Lors du prochain conseil municipal de Perpignan du 6 août prochain, la majorité RN soumettra au vote des élus la sortie de la Ville de l’office de la langue catalane. La municipalité fait pourtant partie des membres...
Lors du prochain conseil municipal de Perpignan du 6 août prochain, la majorité RN soumettra au vote des élus la sortie de la Ville de l’office de la langue catalane. La municipalité fait pourtant partie des membres fondateurs. Un nouvel épisode du bras-de-fer entre Lous Aliot et les associations ou structures catalanes.
La Ville de Perpignan veut quitter l’Office public de la langue catalane. Et vite. Ce jeudi 6 août 2026, la mairie convoquera un conseil municipal en urgence pour une mise en conformité du Plan de Prévention du Risque Inondation. Un dossier technique qui devait être la seule délibération de cette session en plein été. Mais une seconde s’y est glissée : le retrait de la Ville de cet office public de la langue catalane, comme pointé par l’élu d’opposition Frédéric Monteil (PS).
Cet organisme, créé voilà sept ans, vise à promouvoir et développer l’usage du catalan. Il est pensé pour "la mise en œuvre d’une politique linguistique publique concertée, le développement d’actions de diffusion de la langue catalane, ainsi que la mobilisation de moyens pour développer son activité", comme indiqué sur son site. Le tout, avec des acteurs publics et privés.
Présidé par la présidente de la Région, Carole Delga, l’organisme compte sept membres fondateurs : l’État, le rectorat de Montpellier, la Région Occitanie, le Département, la Sioccat, l’UPVD et… la Ville de Perpignan. Mais pourquoi ce retrait soudain de la ville gérée par le maire RN Louis Aliot qui subventionne à hauteur de 25 000 € annuels à cet office ? Contactée par L’Indépendant la municipalité argue une restriction de budget : "Le maintien de ce concours financier ne paraît pas justifié dans une période qui commande d’adopter la plus grande rigueur dans l’octroi et le suivi des soutiens d’argent public".
Mais sur le fond, la municipalité accumule les reproches. Jugeant, "un budget très largement centré sur des dépenses de fonctionnement" au détriment "de la réalisation d’actions concrètes". Pointant par exemple une dépense de 50 000 € pour la réalisation d’une enquête linguistique, "alors même que des études de ce type ont déjà été réalisées lors des 3 précédents exercices pour une dépense totale de 90 000 €". Dénonçant aussi l’absence de représentants de l’office lors de ses manifestations catalanes (Sant Jordi, Saint-Jean…).
Je ne suis pas vraiment surprise…
Du côté de l’office, les accusations ne passent pas. Vice-présidente de la Région et déléguée à la Catalanité pour cet office public, Eliane Jarycki répond ne "pas avoir à rougir". "Nous avons contribué à l’ouverture d’une nouvelle classe bilingue au collège d’Elne ; nous appuyons l’institut Jean Vigo pour la promotion de films en catalan ; nous avons aidé TVCat a trouvé un relais de diffusion en Conflent ; nous avons réalisé des formations pour des commerçants de Perpignan et Prades afin qu’ils apprennent le rudiment du catalan pour leurs clients". Quant à l’étude, elle permettrait "de dresser un bilan affiné du nombre de personnes qui parlent catalan, le pratiquent, le comprennent, car les dernières données à disposition datent de 10 ou 15 ans".
Mais sur la forme, Eliane Jarycki se dit "pas vraiment surprise de cette décision – dont nous ne sommes toujours pas officiellement au courant – car on ne voyait plus les représentants de la Ville de Perpignan". Si la perte des 25 000 € annuels de la municipalité RN obligera les collectivités et acteurs privés "à revoir les subventions", l’élue ne semble pas particulièrement émue par ce départ. "Vu leur investissement humain, cela ne changera pas grand-chose. Je ne me fais aucun souci, nous continuerons d’œuvrer pour la catalanité".
"C’est la suite d’une stratégie de décatalanisation de la Ville de Perpignan, dénonce Frédéric Monteil, élu d’opposition. Après avoir effacé Perpignan la Catalane, après son obstruction avec la Bressola, Louis Aliot sort la Ville d’un office qui favorise la langue catalane. Elle occulte toute la culture, le patrimoine et le vecteur touristique que cela peut être".
À la rentrée, la Ville de Perpignan devrait faire cavalier seul en lançant un comité de pilotage pour la création de son Institut du Roussillon, de Majorque et de la Catalanité.