle. En juillet, elle a joué "En direct du comité local de Libération du Lot, juin 1945". Un seul en scène qu'elle avait créé à partir du cahier de doléances de Montcuq de juin 1945. Fruit d'une commande du département et d'un travail mené avec les archives départementales et les deux chercheurs Enzo Delpech et Charlotte Leroy, il avait tourné dans le Lot sans avoir pu être présenté à Cahors, ce qui lui tenait à cœur. Elle le jouera à nouveau en septembre.
Lectures de Brecht et contesCe mois d'août, elle donnera deux spectacles très différents. Ce sera tout d'abord une lecture itinérante intitulée "Brecht dans la ville" pour marquer les soixante-dix ans de la mort du dramaturge : un parcours en cinq étapes dans cette ville "tellement belle". "J'ai demandé aux gens de venir avec une lampe de poche ou frontale, s'amuse-t-elle, on peut faire des choses chouettes avec peu de moyens... mais c’est bien d’en avoir un peu plus". Ensuite, elle jouera les "Contes imaginaires et typiques du pays Quercy". Puis une programmation plus régulière prendra le relais en septembre.
Reste à savoir pourquoi Léa Garcia a attendu trente-six ans avant de se lancer. "Pourquoi je ne l'ai pas fait plus tôt ? Parce que je n'osais pas : ça coûte de l'argent, il y a une prise de risque. Et je ne veux pas devenir programmatrice, je veux continuer à créer".